PARTIE TRIOBIQUE. -» CHAP. III. f
pour examiner la manière dont s'effectue l'acte volontaire y on constate : 1 *^ La prës^ioe d'une force efficiente ou causante ^ qui nous rend capables de produire un fait par un efibrt propre^ en sorte que le moi ne peut point ne pas s'attribuer la production de ce fait| et a la conscience certaine qu'il est émané de sa volonté. 2® Que la volonté ou la cause efficiente peut vouloir telle chose, de telle manière^ sans avoir d'autre raison à donner de sa décision que sa décision même. Lorsque Tesprit est dans le doute et la volonté en suspens, le moi, pesant et appréciant les motifs contradictoires , sent trèsbien qu'il peut, même contre le bon sens, la raison et la loi^ résister au plus fort, acquiescer au plus faible, et ainsi décider la crise par un acte arbitraire ou de libre arbitre. Ici se trouve l'acte souverain de la volonté humaine.
La liberté se démontre de deax manières, par le droit et par le fait. Par le droit , en montrant qu'elle est une conséquenoe néeessaire de la nature de l'homme et de sa position, c'est la preave directe; on indirectement par Tabsurde , en prouvant qae sans elle la vie humaiae est inexplicable et n'a plus de sens. Elle se pronve par le fait eomme toutes les existences. La meilleare preuve du moa«< Tement est le mouvement même. La preuve la plas fort^ de la liberté est dans son exercice ; c' est une affaire d'expé<» rience. Quiconque s'observe attentivement et dans l'acte de sa volonté, est obligé de reconnaître en lui une i[oroe
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sui gefMrU , qui peat seule expliquer la production des faits Tolontaires et libres. Quand on nie la liberté, c'est toujours par suite d* un système avec lequd on ne peut raccorder, ou par Fimpuissance de résoudre Graines questions qu'elle soulèye, par exemple, l'accord de la liberté humaine et de la prescience divine : difficoltés purement logiques, qui n'ont aucune influence dans la pratique ; car, s'il faut se résoudre et agir, les plus grands adversaires de la liberté , ceux qui la contestent le plus intrépidement dans la spéculation, font comme toutle monde, et se conduisent comme s'ils étaient libres* Ainsi les sceptiques, qui ne croient à rien selon la science, suivent les dictées du sens commun, comme les ignorants, dans leurs actions de tous les jours.
Nos mouvonents se distinguent en deux classes , les involontaires et les volontaires. Dans les premiers nous sentons que la force productrice , ou la cause qui les amène, n'est pas nous. Nous recevons une impulsion et nous sommes mus, nous transmettons ce que nous avons reçu. La motilité traverse notre existence comme un canal; nous sommes compris dans un engrenage de mouTements ou dans une série de faits , que nous n'avons point conunenoée, et que nous ne pouvons ni arrêter, ni terminer. Les seconds au contraire ont en nous leur principe, leur origine, et nous pouvons les commencer, les diriger, les modérer à notre gré, et quelquefois les couper brusquement. Dans ces cas , le moi s apparaît à lai-môme comme la cause de ce qui se passe en lui, c'est-à-dire, comme pouvant produire tel effet, et le produisant actuellement par une force qui lui est inhérente , qui est