PARTIE PSTGHOfiOGIQUE. — CHAP. IV
ment de la justice et la cooscience de l'équité paraissent déjà à un certain degré ; car plusieurs êtres humains ne peuvent vivre ensemble sans que la justice soit au milieu d*eux : cependant c'est dans la société civile et par son excitation continuelle et multipliée que les obligations morales se déterminent nettement, régulièrement, et prennent, avec le caractère inviolable qui leur appartient, l'extension et l'influence quelles doivent avoir. La chair et le sang , par conséquent le caprice et l'arbitraire, ont toujours une grande part dans le gouvernement des familles; tout va par l'autorité et par laffection paternelles, choses tsacrées et pures à leur source, mais trop mixtes et trop variables par leurs moyens et dans leur application , pour que la justice distributive soit exactement observée. L'état politique étant fondé en droit sur l'association libre des volontés et dans Tunique but du bien commun , ce qui n'implique nullement la nécessité d'un contrat explicite, il est de l'essence de l'institution civile de balancer exactement le moi par le non-moi, Tamoar de soi par l'amour des autres ; ce qui donne la vraie légalité ou l'expression sociale de la justice.
Le moi se pose plus fortement au sein de la société, à cause de l'opposition fréquente qu'il rencontre, et par la comparaison qu'il est continuellement porté à établir entre lui et les autres. £n outre, comme il est pour sa part dans l'association , il doit y trouver son avantage en coneoarant à celui de ses co-associés ; car la fin de la société est le bien de tous, composé du bien de chacun. L'individu doit subsister comme homme; mais comme père de famille , il faut qu'il fasse subsister en outre ceux qui I. 17
(l(^|>oiKlcnt de lui et qui en attendent leur conservation. Il y a donc pour chaque membre de l'état on intérêt propre , légitime , qui ressort du besoin même de sa vie, et il ne peut vivre en société qu'à la condition de la satisfaction convenable de ce besoin. Les sentiments et les désirs qui en naissent sont donc légitimes aussi , quand ils ne dépassent point la mesure du besoin, et ne blessent point le droit d'autmi. Une certaine proportion en constitue la justice, et ici Fimmoralité ou le vice vient de lexcès. Si le moi dominait sans partage, renfermant chaque homme en Ini-mème, il empêcherait la formation de la société. Mats s'il n y avait pas de moi, elle ne $e formerait pas davantage, puisqu'il n'y aurait aucune fonre d'aggràeation entre ks individiis. Le moi <«t neecssiairv^ il fait la baese de la peismiie, et il est îiHr\lemùiiat4e comme die. 11 barrit à Texistenoe présente a>i^v liaie qu il curaeterise. qa'il individualise, puisque cK^Hin devant rvpondnc^ de c^ qn'il a fait et recevoir eu rfti^Hi ^ sifs oruTK^. li tant bien qu'il subsiste le tti^t>e |v«r I< jo<ir de U retnba:ioo. Nous resterons <ii%^)iK< v*^i»$ IV^^rr::e. <oc: p^xir sa nKompense, soit pour \' v'^ràttatt^rr.: iV ^ïïse 1 t>x«je << >es hrres asoét^es >>fcsc(hr,>«:î ^i'x r\*îxv!!or\a!irat i >»?<-mèuie et de Fabné- ^rwi^ À: «v*i . siïecc^w J« nfr^ietauaeaKnt , à Té- ;^«r^rce lÀr jji ^viVo^^; . ^it oxa Àancher le hîen son- ^cr* t .V riWïT^rttv^ io: iaea ?iirciniSi£r et s'attadier 1 l\v«: . jt sjt ^VfcCe V rt â "ii ^«TQtf. MK i^'au sens privé ^< i : x>or»î ?«vcà"v ie "il vTMciEï^ Cmdl qui ont re- ?iw>v JK( v^im^Cittiûsatif itf ieirvR «a descnt né*
soas prétexte de la perfectionner, nont compris ni rhomme ni le Christianisme. Abnégation du moi ne vent pas dire destruction du moi , mais sacrifice de sa pensée à une pensée plus haute, de son désir à une volonté supérieure ; c'est le dévouement à ce qui est vrai , à ce qui est bien , c'est-à-dire à ce par quoi tous les êtres sont et subsistent, en sorte que l'hunâUté et la charité sont encore, en définitive, les moyens les plus fonciers de la conservation et du bien-être. La doctrine chrétienne détruit si peu la personnalité, qu'elle la reconnaît même au sein de Dieu, par le premier de ses dogmes , et par là elle a sauvé le monde et la science du panthéisme, comme en déclarant la personnalité humaine inaliénable et impérissable, elle adonné à la liberté politique son vrai principe, et à la réparation de la justice dans un antre monde sou gage le plus sûr. Ce que la doctrine chrétienne réprouve, c'est la tendance excessive du moi à se satisfaire, c'est l'amour de soi-même aux dépens des autres, c'est le sacrifice des autres à soi. Elle aime, provoque et encourage par tous les moyens le renoncement à l'intérêt propre , même le plus légitime , aux droits les mieux reconnus, dans la vue d'un bien plus général et pour l'amour de tous. Elle tâche de substituer dans le cœur humain la charité à l'égoïsme , Dieu à l'individu; elle met la miséricorde au-dessus de la justice , et préfère l'amour qui se donne à l'équité qui réclame.
Légoisme est cette exaltation du moi en lui-même, par laquelle il se constitue à la fois le principe et la fin de son existence. L'égoïste n'aime que lui ou s* aime pardessus tout, rapportant tout à sa personne et n'estimant
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les choses que par ce qa*elles lui valent. C'est Texi^ém* tioo de riostinct natarel qai nous p(»te à vettlCT ftlMlre conservation , à rechercher on à fuir ce qui nons est uffle on nnisible. Il a donc sa racine dans notîre natiM.-Il y a dans tout homme nn égoîsme natarel, frâit de la nature physique qui se développe en lui d'abord. Jïenfantvit sons rimpnlsion des besoins du corps, appelant bien et mal ce qui le fait jouir ou Mmffrir. H veut avoir ce qui lui platt, et slrrite de la rMÉftanse A son désir. Il ne connaît que son avantage^ et ne' voit queison besoin à satisfaire; il fera tout, sHIIepeàf, même le malheur des antres, pour se conteniez! 'Fàutil en conclure qu*il naît méchant? non; aans doute, car il n*j a point de méchanceté là où n'ialerviemieDt point r intelligence et la hberté. Il obéit 8iBi]^enK»it à la loi de la nature physique , qui le domine à cet âge. U faut dire qu'il nait animal, avec les instincts et les penchants de ranimalité; ce qui nons conduit h cette autre conséquence , que , Tbomme arrivant en ce monde dans un tel état de désordre et d'ignominie, avec des dispositions si peu dignes de sa haute nature et qu'il devra pendant toute sa vie combattre et réformer, s'il veut devenir ce qu'il doit être , il faut bien qu'il y ait eu une cause à ce désordre , une raison de cette d^radation : et nous voilà ramenés au péché originel, à ce dogme mystérieux qu'on retrouve au bout de toutes choses sur la terre , et sans lequel rien n'est explicable ni dans le monde , ni dans l'homme.
Cet égoîsme naturel se montre toutes les fms qœ la nature physique a le dessus. Ainsi dans la maladie, noua