‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 89 sur 199 · PARTIE THi(miQVS. ~ OHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THi(miQVS. ~ OHAP. III

sert d'inttromeiit. U arrive dans la génération ce qai a liea par ia mnltipUaation des nombres ; les deux facteurs 16 pénètrent Fun Fantre dans tous leurs éléments, et le produit en ressente la combinaison. Mais dans Topé* ration physique les termes ne se pénètrent immédiate* ment que par le corps; Tâme et 1* esprit ne peuyent se toucher qu'à travers la chair, et c'est pourquoi ils sont tonjourâ en moins dans cette fonction , et y coopèrent seulement d'une manière indirecte. Que l'enfant repro* doise ses parents par le corps, cela est évident, puisqu'il sort do germe maternel, de la semence paternelle, extraits Ibs plus purs de leur substance, puisqu'il est le sang de leur sang , Tos de leurs os , la chair de leur chair. Il reçoit donc d'eux et par eux un sang et des humeurs spécialisés par eux-mêmes et par leurs antécédents, une chair nnodifiée par tout ce qui a pétri la leur^ un tempérament provenant du mélange de leurs tempéraments, et une constitution organique analogue à celle des deux facteurs qui la produisent. De là les prédispositions qui viennent de l'organisme. Puis l'état accidentel des parents au moment de la génération , leurs sentiments, leurs passions et leurs affections réciproques , ont aussi leur part d'action dL tendent à s'imprimer sur le fruit; car partout où plusieurs causes concourent à un même effet, chacune s'y reproduit dans la mesure de son influence. Ce qui domine alors dans les parents ou dans l'un des deux, soit l'entraînement de la concupiscence, soit un sentiment plus noble, une affection moius grossière, dominera aussi dans r enfant, ou du moins y excitera une propension analogue. Il y a enfin toutes les influences dn monde ter-

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restre qui régnent au moment même où la conception s*opère , influences sidérales , atmosphériques, physiques de toutes sortes , qui modifient puissamment le prodnit nouveau ; car la vitalité ne pouvant fonctionner sans elles, aussitôt que le germe est ouvert par la fécondation, elles s'y versent avec la vie et Taffectent profondément, parce qu elles s'y posent d'abord. C'est ce qui a donné lieu à l'astrologie, dont la philosophie du moyen*àge s'est trop occupée , et dont la nôtre ne s'occnpe pas assez.

Ainsi trois sources principales de prédispositions et d'aptitudes innées : la première dans Vàme elle-même et dans ce qui l'a modifiée à sa création , la seconde dans le corps, extrait de celui des parents, chargé de leurs antécédents et affecté par les influences multiples du monde; la troisième, dans le commerce de Tâme et du corps qui se modifient réciproquement : d'où il suit que les parents , en transmettant la vie physique avec le sang, transmettent aussi quelque chose de leur vie morale dont leur corps est imprégné, et que dans l'embryon laimême, aussitôt que Tàme y arrive, les prédispositions de Tdme et du corps tendent à s*accommoder ou à se contrarier ; ce qui produit des inclinations et des aversions primitives, des sympathies et des antipathies congéjiiales.

Tout honune naissant en ce monde reçoit donc, avec le sang, un héritage inné qu'il ne peut répudier. Dans ce sang est la vie de ses antécédents, leur vie physique avec l'empreinte de leur vie morale. Le caractère des parents se reproduit jusqu'à un certain point dans les enfants , au moins par sa partie physiologique ou par la modification qu il a imprimée à l'organisme , laquelle, se

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montrant dans Tenfant^le dispose à la manière d*ètre et d'agir d'où elle provient. Ainsi se propagent les vertus et les viees de famille ; on les reçoit avec la vie et dans le sang. Il est très-heureux de naître de parents sains de corps, d'esprit et d'àme ; de corps, parce qu'ils transmettent un sang non vicié , ce qui est un gage de santé , de force et de développement régulier ; d'esprit, c'est une garantie de bon sens, de raison droite dans les enfants, qu'on voit hériter trop souvent des travers, des petitesses et du jugement faux des parents; sains d'&me surtout, c'est-à-dire habitués à l'observation de la justice , à l'accomplissement du devoir, honnêtes et pieux; c'est une garantie de moralité dans leurs descendants, car les sentiments nobles et bienveillants se mêlent jusqu'à un certain point an corps qui les exprime, et y laissent leur empreinte et comme leur odeur. Ainsi s'explique l'hérédité de la noblesse. S'il y a réellement quelque chose dans le sang qai prédispose à ressembler aux parents par le moral comme par le physique, la transmission pure de ce sang a une grande importance, afin que l'enfant soit le produit sincère de ceux dont il porte le nom, le véritable représentant de sa race. Naître noble , dans le sens philosophique et naturel, c'est naître avec d'heureuses prédis* positions dues surtout à la transmission d'un sang généreux. Par là s'établit la solidarité des parents et des enfants, ou la continuité de la famille. Le fils, succédant au père par le sang , revêtant sa chair , prenant son nom et tenant sa place dans la société , succède par le fait à tout ce qui vient du père, aux choses extérieures et intérieures, à l'accessoire et au principal. Au même titre, les

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œavrea de ses aieax lui reriennent avec leurs suites, saof la responsabilité morale. Eq recevant le nom , il reçoit tout ce qui s*; rattache , gloire on opprobre, et quoique devant Dieu et les hommes il ne soit point coupable des aetes de son père, il entre cependant en partage de ce qu'ils ont produit. Un nom glorieux est toujours un avantage, même pour oeluiqui n'y ajoute rien; un nom déshonoré est une honte, même pour le fils qui se conduit honorablement. L'héritage des biens est fondé sur le même prin* cipe ; ils ont été acquis ou soignés par le père ; il y a mêlé sa personne et son activité ; ils sont devenus l'accessoire de son existence terrestre, et ils passent avec le fond de cette existence , transmis par la génération. Il ne s'agit point ici de mérite ni de démérite, mais d'une simple transmision de substance qui suit la filiation. Ceux qai 16 sont élevés contre l'hérédité de la propriété, dans ces derniers temps , ont considéré la chose d'un point de vue puremrat rationnel, et sous ce rapport ils pouvaient avoir raison ; mais leur tort a été de déplacer la question , et d'en appeler à la justice et à la morale, là où règne la nécessité de la loi de nature.

Telles sont les einxmstaiioes générales an milieu desquelles surgit chaque liberté, les unes, providentieUes, et qui lui sont des secours et des préparations •a bien ; les autres natarelks, et qui peuvent lui devenir des obstacles et des empêchements. C!haque individa arrive au moaét cbai^ de tons ees antécédents, et devant) dans des conditions données, avec F aide de la grâce divine, par la connaisaance de la kn et de la parole de Um, «laTssks fticnlIésdMt il est doné, tendre au but

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de son esistenoe, et réaliser l'idée de sa oréatioo. La vie el la mort, le bien et le mal sont devant lui ; il peut, il doit choisir. En cela consistent sa liberté et son épreuve» et dans toun la liberté peut s'exercer de manière à rendre répreaye dédsive*

De l'exercice de la liberté sortent immédiate-^ ment plusieurs conséquences, dont l'ensemble constitue le fait complexe de la moralité. La première est le déchoir. Dès que l'homme reconnaît Dieu son principe^ il se sent obligé d'accepter sa volonté comme la loi de la vie, et de lui rendre ce qu'il en reçoit. Le devoir fondamental et qui renferme tous les autres, est donc \^ reconnaissance. Reconnaissance envers l'auteur de notre être , bommage readu librement à sa bonté, à sa puissance, culte du cœur et de l'esprit; reconnaissance envers les auteurs de nos jours, piété filiale : reconnaissance envers la société, la patrie, puis envers tous ceux qui nous ont fait quelque bien ; tels sont les devoirs positifs auxquels nous sommes tous obligés.

L'idée dn devoir, base de la morale, entre qu'elle se produit dans Tbomme par le développement de sa con-* 6eieDee et par la léflfixîra du sentiment moral, e est-à-dire

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à poileriori , se déduit à priori des idées de la liberté et de la loi» corollaires nécessaires de Fidée de la créature intelligeute. L'idée de créature implique l'idée de loi, comme celle de créateur l'exclut ; car, l'être créé n'étant point de lui-même, et ayant besoin d'un autre pour arriyer à l'existence et être conservé, il dépend évidemment d'autrui, et ainsi la volonté de celui qui l'a fait devient sa loi ou la condition absolue de son être et de sa vie. Hais si l'être créé est intelligent, c'est-à-Klire capable de se connatlre y lui et c«ux avec lesquels il est en rapport , il connaîtra aussi ce qu*il est à Fégard de celui dont il est , et par conséquent ce que la volonté de son Créateur est pour lui : il saura qu'elle doit lui servir de règle , puisqu'elle Fa posé et le conserve, et qu'ainsi, pour arriver à son but ou remplir sa destination, il doit accepter cette volonté, s'y soumettre et Taccomplir. De cette manière la créature contribuera rédlonent i la gloire de Dieu , en !« restituant tout entière à lai, et lui nmdant avec usure ee qu'il lai a donne, parle développement effectif des ^neipes, des puissances el des fMoIlés qa*Q a posés en die. La loi qui r^t toute créatare du ciel et de la terre, spirituelle oa matmelle, oTesl dtroir qoe pour celle qui «^ ciqiiabie de la eonipreiidre et de r^dnorver avec volonti^ ; nir de rioleUi$«iee qoi comiait, combinée avec la TKikMiti^ qui dèdde^ res»K la fMihé qai choisit. La KkeH^ «4 «UiM^ pn^^Hriéîê «soÉlidle de k vidonté qui

Lid^ dndet^r c^ipwnd ndéè d'oèligytion. Celui ^ t\>iMiaR SOI M $e 9»! be p«r ele, imi pas à la ma-

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sans leur assentimeut^ mais lié ittoralemeiit ^ c*est*à-diTe tena d'agir eonforméoie&t à la loi par W justice, par la convenance de sa naUtrCy sons peine de se pervertir et de se d^rader. Or toute oUigation suppose une autorité qui a droit de oomniander, et à laqudle il faut se soumettre ; [et le devoir n*est possible, que si cette autorité est reconnue et admise. On ne s'oblige point par soi-même , ni envers soi-même. Il faut une supériorité légitime pour imposer Fobéissance. Dieu seul a cette autorité sur Thomme, parce qu'il est s(m principe. Donc il n'y a de devoir pour Thomme que par son rapport avec Dieu, et tous les devoirs découlent du devoir envers Dieu. Ainsi la religion , qui est l'expression de ce rapport , est le fondement nécessaire de la morale. Là où Dieu n'est j^int connu , la sanction du devoir manque ; car Thomme, ne reconnaissant point sa dépendance, ne voit pas d'autorité au-dessus de lai et ne comprend pas la nécessité de se soumettre à une loi. L'absence ou l'oubli de la religion entraine l'absence et l'oubli de la morale et des devoirs. Celai qui renie son Créateur d<Ht, s'il est cdiséquâit, récuser toute autorité , toute supériorité ; il doit se croire indépendant, et prétendre se faire la loi à lui-même; il ne peut voir dans les lois et les citations bumaines que des accommodements d' intérêts, des conventions temporaires. Tel est en effet la manière de voir, explicite ou implicite, de ceux qui n'ont point de foi, ou qui pensent et vivent comme s'ils n'en avaient pas. Ils parlent aussi de justice , de devoir, dobligations morales , mots vides dans leur bouche, parce qu'ils ne répondent à rien dans leur cœor. Derrière leur phraséologie morale est l'orgueil II. - 18

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son autorité, par sa vertu; elle les confère à celui-là seul qui s unit à elle pour vivre de sa vie et participer aux biens qui sont en elle, parce qu'il consent à joindre et à subordonner sa force à la sienne. Le droit comme le devoir n'est donc que pour l'être intelligent et libre ; les autres êtres suivent la loi sans le savoir, vont comme ils sont poussés et n'ont point de consentement à donner. L'être raisonnable , qui accepte la loi en sachant à quoi il s'oblige, en même temps qu'il se sent ténu par les obligations qu'elle impose, est aussi fortifié par le secours qu'elle procure ; il compare les bienfaits de la loi avec ses exigences, et il conclut naturellemeut que s'il accepte les charges , il peut prétendre au bénéfice. S'il consent à la loi et fait ce qu'elle lui demande, elle doit à son tour faire pour lui tout ce qu'elle promet ; elle se donnée à lai comme il s'est donné à elle , et la justice veut qu'elle lai rende , en raison de ce qu'il lui donne. Le droit est donc établi sur la justice ainsi que le devonr, et il lui est cor* relatif. Si l'on doit en raison de ce qu'on reçoit et à qui nous donne, on a droit en raison de ce qu on donne et sur celui à qui on a donné. Tout devoir accomidi confère un droit, et tout droit acquis suppose le consentement à la loi. L'exercice du droit suit donc naturellement la dé* cision de la liberté qui acquiesce à la l(À et vent le de-j voir; et quand mêmiQ cet exercice serait entravé , quand la loi ne serait point réalisée dans le droit qu'elle con^ fère à ceux qui racceptent, quand lés effets de cette ae^ ceptation ne sortiraietit point pleinement dans là pratique! le droit n'en subsis1;ersuit pas moins en puissance; car il ne peut se perdre,: ni s'aliéner; les faits cont^râiires n*ei;

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