‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 70 sur 199 · Partie THEORIQUE. — chap. iii · texte numérisé non relu

Partie THEORIQUE. — chap. iii

iSttrtOQt que y désintéressé dans la question ^ son moi ne se mette point à lutter avec le moi dé ses élèveè. Son devoir est de les contrarier, de les affliger inème par Top* poâtion de la loi, par la rigueur de la discipline , par le châtiment au besoin. Il doit le r^plir pour leul* Iiien , et, quelque doucement qu'il è'j prenne^ s'il agit en coo«science, il doit s'attendre à la mauvaise humeur, auxpe^ tites passions , aux injure» cachées ou manifestes de éeux qu'il gène ; il doit oompter qu'ik lui sauront peu de gré de ce qu'il fait pour eux , contre eux à leur sens ; car ils ne sont pas en état d'apprécier les soins dont ils sont les ob^jets. C'est ce qui rend l'éducation pénible, aux maîtres surtout, qui n'ont pas les jouissances de la paternité pont consolation, et que l'affection naturelle des enfants ne dédommage point.

n y a donc , en général , peu de culpabilité danft les

fautes des enfants, et c'est pourquoi on en rit volontiers,

après le premier moment de peine que donne toujours la

vue du mal. Oii est bien vite désarmé à leur égard , et le

droit de grâce intervient au premier signe de repentir^

G*est aussi pourquoi on se rappelle, souvent sans regret

et sand remords, les méfaits de son jeune âge, bien que

la justice y ait été violée. Il y avait plus d'entraine^

ment instinctif que de volonté du mal. Les enfants, même

les plus mauvais, savent rarement ce qu'ils font. Aussi la

société ne preûd point leurs délits au sérieux ; die les

abandonne à la justice de la famille ou de Técole. Sous

ce rapport, beaucoup d'hommes sont vraiment de grands

enfants , et la parole de JésushChrist , priant pour ceux

qui le crucifient , n'est pas seulement un excès de bonté ,

une sarabondanoe de charité, elle est encore pleine de Térité , car il demande grâce ponr eux à cause de leur ignorance , et il prie son Père de leur pardonner, parce qu'ils ne savent ce qu'ils font ! Quel homme après cela peut désespérer de la miséricorde divine! Jamais une parole plus consolante n'est venue réjouir la faible humanité.

A l'autre extrémité de la vie, nous retrouvons avec l'absence de la raison , la même incapacité de l'esprit, appelée aussi du même nom, l'enfance. Il arrive à l'homme à la fin de son existence terrestre, se prolongeant jusqu'au terme le plus avancé, ce qu'on voit dans les plantes desséchées, dont la racine subsiste dans le sol après que leur tige, leur feuillage, leurs fleurs et leurs semences sont tombées. La force vitale , se retirant au centre , abandonne ses produits , la forme extérieure se décompose et l'organisme se dissout. A mesure que cette dissolution approche , les organes se refusent l'un après l'autre au service des facultés qui dépendent le plus du corps, comme les sens, la mémoire, l'imagination , l'association des pensées ; et l'esprit , qui est mixte et procède à la fois de l'âme et du corps, ne recevant plus de l'organisme les secours et la nourriture nécessaires , ne peut plus se manifester dans le monde des corps et devient incapable d'agir ici-bas. Or, la volonté ayant besoin de l'esprit ponr discerner les objets de son choix et motiver ses déterminations, elle défaille avec lui, et ne se trouve plus dès lors dans les conditions de la liberté. En effet le vieillard , tombé en enfaiice, n'agit plus librement ; il est le jouet des instincts de la chair. Son âme est

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