PARTIE THiolilQUE. *- GHAP. tll
bdles qualités, où qadqoe chose d'idéal se fait sentir , et 8ubJDgae le cœur par une influence supérieure , qui ramëue au divin et à Dieu. L*iiomme devant aimer Dieu par -dessus tout, puisque Dieu est le bien sourerain, son unique supérieur et Celui dont il a tout reçu , il ne peut donner exclusivement son amour à une créature , sans prévariquer à Fégard de Dieu. Les passions bu* maines sont donc mauvaises au fond et presque toujours fonestes par leurs conséquences. Elles ont d'autant plus de mal en elles , que la yolonté a plus de part à leur formation et contribue davantage à les développer, à les exalter. Dans toute passion, il y a de l'involontaire et du volontaire , et la culpabilité dépend de la proportion de ces deux éléments. Le corps , avec sa constitution , son tempérament et ses prédispositions , y est pour beaucoup. La s^i^ililé qui ressort de Vème et du corps, Tima* ginatioa qui dépend de la sensibilité, le désir qui s'exalte par rimaginatioD^ échappent à la puissaince de la volonté dans leur racine ; elle ne peut que les maintenir et les modifier dans leur manifestation. Les maladies, les accidents, les eirconstanoes ont aussi leur part d'influence dans l'origine et le développemoit de la passion. L'bmnme d'un tempérament bilieux est moins coupable de se laisser emporter aux passions violentes. Le tempérament mélancolique dispose à la concentration , par conséquent à la jalousie, à l'envie, à la malveillance; et celui qui a ce tempérament est plus f aeilanaoït entraîné à ces affee* tioBS malignes et aux actions qui en sortent. Le flegmatique , porté naturellement à Tindolenoe et à Tapathie, démérite moins par la paresse et Tinertie. Non que cha*
cun ne puisse et ne doive combattre le penchant naturel par sa volonté ; la liberté doit lutter contre la fatalité et s'en affranchir. Mais il y a plus d'obstacles à surmonter, plus de liens à briser, plus de tentations à vaincre d'un côté que de l'autre , et ainsi plus de facilité à céder, moins de culpabilité dans la défaite, comme aussi plus de vertu , si l'on triomphe dans les circonstances défavorables. Les maladies , surtout les maladies chroniques qui changent peu à peu l'humeur et le caractère, influent considérablement sur l'exercice de la liberté, et disposent à telle affection morale, à teUe passion, suivant l'organe qu'elles attaquent, et le rapport de cet organe avec les objets extérieurs. Ainsi les maladies du bas-ventre , les obstructions du foie et de la rate, les embarras gastriques , et l'inflammation chronique de l'estomac et du système digestif portent aux passions malveillantes , à la défiance , aux soupçons , à la haine, à la misanthropie, à l'envie. Les maladies de la poitrine favorisent la passion de l'amiour, l'exaltation de la sensualité, par l'activité redoublée de la circulation du sang. Les affections du système nerveux, devenues choniques et dominantes, finissent par 6ter à la personne le pouvoir qu'elle doit avoir sur elle-même ; l'instrument devient plus fort que l'artiste, et la liberté est violentée par les organes qu'elle devrait gouverner. L'état des nerfs sert alors d'excuse à l'irritation , à l'emportement, et ils en sont à la vérité souvent la cause, parce qu'on leur a trop cédé et qu'on s'est complu dans leur entraînement. De là une grande susceptibilité , qui rend très-difficile le commerce des personnes nerveuses.