‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 61 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE. — CHAP. III

qttîUe quand on est sorti de sa ligne, et la créature est si peu faite pour rindëpendance , qu'elle se sent comme abandcmnéedès qu'elle marche seule : pour l'avenir, parce qu'il ne peut prévoir tout ce que ses actes produiront, et il a le «eutiment angoisseux qu'il lui faudra expier ou absorber les eonséqueuces de chaque volonté ];Hropre. Chacun recueillera ce qu'il a semé , et, le jourj où tout ce qui est caché se manifestera , à chacun reviendra ce qui est venu de lui, sans qu'il puisse le refuser ni le Bfeéeonnoltre. Nos propres «navres nous jugeront, et nous aoroBfi Bous^mèmesidéctdé notresmrt. Tel est le sentiment indestractybile de h conscience momie ; la conviction 4e notre liberté, se cônfotid «vecoda de notre vcsponsabilitiéi.

La lib^té se démontre encore par les fiaits les plus saillants de la conscience morale de Tbu-^ manité. Premîèremeoi ^ par les croyances et les convictions de tous les peuples sur la distinction du bien et dii mal^ du juste et de l'injuste , de l'innocence ^ de la culpabilité^ de la vertu et du vice; sur la responsabilité, le mérite et le dé-mérite, les récoospenses et les peines dans ce monde on dans un autre. Secondement, par les institutions religieuses et civiles qui établissent et main-^ tiennent l'ordre dans la société en réglant les volontés, les détournant du mal par la crainte du châtiment, les punissant avec justice quand elles

Font commis ; et les invitant au bien et à la vertti par l'espoir de la récompense et du bonheur. Troisièmement , par les moyens d'instruction el d'éducation employés de tout temps et partout pour former rhomme, l'élever et le rendre plus capable de reconnaître le bien, de le vouloir et de l'accomplir.

La liberté est en acte dans toute la vie du genre humain, dans sa vie spéculative et dans sa vie pratsq[ue, dans ses croyances et ses conviction^ comme dans ses institutions religieoscs ^ morales et politiques , en sort» qu'il faut l'admettre avec ces choses,^ou déclarer qu'elles sont des chimères, des déceptipns, ce qui serait cent fois plus difficile à expliquer que la liberté et les questions qu'elle soulève. Il n'y a point de peuple si ignorant , si barbare , qui n'admette une distinction entre le bien et le mal, des actions bonnes ou mauvaises/et qui n* impute à la volonté de l'homme le pouvoir de faire les unes et les autres. Tous ne s'accordent point dans Testimation morale des actions. Les uns appellent quelquefois bien ce que les autres nomment mal, suivant rintentîon qu'ib supposent à l'acte et la manière de f accopiplir. Mais tous conviennent qu'il y a pour l'homme du bien et do mal moral ; que ses actes ne sont point indifférents comme ceux de l'animal, et qu'outre les qualités de l'agréable oa du désagréable, du nuisible ou de l'utile, ils sont encore Husccptiblcs d'une autre qualification qui leur donne le raruolèrc moral. Or, d'où dépend la moralité d'un acte,

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