‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 91 sur 199 · PARTIE THÉORIQUE. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THÉORIQUE. — CHAP. III

dansées deax préceptes chrétiens : !Ne fais pas aux autres ce que tu ne veux point qu'ils te fassent, et fais-leur ce que ta voudrais qu'ils te fissent. Là, comme partout, le devoir fonde et sanctionne le drmt , et la loi observée donne seule la puissance légitime de l'exercer. Celui qui viole la justice envers ses semblables mérite qu'on la viole à son égard; il perd son droit en attaquant celui d' autrui. C'est une des premières choses à faire sentir et comprendre à l'enfant, tout dominé par l'égoïsme naturel, et ayant peine à concevoir, en commençant à vivre, que tout ne soit pas à lui et pour lui. L'expérience seule pourra le lui apprendre , à mesure qu'il portera la peine de ses attentats à la personne ou aux propriétés des autres , et quand les conséquences de ses actions égoïstiqaes lui reviendront péniblement , par la réaction violente de son semblable. Bien ne peut le dispenser de ces douloureuses épreuves. U serait même fâcheux qu'il ne les subît point ; car, en brisant sa volonté propre, elles ouvrent son cœur à la parole d'instruction, et il est mieux disposé à reconnaître et a faire ce qui est juste quand il souffre l'oppression et se croit victime de linjustice.

L'homme, tant qu'il est libre d'adhérer à la loi ou de la refuser, d'accomplir le devoir ou de le négliger, est responsable de sa conduite , comptable de ses actions, dont il doit subir les conséquences, puisqu'elles émanent de sa volonté. Mais il ne ré-

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pond que de ses actes propres ^ bien que , comme membre de la famille et de la société, il participe plus ou moins aux suites des faits qui ad viennent dans la société et dans la famille. S'il agit conf<»rmément à la loi ^ par selïtiment du devoir ou avec déTOuement^ sa responsabilité morale est sauve, quoiqu'il puisse être solidaire jusqu'à ua certain point des actions d'autrui. S'il agit en dehors de la loi, par volonté propre et pour lui , l'action lui revient avec tout ce qu'elle produira par le fait de sa volonté. La responsabilité morale est donc distincte de la solidarité.

L*iâée de la responsabilité est impliquée dans eelte de la liberté, et cela de deux manières : d'abord parée que rètre fibre est le principe de ses aetes ^la cause de leor production ; et ensuite parce q«e , rdevant du Gréateor, à titre de créature intelligente il i«î doit compte de la pais«ince qu'il en a reçue. Toul prindpe, se déployant en conséquences, reste lié par le lait à ce qu'il a posé; tout ce qui en est sorti lai revient nécessairement ou reflae vers lai. Il en est de même de la cause , mère des effets qu'elle porte dans son sein. £Ue les enfante ou les réalis^ successivement, elle les anime par son action continuelle, après les avoir posés : ils n'ont de vie et de forc^ q«ie par dte, et autant qa'âs lai restait ania par leu^ réactMn. Ainsi iUeu, prîMâpe soprèmCy cause plreaûèr^ de lQ«t «e qai existe, est , noft pas leapcmsdde de cequ'ij a créé, e&r il n'a peint de si^érieur ; el n'ayant rien reçi| de personne , il ne doit compte à pecsoime; maii^, créa^

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tear de Faniverg, il re^ chargé par le fait de la couservation et du gonYemement de L'imivers y. qui gravite autour de laL La ProTidence divine est donc une suite néeessanre de la bonté créatrice , elle en est la coBtinaatîon , Diea ne pouvant pas cesser d'aimer ce qu'il a créé par amour, ni refuser la subsistance à ceux qu'il a appelés k exister. Ce qui serait responsabilité dons la créature est pour loi conséqoence avec h - môme ; il se doit à lai*' ffléme tout ce que l'être créé devrait à celui dont H dé* pend. L'homme , &it à l'image de Dieu , est ausrî prin* cipeetcanse, ma» non delà même manière; car il ne Test que par ressemblance , il n'a qu'une délégation , qu'une approximation de la puissance divine , c est-à« dire qu'il ne peut Yooloir et produire que sous la condition inhérente à la créature, de dépendre d'an ferme supérieur dont l' influence préalable F exdte à vomloir et à agir. Il n*eat ni le principe unique , ni la cause spontanée de ses actes ; il n'opère rien meiu proprio dans^ le sens ngourecix de ce» termes ; cor le premier mouv^ement hii vient tovîofnrs du dehors , il ne peut que l'aoeepter ou k refuser. C'est pomqooi on l'appelle cause seconde, et tonte créature libre est dias le nième cas. Mais en tant que libre, il a aussi sa part de causalité , ou une causalité mi generis dont Fexerclce est essentiel à la dignilé de sa Batare. De même qu'il ne peut faire quelque chose de rien , ce qui s'appelle créer et n^appartienfk qu'à Dieu , mais il a besmn de choses déjà créées pour en composer d'anitres , ses inventions ou prodactions n'étant jah mais qe^'une covnbinaiaofi d'âémfenis préexistante : ainsi fuaud il veut, il ne veut point de lui-même , en ce sens.

qu*il tirerait de loi seul sa raison de voaloir; mais les motifs lui viennent du dehors, et sont indispensables ; car sans eux il ne songerait pas même à Tooloir. Il ne peut que décider entre ces motifs et les moteors dont ils partent, et choisir celui qu*il préfère , ou dont il accepte l'impulsion. Cette détermination est nécessaire pour qu'il y ait un acte de lui et à lui , sin<m il est instrument et non agent. H est donc réellement la cause de son acte, quoiqu'une influence externe n'entre dans sa décision. Donc tons les effets qui sortiront de cet acte dépendent de lui, et lui reviennent^comme à leur cause, mais non exclusivement, puisque le moteur externe y a contribué; et c'est pourquoi la gloire de nos bonnes actions retourne eu définitive au principe de tout bien, comme les suites de nos actions mauvaises retombent sur le principe du mal, en proportion de la part qu'il y a prise.

En second lieu, l'homme est responsable comme créa-' ture intelligente, relevant de son auteur qui lui demaad^ra compte un jour du pouvoir et des facultés qu'il lui a donnés pour rempUr sa destination et accomplir la loi de son existence. Car toute existence ne subsiste que par la loi, et l'être intellig^it et libre doit connaître la loi qui le régit et la suivre volontairemoit. Le Créateur n'a rien à rédamer des êtres puranent physiques , membres ou organes aveugles de la vie, allant comme ils sont poussés, et ne mettant rien du leur dans les fonctions qu'ils exécutent. Mais l'être raisonnable approuve ou désapprouve , il accepte la vérité ou la repousse, il travaille avec elle ou contre eUe, et sa volonté suit les jugements de son esprit ou du moins les ratifie par sa décision. D y a là un pou-

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