‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 59 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE» — CHAI*. IIÎ · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE» — CHAI*. IIÎ

mène, produit à la suite â*an acte de volonté et de l'effort nécessaire pour Textériorer ne dépende de cette volonté. Dans ce cas le moi a conscience de lui-même comme cause y il acquiert la conviction de sa causalité. .

Ce n'est pas tout. A la faculté de vouloir^ et de réaliser ce que nous voulons par la pensée et par laetion , se joint la puissance de choisir entre plusieurs choses qui nous affectent et sollicitent notre volonté. Car on ne peut Yooloirsans vouloir quelque chose, et comme nous sommes des êtres finis, ne nous suffisant point à nous-mêmes, tout en nous aimant naturellement pac^-dessus tout, nous sommes cependant obligés, dans notre intérêt et pour Dotre conservatiim , de vouloir ce qui n*est pas nous , et par conséquent d*opter entre les objets contraires ou différents avec lesquels nous sommes en relation. Nous sommes à chaque moment obligés de choisir, placés dans une alternative continuelle , où Tincertitude nous tient souvent en suspens. Mous ne savons souvent à quoi nous résoudre, au milieu de plusieurs motifs qui se combattent et de renseignements contradictoires ; des raisons, qui paraissent également fortes, font hésiter la pensée, osciller le jugement. Le corps participe luimême par son attitude et ses agitations à cette fluctuation de làme , à cette indécision de Tesprit. Ce phénomène se manifeste dans l'acte de la délibération. Délibérer, c*est peser des motifs divers ou contraires pour vouloir une chose ou une autre , pour agir de telle ou telle manière , afin que la volonté, soumise à plusieurs infloeoces , acquiesce à celle qui lui convient le mieux , suivant sa dispoiûtion du moment. Nous disons qu elle II. 12

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acquiesce ou consent, ce qui est le propre d*une volonté ; car si elle est entraînée sans conscience, par riiistinct ou toute autre cause , il n'y a point proj^rement acte volontaire , ni exercice de la volonté. Le consentement distingue le mouvement libre de tous les autres mouvements. Partout ailleurs, un fait est amené nécessaire^ ment par le fait qui précède , et l'effet doit suivre quand la cause entre en action : tels les phénomènes physiques, chimiques, astronomiques, etc. Dans le règne organique le résultat est le même, quoique les moyens diffèrent ; l'effet est fatal, l'influence la plus forte domine nécessairement. Chez l'homme il en va autrement. Dans l'ordre moral, logique et même physique, le motif qui parait le plus puissant n'a pas toujours le dessus, et n'entraine pas nécessairement la volonté. Elle a le pouvoir de résister, de s'opposer même à ce qui semble le plus convenable, le plus raisonnable, le plus utile, le plus agréable. Elle n'est point, comme on l'a dit quelquefois ^ une balance qui reste immobile si les bassins sont également chargés, et qui chavire infailliblement par l'addition du moindre poids ; ou du moins c'est une balance intelligente et libre , qui possède à son centre de gravité une force propre, sut generis, laquelle en s'appliquant d'un côté ou de l'autre , par un effort tout-à-fait dynamique, fait pencher à son gré l'un des bassins. D'ailleurs la volonté humaine n'est point, dans son état présent , tellement éclairée et adonnée au bien , que les meilleures influences l'emportent toujours en elle et qu'on soit sûr d'obtenir son assentiment , en lui présentant les motifs U*n plus vrais et les plus justes. Elle n'est point fixée

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dans le bien, comme les créatares qui ont achevé leur épreuve , et qui s*étant données à Dieu librement ei sans réserve, ne peuvent plus en être séparées , et jouissent des conséquencas heureuses de leur 43hoix. Elle est dans un état mixte et provisoire^ unie à un eorps de chair presque toujours en révolte contre elle, et exposée, par ce corps et sa propre situation , à des influences contradictoires. Tant qu'elle est en ce monde , son épreuve continue, son sort n*étant pas décidé, et elle doit choisir sans cesse ou faire acte de liberté. Elle ne peut se détermi* ner sans motif ; car elle n<a point en elle le principe da*nier de ses actions, ou autrement? en tant que créature, die n*est la raison dernière, ni de «e qu'elle est, ni de ce qu'elle fait. Mais elle a le choix desmotife, etdans ce choix, rien ne la contraint, puisqu'elle peut choisir de la maniéré k plus déraisonnable si elle le veut , et elle le vent trop souvent. Ne voit-on pas chaque jour les hommes vouloir et agir, non-^ûlement contre la juih» Uce et la vérité, contre la raison et le bon sens, mais même en dépit de leur propre intérêt , se laissant entraîner par les motifs les plus futiles , et ne donnant aucune attention aux plus solides? C'est ce qu'on appeUe le libre arhiire de la volonté ; elle agit arbitrairement quand la raison ne la dirige point dans son choix , dans l'appréciation des influences et des motifs. Elle a toujours un motif 9 même quand elle t^it de la manière la plus déraisonnable : car elle ne peut vouloir ni agir sans une impulsion du dehors. Hais souvent elle connaît à peine le motif, ne cherche point à s'en rendre compte et va comme elle est poussée, sans savoir où ni pourquoi.

D* autres fois elle s'attache à un parti par esprit de contradiction ; parce qu'un adTcrsaire on une personne qu'eOe n*aime pas i^eut une chose , elle veut l'opposé. Dans un autre cas, elle se résoudra par vanité, pour paraître ferme ou n avoir pas l'air de reculer. Dans toutes ces circonstances elle use et abuse de son droit. JElle ea portera les conséquences ; car toute décision réalisée a ses effets , et un acte libre produit toujours qudque chose. Elle jouit de sa souverainelé , puisqu'elle dédde à son gré, sans loi et nrime contre k loi, si oda lui convient; die est alors sa kà à eUe-anèaie, et par làemoredfe ressemble à celui qui rafiàte^llais ciilMeQ la fibcrté absoloe est toiqours d'acford averrinldli^aNeiiifiBie; Hn'japoint posâbilîté CrrrNir ai dk e^prk*. Dans la oéalare, bornée et faible> TalMKi fst toajaan passible <» qaaiqa*il ne soit jamais aèwg^i»^ L'abus a «t poial aaa fWMiiitina de la p<«lMioa de la Kbetté est as coaAnire ëe s'en piésertw M |«i$iîiïaal k vtai et k bica , c» aoeeplanft la loi e^ fa(t»anJfesaal^ Hais;, caauae Ifterté* et taal qa'cfle est à l>i^^fmiv^>dk|Mt ckMsrkkn «afcsalsicda lui iMH; tlk fMÉl $e AAnflÉaar aibrininsai al, en Tertu 4^ $aia blw artilvr .VmiIi^ laMr M et tnleiaisoD, an ffeifiw CtWi»a^a«é^<t Jk^^wigt ■dMociise; elle fMl JkViifct JNixierawsawi; «a bwsr de Fcneor, du airt«$iM^ ^ df r«Élirw âa aail ; «a» s^ àkà^ aHMftir :$imi fe^aww «it «r mal sm tsdaw en le

PÀBTIJE THJBO&IQUB. — GUAP. III. 181

Quand nous avons rempli un devoir malgré les tentations qui nous en détournaient; quand nous avons accompli une bonne action au pvix d'un sa* crifiee^ nous éprouvons une joie intime^ nous sentons que nous avons bien mérité et nous espé* rons une récompeiàse. Mais si nous avons agi contre la Ipi^ préférant le plaisir ou l'intérêt audevoir^ nous éprouvons du trouble , un mécontentement intérieur^ du remords^ nous sentons que nous sommes dans le désordre par notre foute , qu'ainsi nous avicms démérité ^ et noils crâîgtions les oonsé^ qumwesd'jiinacite, qui .doit . notibi revenir comme l'effet .à sa cause, puisqu'il a été posé par notre volonté pnojme çudehiors de la 46i. Geite conscience du mérite et dq démérite dans l'agent moral prouve l'existence de la liberté.

Dans tous les moments de Facte volontaire , la oon* seieace atteste que noos en sommes les anteors, qu'il dépend de nous et que les suites nous en reviendront. Avant l'acte nous savons que nous pouvons le faire ou ne pas le &ire ; la décision est en notre pouvoir. Pendant Tacte , nous sentons T^ort nécessaire pour le produire, et nous voyons l'effet correspondre à notre intention. Après ra<^, suivant qu'il a été bon au mauvais , conforme ou contraire à la loi , nous sommes contents ou mécontents

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de uous-môfues, et nous avoDS de lespoirou de la craiute. Le oontentement éprouvé dans ce cas ne ressemble point au plaisir que donne une chose avantageuse ou agréable. Nous nous réjouissons non pas tant de la chose même, que de la manière dont nous avons agi en accomplissant un devoir, et parce que , pour Taccomplir, il a follu r^ter à des tentations , lutter contre des séductions , et ainsi dé* veloppar une force morale, dont la conscience nou3 relève à nos propres yeux , en nous rendant plus agréables aux yeux du suprême Législateur. À la joie de se sentir dans Fordre, se joignent le sentiment très-doux d*y être parce qu'on Ta voulu, et la gloire de réaliser et de confirmer la loi par sou consentement. Si l'homme u*est pimt libre, ces faits sont inexplicables , ou plutèt il faudra les regar-^ dcr comme des illosio&fs de Tamour-profire ou des préfug<^ d'un esprit faible. Car si kos actes sont ^pansment iifêtinctils comme les mouvements de ranimai ,. il n^y a entre eux aucune distinction morale ; ils ne diffèrent que par la forme et les résultats ; ils partent tons du même principe, Finstinct, et tendent au même bot, la mauifcsiation de la vie générale, dont chaque vie indidueile est une partie. L'homme n'a lieu d'être content ni mécontent de lui-même ; car il est un instrument , une machine qui communique te mouvement sans y rien cijouter et transmet Faction reçue , sans la modifier au* trement que par son milieu. Il faut donc nier la joie et le trouble de la conscience ; il faut nier un des plus grands bonheurs de Fhomme, la satisfoetion du devoir rempli, de la vertu pratiquée; il faut briser les freins les plus solides du crime , la crainte d'une peine future et

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