PARTIE THÉORIQUE. -^ GHAP. III. 1t
Mais il a gâté ses baates destinées, il a abusé de la bonté divine, et ce qui lui était donné, pour le rendre meilleur, a été perverti par son orgueil et son obstination. Il s'est confié dans sa loi et dans les œuvres de la loi ; il a cru en sa justice propre, et s'y est complu. Il s'est imaginé que Dieu lui devait tous les biens qui lui étaient promis, et il les a réclamés comme une dette , avec arrogance, au lieu de s'en rendre digne par l'humilité, et de les attirer par l'amour. De là le second type du mérite humain , ou la vertu pharisaïque , dont le caractère éclate dans les prêtres et les docteurs de la synagogue, opposés au Christ , modèle du mérite chrétien.
Si l'être responsable dévie de sa ligne, ou sort du cer-* de que la loi trace autour de sa liberté, il se met en de« hors de la loi ou se tourne contre elle, et dans les deux cas il sent qu'il démérite , puisqu'il n'y a de bien que par la loi et ayec la loi. Le démérite a aussi deux sortes de conséquences. La première est toute morale ; car la volonté, étant obligée à l'observation de la loi, manque à son devoir en l'enfreignant. Elle perd de sa valeur, de sa dignité en sortant de l'ordre ; elle ne répond ni à sa nature, ni à sa destination ; elle se diminue , se ravale en se dépravant. Puis , comme la justice doit avoir son cours , et que tout crime, délit ou faute, demande une expiation et entraine une peine, à la conscience de la dégradation ou de rindignité se joint la crainte de la vindicte divine ou humaine, et le pressentiment d'un châtiment mérité, qu'il faudra subir tôt ou tard. Le sentiment du démérite est donc toujours accompagné de trouble intérieur, par la scission qui se fait dans l'homme coupable; de remords, à
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