‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 75 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE. — GHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE. — GHAP. III

par rindisposition de l'organe. Oii il D*y a plus conscience , là cesse la possibilité de connaître , et ainsi de discerner et de choisir. La volonté n est plus dans les conditions de la liberté , et les actes produits sont dus uniquement à la force musculaire , mise en mouyement par le sang , par Tinflux nerveux et par les causes extérieures qui les excitent. Aussi n'impute-t-on point à rhomme ivre ce qu'il dit ni ce qu'il fait ; car il n'est plus maître de lui, et ne peut gouverner son esprit, sa langue , ni ses membres. Si l'ivresse n'est point entière , et qu'il 7 ait encore quelque conscience et une lueur de raison , la liberté s'exerce en proportion , et elle est pour quelque chose dans l'acte posé. Mais il devient difficile d'apprécier le degré de culpabilité dans l'état vague et désordonné, où l'influence dominante de l'esprit animal a jeté l'être intelligent. L'homme alors peut être poussé a des actions dont il serait incapable dans son assiette ordinaire , soit à des actes de courage et de témérité par l'imprévoyance du danger , soit à des choses inconvenan* tes ou violentes , par l'emportement des passions brutales. Le plus souvent , il éprouve dans toute sa personne un certain relâchement , une espèce de dissolution, qui lui ôte le ressort , l'énergie et la dignité. Dans tous les cas, même quand l'impuissance de savoir et de vouloir ce qu'il fait, excuse celui qui s'enivre, il est cependant coupable de s'être abandonné à cet excès, et il répond des suites, parce qu'il y a eu un moment oit il avait la jouissance de sa raison et de sa liberté , et qu'il en a usé , ou plutôt abusé , pour se livrer aux influences dégradantes qui la lui ont ôtée.

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La faculté de choisir est gènce^ quelquefois mèoie empêchée dans son acte par Texaltation de la passion , comme en ceux que l'amour ou la colère rendent momentanément insensés. Si cette exaltation est involontaire, provenant par exemple d^une dispositi<Mi oi^nique, d'une maladie f ou de toute autre cause physique, indépendante de nous , nous ne répondons de l'acte qu'en raison de la part que notre Tokmté y a prise, ou du pouvoir qu'elle avait de s'y opposer. Mais si la passion s'est formée par notre faute, la volonté , s'étant cmnplue dans le désir et la jouissance de l'objet , est d'autant plus coupable qu'elk

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