‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 87 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE. — GMAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE. — GMAP. III

L'homme ne peut agir sans motif, d'abord parce qu'il est une crëatare, et ensuite parce qu'il est une créature raisonnable. Car le mot nwtif signifie deux choses : la motion externe qui pousse Fétre créé au mouyement, et la connaissance que l'être intelligent en prend ayant ou après l'action. Les créatures n'ont pas plus en elles la cause de leur mouyement que celle de leur yie. Ce« loi qui les a faites est aussi celui qui les meut; il donne à toutes, dit saint Paul , la respiration, le mouyement et la yie ; en lui nous sommes , nous yiyons et nous nous mouyons. Quelque haut placée que soit une créature, elle ne peut donc rien d'elle-même, ni'pour être, ni pour exister, ni pour se déyelopper ; elle attend du dehors ce qui doit stimuler sa yie et lui imprimer le mouyement. C'est ce que montre la nécessité de la respiration et de la nutrition dans les êtres organisés. Gomme un germe reste stérile et sans yitalité, si l'action fécondante ne le pâiètré et ne le pousse à l'éyolution, ainsi Texistence une fois posée est sans cesse rayiyée , dans son mouyement yital, par des influences extérieures qui lui apportent à la fois nne stimnlatiou et un aliment. Les êtres inorganiques ont encore moins de spontanéité ; dominés par l'inertie de la matière, ils transmettent le mouyemant reçu sans se l'assimiler, et ce mouyement s'use en eux plus yite qu'aiUeors par la pesanteur et les frottements. Les actions physiques ou chimiques de leurs molécules sont toujours proyoquées par une cause externe. L'homme est dans la même condition , parce que c'est la condition de toute créature. Il se meut parce qu'il est mû , il agit parce qu'il est poussé à l'action. Mais poussé de diyerses

manières et par différesis odtés, en raison de sa double nature et de ses rapports multiples , il a de plus qae tes autres êtres de ce mondo ta faculté de counaiUre ce qui le pousse, et d'accepter Fimpulsiicm ou de la refuser. 11 est mu dans s(m corps, dans son esprit et dans son âme, et de là les divers motifs de ses actions. Dans son corps c est la même motion que dans l'animal ; elle s'opère par rimpression oi^anique, par la sensation, d*où nait lappetit sensîtif ^t ses dëâirs d'abord instinctifs , et ensuite réfléchis et volontaires. Dans Tordre intellectnel, Tesprit n'entre en monument que par F excitation des objets extérieurs ou de la parole. On imagine, conçoit, pense après avoir senti , et en raison de ce qui a été senti. On ne parle qu'après avoir entendo, et on ne sait que ce qu'on a appris. Il n'y a pas une image dans Tentende* ment qui n'ait sa canse au dehors, pas une pensée dans Tesprit qui ne se rapporte à un objet distinct de lui, pas une idée dans F intelligence qui n*ait au-dessus d'elle son prototype. Dans la volonté, il ne s'exécute pas un mouvement san^ qu'on veuille quelque cbose : on ne peat vouloir une chose sans la connaître, on ne la connaît qu'après l'avoir sentie, et on ne la sent que si eUe agit sor nous. Toutes les fois que nous voulons, deux forces se mirent et se combinent, Fune qui vient du dehors et qui a Fintiia(i?e du mouvement, F autre qui est en nous, qui est noixs^inè-' mes, et qui, par sa réaction, se joint ou s'oppose à la pare* mière. Mais ce qui distingue Fbomme, c'est qu'il n'est point mu nécessairement parle mouvement f^ysique, in^ tellectuel ou moral qui lui est transmis, et que son acte , quoique toujours influencé par la motion provoentriee,

Page 1