PARTIE THBQftIQDK. — GHAP. III
Le devoir aceompU fonde le droit. Celui qui accepte volontairemeat la loi et ce qu'elle impose acquiert^ par le fait même de son adhésion, droit au bénéfice de la loi ; car réagissant positivement vers le terme dont la loi dérive, sa réaction s'harmonise avec l'action qui le pénètre. L'agent objectif et supérieur devient son appui, et lui communique sa force par le rapport vivant qui s'établit entre eux. Dans Tordre métaphysique ou universel, la créature qui accepte la loi divine acquiert le droit à la protection du souverain législateur. Dans l'ordre moral ^ celui qui accepte la loi de justice acquiert le droit d'être protégé par la justice. Dans Tordre politique, celui qui accepte la loi sociale a droit au bénéfice de la société. Le droit n'est donc possible qne par r»lbésîon à la loi ; il n'y a point de droit contre la loi.
L'idée da droit soit de l'idée du devoir, Fidée dn devoir de celle de la loi ; celle de la loi dérive du rapport reeoniia eiktre le créateur et la créature, entre le sapérieur et Tinfiâriear. Il n'y a pioint de devoir sans la oonnaiasimee de la lœ, et point de droit sans Faccomplissement te devoir, sans Faoeeptation et Fobservance de la loi. Le devoir s'impose par le fait de la loi reconnae , le droit s'aoqoiert dès que la loi est accomplie. La kM seale fonde et confère des droits : elle I es fonde par
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les sphères , dans le droit naturel comme dam le droit positif, dans le droit privé eomme dans ]e droit pablîe. Celui-là seul qui reconnaît et accepte la loi divine a droit aux prérogatives qu elle donne et aux biens qu'elle promet. Cest ce que seat instinctivement rhomme détourné de Dieu par son désir et sa pensée ; il n*a plus le courage ni la confiance de la prière; ne faisant plus riai pour Dieu ^ il n'ose point desiander que Dieu fasse quelque diose pour lui. Il s*est mis hors la loi divine , il n'en a pas accepté les charges , il ne doit donc pas avoir part aux bénéfices , on du moins il n'a pas droit au partage. Heureux s'il croit à la miséricorde après avoir offensé la justice y et si dans ses douleurs il pousse vers le cid un cri de éé^xesaej quand il n'a ni d)éissaBce ni mérite à lui présenter ! C'est souvent ce qui est le plus agréable à Dieu : dn' cantrihan et humiliatum, Dius, non despicies. L'âme brisée en cHeHnëme par le seainnent de mm indi- ^ttté y par la eonmence de son démérite , s'ouvre plus profondément pour admettre l'action divine , et se restitiie à Dieu avec pins d'abandon. C'est l'histoire de l'ettEant piodigne regagnant l'amour de son p^re par le rq^tir, et téialégré dans son droit en rentraiMt sous la kL Nul a'a le& disits du CbrAîen ou de lenfant de Dieu en JéawhChriat^ s'il n'admet sa parole, s'il n'accepte sa loi^ c'esl-à-dise, s'il ne croit en Jésos^Christ et n'est baptûé en son nom. Le&fib de la f m. ont seuls droit à la vie du ciel : les fils de l'incrédulité ou de la ééfianee, eemme dit Tapâtre^ fSii diffiiinêim, ont perd« leur droit œ reiosant l'obéissoince.
Il en va de même dans kt irarille et dans la société.
PAAT» THÉORIQlfB. *— CHAP. Ili 27^>
Pour jouir des drotts de la f amUle , il £iat en observer la loi , il faut être soumis à Tautorilé {lateniene et s'unir à elle par la réaction de ïefl|Nrit et de la iK>lonté. L'enfant fui désobéit on se met en réy.olte perd son droit par te* Élit; car il récuse le principe doi^ ilest el se tourne contre la source même de sa force» Le droit des enfanta, fruit de leur sonnilssi^q^ se réalise et s'étQnd par 1* amour des parents; et 1#^ bénédiction au sortir de ce monde, complément et gage de la transmission de leur amour, assure ^ confirme la feontinuité du droit à Ibéritage paternel ; héritage double , intérieur par la communication de tout ce qui est intrinsèque à la vie de famille et des grâces d'en bautdont die peut être chargée; extérieur, par la succession aux biens de la terre possédés par les. parents ,. et dont la loi civile règle la répartition. Noua examinerons en détail les droits de famiUe dans le cours de droit naturel.
Dans la sodété civile^ ri4[)plioation de L'axième est en^ eore pkis évidente, paa*ee q^ l'état social est snrtotit fondé SBr la justice et ne se coifierve que pat l'équité. On n'est membre d'une société ou citoyen qn'^ra consens tant à' la loi qui la rég^; consentir à la loi, c'est en adnietti^ les diftposiftioiia. et s^'engager à ka <d)8erver. Or, la loi couUtttttva d'un état impose des? diargea et de^ mande des saciifiees^elle défend et ordonne; die intœdit tont ce qui peut nuire à l'rasemUe et au particulier ; die lédame ce qui est nécessaire à la eonsecvatiôii et à 1-amâioration de 1» chose publique ; elle exige de ses menrtires une coniribMibn de lemrsiarces, de leur temptf, de leors facultés^ de ]£w$ biens, de leur vie néme,ea
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raison da rang, éd la oondition et des moyens de chacnn. Une sodété politique ne s'étaUit et ne subsiste qa*à ce prix ; mais à ce prix aussi elle fait participer ses membres à des aTantages communs, et répand sur tous proportionnellement les bienfaits de la Tic sociale et de la dvilisation. Là , comme ailleurs , on n'a droit aux bénéfices qu'en prenant part aux charges , et en raison des charges supportées; il n'y a de droits que par. la loi , et on ne peut les exercer qu'en Faccomplissant. Celui qui yiole ou méprise la loi se met par le fait hors la loi , et la société aura raison de le rejeter. Il perd ses droits en partie ou en totalité ; en partie quand, par l'amende, l'emprisonnementou toute autre peine, il est privéde la jouissance d*un droit commun à tous, tel que la liberté individuelle, la propriété, l'admissibilité aux emplois : en totalité, quand il est retranché de la société, physiquement par la peine capitale , et moralement par la mort civile. Il a oe qu'il a voulu ; car il porte les suites du choix de sa liberté : il s'est tourné contrôla loi , la loi se tourne contre lui , il s'est mis en dehors de la loi , la loi l'exclut de sa sphère ; il a voulu la détruire, et elle le tue.
Enfin dans les rapports des hommes entr'eux , il n'y a de séeurité et de confiance que par la justice, c'est-à-dire par TéchMige des services et le respect mutuel des personnes et des droits. La justice ne tous donne des droits sur votre semblable que si vous l'exercez à son ^rd ; car die est pour tous et ne vaut que par la rédprodté. Il faut donc commencer par l'accepter et en accomplir ks obligations, pour être en droH de la réclama des autres comme devoir. Ce qui est parfaitement formulé