‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 83 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE. — GUAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE. — GUAP. III

exercice tourne à son profit ou à sa perte ; car aucun acte de liberté ne peut être indifférent^ tous tendent finalement au bien ou au mal. Ils ont tous pour effet dernier, soit l'épuration y le perfectionnement progressif, la réhabilitation morale de Thomme, soit sa perversion, sa dégénération , sa dégradation. La vie de rhomme sur la terre est donc une épreuve continuelle, puisqu'il y reste toujours exposé à l'influence de deux agents contraires, toujours susceptible de bien et de mal , toujours dans le cas de choisir entre ces deux extrêmes.

Quand Thomme arrive à la conscience de lui-même , se distinguant de ce qui n*est pas lui , reconnaissant ce qui lui convient ou ne lui convient pas , cherchant ce qui fortifie et flatte son existence , évitant ou repoussant ce qui la compromet ou l altère, il exerce sa liberté, et avec elle, son esprit et sa pensée. Placé entre des choses con* traires , au moins par leur effet sur lui , et ne pouvant se suffire à lui-même , il est obligé de chercher sa nourriture au-dehors , et ainsi d'entrer en rapport avec tout ce qui l'entoure. Ces rapports peuvent lui être utiles ou funestes, suivant la nature des objets; il doit donc discerner les esprits et les choses, pour n'établir et n'entretenir que de bonnes relations. Il ne peut vivre qu'en discernant, jugeant, choisissant sans cesse. Il est juge sur la terre par droit de nature et par nécessité de position. Sa vie ici-bas est une longue crise qui se décide péremptoirement à la mort , mais dont tous les moments sont

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des crises secondaires ooncoorant à préparer la solution finale; car doos ne tI vous pas on instant sans poser nn acte de liberté. Noos ne poaTons rester immobiles, et nous devons agir pour exister. Il s*off re donc incessam* ment quelque chose à faire ou à laisser, nn oui ou un non à dire , un jugement à prononcer; et la vie marche poussée et soutenue par ces actes successifs , qui nons rapprochent ou nons éloignent du but. Heureux quand il y a un véritable avancement, et si les actes s'enchaln^it dans la voie du progrès! Trop souvent ils se contrarient, se neutralisent ou même se détruisent , et alors on avance et'recule, on défait le lendemain ce qu'on a fait la veille; on oscille ou on rétrograde.

L* esprit de l'homme est chargé du gouvernement de son corps , et ce corps est placé dans un monde mixte dont il doit tirer sa nourriture, entre le bon et le mauvais, Futile et le nuisible, la santé et la maladie, la vie et la mort. Ce qui se fait chez l'animal par l'instinct doit s'accomplir en nous par la raison , qui s'adjoint à Tin^ tinct pour le régler et trop souvent pour le troubler. L'être raisonnable, devant toujours agir avec raison , ne peut entretenir et conserver son oi^anisme , au milieu des influences opposées du monde physique , que par un exercice incessant de pensée et de liberté. Dans Fâat de santé , il doit choisir ce qui répond aux exigences des besoins et pourvoir à toutes les nécessités de la vie , recherchant ce qui lui agrée sans lui nuire, éloignant ce qui lai répugne ou la met en souffrance. Dans la malaifie, il y a un autre discernement à opérer. La personne affectée en devient le plus souvent incapable à cause du mal même,

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