‹ Philosophie morale (volume 2)Chapitre 98 sur 199 · PARTIE THEORIQUE. — GHA.P. III · texte numérisé non relu

PARTIE THEORIQUE. — GHA.P. III

la loi est la raison dernière de ses actes. La moralité prend plosiears formes , en raison des dispositions naturelles et des caractères. Chez les uns, elle est plus stricte, et vise surtout à la rigoureuse équité. Elle tient fermement au droit, et en réclame Texacte observation ; c'est une vertu estimable, mais un peu raide. Chez d'autres, elle est plus humaine ou plus indu^ente ; la bonté du cœur y a plus de part ; il ne lui suffit pas de rendre à chacun ce qui lui est dû , et de ne nuire à personoe ; elle éprouve encore le besoin d'aider les autres , de leur rendre service , de se dévouer pour eux ; ce qui produit ces vertus actives et bienfaisantes, si nécessaires à la conservation et au développement de la société , et d'où naît le charme principal du commerce des hommes. La plus haute et la plus pure moralité est dans l'amour, qui outrepasse la loi, et accomplit par charité ce que réclame la justice. Dans tous les cas , il n'y a point de moralité sans justice ; l'équité est le commencement de la vertu , comme la charité en est la consommation. C'est pourquoi Jésus -Christ demande au jeune homme qui veut être parfait , s'il a d'abord accompli la loi et les devoirs qu'elle impose.

Être immoral, c'est désobéir habituellement à la loi, et subordonner le devoir à sa volonté propre, à son moi, faisant de son intérêt ou de son plaisir le principe directeur de sa conduite. Alors l'individu se substitue à la justice, qui est l'iutérêt de tous, et veut se satisfaire à tout prix et par tous les moyens. Dans ce cas , les penchants, les inclinations , les goûts, les appétits, l'empor* lent sur la conscience et étouffent sa voix. La volonté est

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abandonnée à leur entratn^neiit ; Vhomnie agit eomme ranimai , par l'impulsion da besoin, du AéAt dn moment , quand il est faible ; et g*il est fort de pensée et de Tolonté j il abuse de son intelligenoe et de sa liberté ; il tourne eontre la loi , eontre le bien, les hautes facultés qui lui ont été données pour les connaître et les servir. Le degré le plus profond de l'immoralité est Tégoïsme , prêt à tout sacrifier à l'intérêt personnel , et se préférant à tout. L'orgueil de la créature, qui renie toute supériorité et veut se rendre, non*senlem^t semblable à Dieu , mais Dieu même , en est l'expression craiplète et la plus insensée. C'est le crime de l'ange tombé, c'est la faute du premier homme ; c'est la source du mal et de tous les maux qui sont dans le monde. C'est pourquoi l'humilité, par la soumission de l'esprit dans la foi, par celle de la volonté dans l'obéissance, est le remède souverain de tous les crimes , de toutes les douleurs , et par conséquent la condition nécessaire et le point de départ de la véritable vertu. Le christianisme seul enseigne cette vérité , et lui seul aussi a la puissance de relever, de guérir et d'améliorer les hommes. Il y a diverses formes d'immoralité , suivant les caractères et les penchants. On devient immoral par avarice, par ambition , par envie , par sensualité ; il y a autant de sortes d'immoraUté que de vices. Toutes ont cela de commun , que la liberté est habituellement donnée au mal ; et ainsi dans tous les cas où il s'i^it de choisir entre la loi et le moi, il est probable que la justice sera sacrifiée. L* immoralité prend quelquefois les apparences de l'équité, de la bienfaisance et même de la charité. C'est un arrangement adroit , une

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maiiiitiatiion ^nB on moins hubile pour arriver à ses ûM ; maiB l'iutnitioa est mauTaise au fond , et oea beanx setnUantsde la verta^ qu'elle affecte, sont un I^ége.

L'homme ne vit vraiment de la vie humaine qu'en raison de sa fidélité à la loi morale ; mieux il observe cette loi , plus sou existence se développe et s'affermit : plus il est dans l'ordre ^ plus aussi il est fort et heureux. En coopérant à Taccomplissement de la justice, partout où il se trouve, il travaille non-seulement à son propre perfectionnement et à son bonheuri mais encore au bien-être de tous ceux qui sont en rapport prochain ou éloigné avec lui. L'usage légitime de la liberté de l'individu contribue au maintien et au triomphe de l'ordre dans le monde, comme l'abus de la liberté augmente la masse du mal et entrave le mouvement progressif de l'humanité.

L'homme n'est réellement homme que par Texercice de la liberté; en elle se déploient toutes nos facultés ia^ tellectuelles et morales, en sorte qu elle est comme un résumé de Thomme entier. Aussi n'a-t*il toute la valeur, toute la dignité de sa nature que s'il agit libreïnent, comme individu ou comme peuple ; et agir librement ou jouir de la liberté , c'est avoir le pouvoir d'accepter 00 de rafoser la loi qui doit le régir, après avoir jugé

mal , sachant se renoncer elle-même poar le triomphe de la volonté diidne ! Quand il y a beaucoup de justes et de saints dans le monde, le royaume de Dieu est proche; Faction de Dieu est plus vive, plus efficace, plus évidente dans les choses du sièele, et 1* effusion abondante de son esprit féconde la terre, qui enfante alors des merveilles. En ces tempfihlà une grande imipuMon est donnée à rhumanité) et die fait on pas en avant dans la voie de son perfectionnement.

FIfï DE LA PARTIE THEORIQUE

MORALE

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