‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 58 sur 199 · PARTIE THEORIQUE. ~ Caïf». lit · texte numérisé non relu

PARTIE THEORIQUE. ~ Caïf». lit

la poiate de rioteUigenee sur Fobjet : effort qui doit serenouyeler à chaque acte de la pensée pour maintenir la cbofie sons l'attention de l'esprit, et lai d<Miner le temps de la considérer en elle-même et dans ses rapports ; ce qai eoûle d'autant plus que les objets sont moins sensibles. Les enfants, et même la (dupart des hommes , pnt de la prine à ramener leur esprit an-deduis et à Tattai^r au choses intelligibles. C'est pourquoi peu d'hommes sont capables de penser par eux-mêmes ; car la pensée s'exerce toujours à l'intérieur, elle tend continuellement à abstraire , à généraliser, à spiritualiser ; elle réduit les signes autant qu'elle le peut ; et plus les objets de sa considération sont abstraits, gâiéraux ou métaphysiques, plus elle a d'intensité et de portée. Sans cet effort intellectuel , la pensée n'est point possible, car il est l'acte même de la force pensante. Nous le sentons très-bien quand nous Toulons traTailler de tète. Nous tâchons d*abord de nous placer en face de notre sujet , puis de le tenir fixe devant uous par l'attention,' et nous avons conscience de l'effort répété de l'esprtt , qui darde pour ainsi dire son regard dans l'intérieur de la dwae. Tant que cet efiort agit et persiste , la fonse pensante opère et le travail avance^ Mais dès que Fetfort languit ou cesse, la pensée s'arrête , l'esprit ne vmt pins rien , et tout s'obscurcit devant nous^ Il y a souvent dans ce cas double dépense de force , d'un côté pour fixer Follet , et de l'autre pour résister aux dis« tractions qui assiègent l'esprit par l'imagination et les sens ', ce qui Tempèdie de ralUer ses facultés dans un mouven^nt unique et de les concentrer sur un seul p<Hnt» Celui qui s'y laisse entraîner s'épuise en vaines considé-

ratiolM, en images passagères ; il dissémine sa force et ne produit rien de grand par la pensée.

Après aroir considéré la volonté dans Tentendenient et par la réflexion, après avoir discerné les pins sûrs moyens de remplir mon intention et de produire l'effet vonin , je descends dans le monde sensible pour réaliser ma pensée dans l'espace par Faction, comme toot-arheure j'ai réalisé ma volonté dans le temps par la pensée. Ici l'esprit fait invasion dans le physique , l'âme agit snr le corps, et elle acquiert la conscience de sa causalité par l'effort nerveux et musculaire qui meut les organes et les membres. Gomment leur donne-t-elle l'impulsion? Gomment le mouvement volontaire devient-il mouve-i ment organique ? Gomment la vie de l'âme et de Fesprit i se verse-t-elle dans la vie du corps , et quels sont le rapport et la différence de ces deux vies ? Nous l'ignorons ; on ne pourrait le savoir exactement que si l'on connaissait à fond la nature des deux substances qui nous constituent et le mode de leur union. Mais ce que nous savons, et 11gnorant peut le constater comme le savant, c'est qae nous avons la puissance d'opérer à notre gré certains mouvements dans le corps , et qu'à moins d'accidents morbides ou d'empêchements extérieurs , aussitôt que nous avons la conscience de vouloir un de ces mouvements , il se fait instantanément, et nous percevons clairement Teffort interne qui l'exécute ; effort qui lie la partie physiologique et la partie psychologique de l'acte. Get effort est tout-afait nôtre; c'est l'expression du moi, se manifestant activement par le corps, dès qu'il veut poser au-dehors sa volonté ou sa pensée. Personne ne doute alors que le phéno-

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