‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 7 sur 199 · PARTIE THEOniQUE. — GHAP. I · texte numérisé non relu

PARTIE THEOniQUE. — GHAP. I

est obligée de sabir et de suivre , même à son insu <m sans pouvoir se les expliquer, comme Thorome physique accomplit ses fonctions organiques sans savoir ce qu'il fait. Noos pensons et raisonnons d'abord instinctivement ; en toutes choses nous savons faire avant de savoir comment nous faisons ; l'art précède la théorie. C'est pourquoi il 7 a une logique naturelle, antérieure à celle de l'éccde, et qui en reste souvent indépendante. Les conceptions , les jugements, les raisonnements, le discours, toutes nos

manières de penser et de parler, sont soumis à des règlqEi

fixes, qui en déterminent la formation régulière, comme les phénomènes de la nature obéissent à des lois constantes. Ces règles sont nécessaires, générales et dune application inévitable. On ne peut penser juste qu'en les accomplissant , et si on les enfreint , on tombe dans le faux on dans l'absurde. En outre la pensée suppose certaines données , certains principes sur lesquels elle s'appuie nécessairement , soit dans la formation des conceptions , soit dans la composition des notions, dans la construction du raisonnement et du discours. Ces données lui sont fournies par ce qu'on appelle le sens commun , c'est-àdire qu'elles sont inhérentes à la raison même , qui ne peut fonctionner sans leur assistance. Elles paraissent avec la raison , et la raison ne subsiste qu'avec elles et par elles. Qu'elles soient niées ou mises en doute, le raisonnement défaille ; il n'y a plus possibilité déraisonner. Telles sont d'abord les idées de fétre et de fexistencej qui sont au fond de tout ce qui peut être conçu et pensé par l'esprit humain. On ne peut se représenter une chose quelconque sans la rattacher à l'être, comme base ou

Dans la sphère morale, la loi se maaifeste à la conscience; et quoique, dans celte sphère, la liberlé humaine s'exerce le plus largement et que, là plus qu'ailleurs, l'homme soit le maître d'accepter ou de refuser la loi, il ne peut cependant en étouffer la voiicimpérative, Une peut se soustraire à son autorité, tellement qu'il lui obéit souvent malgré lui. Quand il lui résiste ou agit contre elle, il abuse de sa liberté et il eii portera les conséquences. Son sens moral s'affaibUt, son intelligence s'obscurcit; les idées du bien et du mal se confondent en luî , et s'il persiste dans cette opposition , il se pervertit et se dégrade.

Dans l'ordre moral , l'intervention de la loi n'est pas moins évidrate. La puissance snpérieure dont rbomme dépend, et qni a^t sur sa volonté, se fait sentir et reconnaître dans ce qu'on appelle la conscience murale. Il y a en effet dans la voix de la conscience , dans ses dictées , quelque chose d'impératif et de catégoriqne qui indique une autorité naturelle, s'imposant avec droit à lu laioe. Ce n'est ni l'impulsion de l'instinct , ni mt du désir, ni le conseil de la prudence. Il ÎDt du bien-être physique , d'un plaisir, ni «mplemeot utile ; il s'agit de faire morale-

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