‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 97 sur 199 · PARTIE THBOBIQUI. -*• QHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE THBOBIQUI. -*• QHAP. III

natorel fâcheux n'est pas uh yioe, mais nue préparation à le oontraeter. Il fant que ees prédispositions , ou ces puissances de la vertu ou du vice, se réalisent dans la eondoite. Une bonne action , quelques bonnes œuvres ne oonstitaent pas la vertu; une faute, un crime , plusieurs délits De forment pas un vice. La vertu et le vice sont des produits de la liberté, choisissant le plus souvent le bien on le mal, tel bien ou tel mal, et ainsi acquérant, par le fréquent renouvellement de certains actes, plus de spontanéité pour s'y laisser aller , plus de facilité à les commettre , plus de force et d'aptitude pour les eié^ enter ; c'est, pour ainsi dire , le talent dans le bien ou dans le mal. L'influence de T habitude est heureuse ou malhemreuse suivant la nature de laete répété, suivant Fesprit qui domine la volonté , et dont elle consent à être l'instrament. Bien de plus utile que les bonnes habitu<> des, surtout celles qui ont été formées dans l'enfance ; car plus elles sont longues, plus elles ont d'empire et d'en* trainement. Elles deviennent une seconde nature. Par elles nous comprenons cette heureuse nécessité du bien , ob se trouvent les créatures plus avancées que nous, qui, ayant soutenu victorieusement l'épreuve de leur hberté et fixées immuablement dans le bien par leur choix , ne peuvent plus même avoir la pensée ni le désir du mal ; état de calme et de félicité inamissible, auquel nous aspirons ici -bas au milieu des vicissitudes de la vie, et que nous pouvons conquérir par une lutte incessante contre le mal. L'habitude est sur la terre le sceau de la probité , de la fidélité, de la vertu , elle est quelque chose d'intermédiaire entre le temps et l'éternité, le passage de l'un

à l'antre. Malhearensement elle a la même force pour le mal. Elle rétablit , le consolide et le rend presque indestructible. Elle immobilise dans le vice, et les tristes exemples , que le monde présente trop souTcnt , d'hommes devenus incorrigibles par Thabitude du désordre , nous aident à concevoir cette fixité dans le mal où sont tombés les êtres qui ont le plus abusé des dons de Dieu à Torigine ; et ceux qui , se joignant à eux sur la terre et participant à leur révolte, rendent inutiles tous les moyens de la grâce , et s*ôtent , par Tendurcissement et l'obstination de leur volonté , la possibilité de sortir du mal et du malheur.

Enfin, Faboutissant dernier de Fexercice de la liberté dans ses rapports avec la loi , le produit extrême où se retrouve tout ce qu'elle a posé , c'est la mara" Uté ou Yimmorciiiji de l'agent, en prenant ces mots dans leur acception la plus lai^, pour désigner l'état moral de la personne humaine. Un homme moral est celui qui vit habituellement dans l'obéissance à la loi, et qui est devenu capable, par un long exercice de la justice et une pratique constante du bien, de préférer son devoir à son intérêt, de sacrifier l'agréable et même l'utile à l'équité et à la charité. La moralité dans une personne suppose qu'elle est adonnée au bien plus qu'au mal , et que le principe dominant de sa conduite n'est pas dans son naturel , dans ses penchants , ses goûts , ses affections, ses sympathies, ses antipathies; mais dans sa conscience , cherchant avant tout ce qui est juste , et voulant l'accomplir. L'homme moral veut d'abord sauver sa conscience, et mettre sa responsabilité à couvert ;

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