PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV
énergiques et les plus durables. Combien d'hommes négligeraient le travail et se corrompraient dans Toisiveté s'ils n avaient point de femme ni d'enfants ; car il faut travailler pour leur trouver le pain du jour , ou satis* faire aux besoins plus relevés de l'éducation et de rinstruction , ou enfin leur donner dans le monde une position convenable 9 en rapport avec leur condition et leur développement. Un grand avantage du mariage et de la famille , c'est que Tindividu , après avoir vécu pour lui , dès qu'il a des enfants , commence à vivre pour les autres 9 et cela avec plus de zèle et plus d'intérêt qu'il n'en a mis prudemment à faire son cUemin ou sa fortune. Là brille le mérite paternel ; c'est le plus beau côté du père ; il s'intéresse plus à l'avancement de ses enfants qu'au sien propre , et sa pensée se porte continuellement sur le développement, la gloire et la perpétuité de sa famille. Chose singulière , par le contraste qu'elle produit, et qui est cependant tout-à-fait conforme à la nature ! L'amour du père et celui de la mère ont deux tendances opposées. La m^ voudrait tout absorber , tout porter en elle, et, comme la sarigue, elle reprendrait volontiers ses enfants dans son sein, si elle le pouvait. Le père au contraire voudrait toujours étendre , développer , et ce qu'il aime le plus, c'est de se reproduire au dehors par la multiplication de sa race , de progrédier dans le temps, par la suite des générations.Uuc vieillesse honorable , au milieu de ses enfants et de ses petits-enfants bien établis et perpétuant sur la terre sa vie et sou nom , voilà l'idéal du père de famille. L'orgueil et l'ambition entrent pour beaucoup daps le sentiment de
la pi^rnité ; c'est pourquoi il est heureux que l'éléinent moral y domine, et que la conseieuoe du de?oir et de la responsabilité qu'elle impose, tempère, régularise et sanctifie Finstinct naturel.
L'amour filial a aussi son principe dans le sang. C'est d'abord une sympathie toute naturelle qui unit le produit aux termes producteurs, comme l'effet à la cause , la conséquence au principe. Puis, il y 21 une réaction instinctive de Tenfant vers l'amour qui le nourrit, le soigne et le caresse. Dans le régne animal les petits restent attachés aux parents, tant qu'ils ont besoin de leurs secours. Ils les quittent et les oublient , dés qu'ils peuvent s'en passer. Chez l'homme, à rattachement instinctif se joint la conscience du devoir et le sentiment de la reconnaissance^ qui relèvent, fortifient et perpétuent l'affection. Plus l'autorité des parents est sage, désintéressée, respectable, plus elle excite de gratitude et d'amour. En général l'affection des enfants est moins tendre , moins vive , moins absorbante que celle des parents , et cela doit être , parce que le mouvement de la vie l>ousse toujours en avant.
U rapport des enfants aux parents n*est pas le même que celui des parents aux enfants; car les deux t^mes