PARTIE THÉaniQUE. — CHAP. III
qui difoiblil sa raison et kii ôte les moyens de jager et de décider conv^ableiBeiit* Mais ua autre est charge de mr^ de penser et d'ordonner à sa place; le traitement médkal implique ua exercice continuel de la liberté dans le médecin qui presmt et dans le patient qni obéit
Gela est encore plus vrai dans Vordre inteUeetuel et pour le développement, diQ Vespriit^ L'esprit a besoin de noarriiore comme le oorps^ et il ne peut la trouver eà ini*^ même. Dès qu'il commence à vivre, c'est-à«>dire à pras^ry il la cherche au-dehors dans la parole dut son semblable et dans le monde qui l'entoure. Or» dans ce monde ^ il renccmtre ks dboses les plus contradictoires , ks oppo*sitions les plus Aérantes} et la parole humaine qu'il re^ çoit par la sodété ^ par renseignement , par les livres , par tou& les moyens de la science et de rinstrnctîon , lui offre partout le mélange du vrai et du faux » de la ktm&re et des ténèbres. Il faut donc qu'il ittseerne , chol* disse ^ et rien ne peut Ym dispenser» s'il veut vivre conformément» à sa nature* Il n'en est point capable au commenoemeDt à cause de sa faiblesse et de son inexpé* rienee. Il accepte alors de confiance toot ce qu'on lui dit ^ et c'est pourquoi il est si in^portaat d'entourer l'eafamee d'hommes instruits et amis de la vârité. Les premiers jugements de l'eitfant sodl néeessairetnimt des préji^, c est^à^dire de* jugem^is d'autrùi qu'il aecefte oli re** produit sans pouvoir les réviser > et ces préjugés eonsit** tuent le fond et cooune la prewîère <k>ttche de scu déve<» loppeiaent intellectuel. L'éducation de l'esprit a pour but de le former au discemeiient) au jugement et h tous les H. 16
2V2 PHILOSOPHIE MORAtE.
actes de la pensée. Pendant tout le cours de notre in^ struction, qaelle qn'en soit la forme, on nons ap^nd à distinguer Terreur de la Térité , ou du moins ce qui convient ou ne convient pas au travail qu'en nous impose , à notre recherche du moment, à notre tour d'esprit, à notre besoin intellectuel, aui occupations auxquelles on nous prépare. Nous avons sans cesse à choisir pour les lectures à faire, les enseignements à suivre, les conversations à écouter; il nous faut opter entre ce qui peut vivifier Tesprit, le nourrir et le perfectionner, ou l'affaiblir, le rendre malade et le pervertir.
Dès que nous sommes constitués en agents moraux , il y a toujours pour nous un bien à faire et un mal à éviter. Par la force même des circonstances, il faut agir, et nous pouvons agir conformément ou contrairement à la loi ou au devoir. Nous sommes tentés par la ooncapiscence de la chair, ou entravés par son inertie. Tantôt elle nous pousse par Tinstinct, tantôt elle nous arrête par sa pesanteur , et cependant le devoir reste toujours le même, et la loi est immuable. La volonté reçoit ces impulsions et ces influences contraires, et, sauf les deux cas extrêmes de l'innocence, qui ignore le bien et lemal, et de la sainteté donnée à Dieu et fixée dans le Men, elle a toujours à se débattre entre deux ennemis. Ainsi notre intérêt, bien ou mal entendu, vient se jeter à la traverse dans la voie de la justice, et nous porte à préférer notre avantage à celui des autres, si nous le pouvons impunément. Ainsi un plaisir ou l'espérance d'une jouissance nous porte à négliger ou à omettre une obligation. La passion nous ixousse à Tinfidélité ou à Tingratitode , la
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paresse nous ralentit oa noiis entrave dans les occupations nécessaires, nn caprice nous détourne de la convenance et du devoir. Si la volonté se laisse aller à ces inflaen-ces, die dérivera bientôt et sera entraînée. Me doit donc résister, et pour cela discerner ce qui est bien et mal , juste et injuste , convenable et inconvenant, et après ravoir reconnu, elle doit le vouloir, et après l'avoir Touln, se résoudre à le réaliser. Ainsi 'elle ne vit que par le disoemement , par le choix, et par les rapports qa'elle contracte. Si elle acquiesce aux bonnes influen-* ces, elle deviendra bonne en se nourrissant du bien; elle se pervertira si elle ccNomunique avec le mal et se rassimile. Le choix est libre dans cette alternative , mais il fiiut choisir. Le bien ou le mal sont les deux aboutis* sants inévitables de la liberté humaine.
Il suit de là qu'aucun acte libre n'est indifférent; car il n'est libre qu'à la condition d'être fait avec intelligence et volonté ; et ainsi , toujours dirigé par une intention bonne ou mauvaise ^ il tend au bien ou au mal. Sauf les drconstances extraordinaires, la vie se compose en gêné* lal de petites choses. Cependant les petites choses finissent par en faire de. grandes , comme les gouttes de pluie forment les ruisseaux, et les ruisseaux les fleuves. L'habitude du mal, qui constitue le vice , se contracte insensiblement par des actes échappés à une conscience légère, entraînée par les sens , par la concupiscence , par l'occasion. En se répétant, ces actes sillonnent la vie, comme la goutte d'eau tombant incessamment creuse la pierre; et souvent on se trouve engagé et lié avant même de soupçonner le vice ,
244 PHILOSOPHIE atORAU.
dont on est Fesclave» Ceini qui est fidèle dam les petiotes choses le sera dans les grandes , on du moins se dis^ pose à Tètre. Si Ton prend chaque joor sur soi , résistant à Tappëtit, an désir, à T intérêt propre en des choses qui semblent parfois de peu d'importanee , on gagne cepen** dant du terrain sur régoKsme et on s'habitue peu à peu & le vaincre. Nos actions se tiennent et s^enobaineat , le bien appelle le bien , le mal attire le mal. Airoir fait un pas dans Tnne des deux ir^es , c'est un engigettiMt et comme une inclination à continuer. Le fait a une grande puissance en ce monde, car il est; le maître de la pasitioit ; rhomme suit k plus soa^^it rinspulsion donnée , il se hisse aller là où la pente T entraîne. Ainsi tout acte libre, si faible qu'il paraisse, a déjà cet effet, d'amener d* antres actes qui lui ressemblent, et de contribuer pour sa port à établir et à fixer la vdonté dans ht Toie où elle est en* Irée. De plus , il augmente la responsabilité ; ear s'il a été posé par la volonté et ayee intention, il lui retient comme Teftet à sa cause, éi elle devra le reprendre un jour. Il est écrit que nos paroles subsistait et que nous serons jugés par elles. Les lois de la nature confirmait cette vérité; car rien ne se perd dans fumvers, pas plus dans Tordre moral que dam Tordre physique* Les for^ SMS ebangent, se détonposeal, mais les âémemts subsi»tsat; partout oà il jades causes, elles vivent dans leurs dfets ; et à la consommatmi 4ts ckoseï , les eilcls reflux rant v«rs ks causes, eoDHoa dsBs le prîMlpe et par k de^doppemeut, les csikcs sesoait venéesdaus les ^efts. (Test le grsftd mouvtimvl d*esp«Kmi el da oonimBftra-