PARTIE raiOATQUt. -^ QllAP. III. !i
carsiclère plus ou moins prononcé du bien ou du mal, et en portent pour ainsi dire la semence en elles. Elles sont qualifiées par leur rapport plus ou moins prochain avec Tun ou l'autre de ces deux extrêmes, et c'est pourquoi on les appelle bonnes ou maui^mses. La répétition fréquente des actes con-<* formes à Tordre, à la justice, fortifie le penchant au bien , en feeilite la pratique et forme une heureuse habitude de bien faire, qu'on nomme vertu. La répétition des actes contraires renforce les mauvaises inclinations, affermit dans le mal et finit par produire le vice. La moralité ou l'immoralité d'un homme s'apprécie par la prédominance de la vertu ou du vice dans sa conduite, par Tusage habituel de sa liberté en faveur du bien ou du mal.
La qaiâité morale d'un aete se tire du principe dont il émane, et dn motif qni porte à le faire. L'aete libre a déjà de la yoleiir eomme tel ; il se distingue du moovement iittttnetlf on machinal ; car il 8*opère , non - senlement avec volonté, oe qui peut arriver à Tacte inslinotif dans tout mouvement spontané , mais encore avec conscience et réflexiOD, après dâibération et par choix. Mais tout libre qu'il est, et même en vertu de sa Uherté, l'acte peut £tre bon on mauvais, non plus sous le rapport de l'agrément ou de Futilité et par comparaison avec la loi de forganisme ou celle de la prudence humaine, mais par sa eonformité avec une autre loi , qui veut plus que ie plaisir eu l'intérêt , avec la loi de l'esprit et de Tàme ,
296 PHILOSOPHIE BIORAIiE.
dont Tapplication stricte établit la justice, et dont la perfection est la charité. Nons ayons va comment F homme parvient à connaître cette loi et â*où elle dérive. Nons avons vu aussi ce qui le porte à T enfreindre, et comment sa volonté, placée entre deux principes ennemis qiii se la disputent, ne peut agir librement qu'en choisissant entre eux ; et ainsi Tun ou l'autre entre dans chacun de ses actes libres en raison du consentement de la volonté qui accepte Tinfluence du bien ou du mal. Une action bonne ou mauvaise peut donc être considérée comme le produit d'une véritable génération, et c'est pourquoi elle porte en elle une vie capable de se reproduire partout où elle est reçue. Le principe objectif, d'où vient l'impulsion , remplit l'office de générateur ; il agit sur l'âme , la pénètre et dépose en elle quelque chose de vital, qui l'excite et la met en fermentation. L'àme conçoit sous cette influence la pensée et le désir d'un acte , et cet acte , en germe dans la prédisposition et les penchants de l'individu, tend à se développer et à paraître au jour, quand le fruit est mûr, ce qui s'opère par l'exécation ou la réalisation : Concupiscentia cùm coneeperit, parit peceatum. (Jac. ch. I, "f. 15.) Le moment le plus important est celui où la volonté se laisse pénétrer par le principe externe, acquiesce à sa stimulation, reçoit sa vie et contracte alliance avec lui. La fécondation est à ce prix ^ car si la volonté se ferme à l'esprit qui veut Toccuper» si elle n'en reçoit pas l'action , elle ne concevra pas sous son influence et ne produira rien qui lui ressemble. Là se trouve l'acte de liberté, le oui ou le non qui ouvre ou qui ferme le coeur. L'un on l'autre une fois posé, les eonsé-