‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 81 sur 199 · PARTIE THÉOBIQUE. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THÉOBIQUE. — CHAP. III

loi de crainte ou de stricte justice, simposant avec mcDace et frappant rigoureusement Tinfracteur. On dit que la Tertu s^éprouve par le combat et qu'elle se montre plus grande là où il y a plus d^obstaclcs à vaincre et de sacrifices à faire. Gela est vrai , quand on la considère dans la voie de son développement ; mais par cela même qae Tbomme a plus à combattre , il est moins avancé , puisque c'est avec lui-même qu'il lutte ^ les tentations n'ayant d'accès en lui que par les portes que les passions, les désirs et la sensualité ouvrent aux influences du mal. A mesure qu'il s'épure , se simplifie et se spiritualise , le bien l'emporte , sa volonté moins partagée s'y donne davantage, et la vertu d*en haut domine dans ses actions, dans ses paroles, dans toute sa personne. Il devient donc plus véritablement libre, de cette liberté des enfants de Dieu , promise à ceux qui reçoivent sa parole et l'observent.

La violence a lieu par Timposilion d'une force physique qui gêne notre activité extérieure, et nous fait faire malgré nous ce que nous ne voulons pas, ou nous empêche de faire ce que nous voudrions. Dans ce cas^ la liberté est entravée dans son exercice au-dehors ; et ainsi il n'y a point de responsabilité, si la personne agit ou souffre contre son gré, et après avoir résisté autant qu'il lui a été possible. Du reste, la volonté ne peut jamais être forcée au fond , pas même par l'action divine. La grâce, qui

la fait quelquefois tourner soudainement, agit sur elle par l'intermédiaire de l'esprit qu'elle éclaire ou des dispositions du cœur qu'elle change. L'homme reste toujours libre dans son for intérieur^ même au milieu des chaînes et des tortures ; et quand il a fait le sacrifice de sa vie , il peut braver toutes les violences.

La violence physique porte sar le corps, et le maltraitant, le séquestrant, rencbaînantou le mettant d'une manière quelconque en danger de mort, elle l'empêche de remplir son office à Tégard de l'âme, et de servir d'instrument à la réalisation des pensées, à l'exécution des volontés. Elle tombe sur Faction externe et ne peut atteindre, au moins directement, l'acte interne. La liberté a deux sphères d'activité, concentriques et harmoniques , quand elle a son plein exercice ; mais qui se contrarient , ou au moins ne se soutiennent pas, quand elle est gênée dans une partie de son développement. La sphère intérieure est circonscrite par les limites de Fentendemeut , ou fonctionne la pensée et qui est éclairé par la conscience. L'âme est au centre de l'entendement avec sa faculté principale, la volonté, qui décide en définitive ce qu elle admet ou repousse. Nous commençons par vouloir au-dedans, par prendre une détermination en nous-mêmes, soit par l'impulsion d'un sentiment, soit à la suite d'une délibération de l'esprit. Si, par l'effet de la violence, nous sommes contraints de faire ce que nous n'avons pas voulu, il n'y a point de lien moral et vivant entre notre état interne et

Page 1