‹ Philosophie moraleChapitre 111 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

Le sentiment de la propriété est un des premiers du eœur de l'homme , qui arrive à la couscience du moi. U est la conséquence immédiate de Facte réflexif , par lequel l'individu prend possession de lui-même en se distinguant de ce qui n'est pas lui : Être , être moi , et moi avoir j voilà les trois degrés principaux de la vie psychologique, quand elle arrive à la conscience d'ellemême. C'est pourquoi les verbes être et avoir précèdent et servent à former les autres dans toutes les langues ; au fond de toute manière d'être et d'agir, il y a nécessairement de l'être et de la propriété. La première appropriation de l'homme est celle de sa personne et des différentes parties de son existence, de sa volonté, de son esprit, de son corps ; puis vient celle des choses indispensables à sa subsistance. Gomme il n'a point eu lui, ni de lui-même le principe ni les moyens de sa vie, il est obligé pour vivre de tirer d'ailleurs ce qui lui est nécessaire , et pour cela il faut. qu'il appréhende les choses, qu'il les applique exclusivement à son usage, qu'il les consomme en les détruisant ou en les usant pour les faire servir à la satisfaction de ses besoins, en d'autres termes qu'il se les approprie. Le pouvoir de posséder quelque chose ou le droit de propriété est donc aussi naturel que le mot, que la conscience du moi, que l'existence. Dans la créature il est fondé sur le besoin , contre lequel rien ne peut prescrire. Elle ne peut exister sans avoir quelque chose pour vivre; Y être ne subsiste point sans Vavoir. Mais l'avoir de l'être créé est toujours relatif ; il consiste dans l'usage de la chose ou dans la puissance de l'employer ; il ne porte jamais sur le fond ou la substance. La

2GG PHILOSOPHIE MOUALE.

propriété u'est donc en définitive qae le pouvoir d'iuer, à la condition pour Fètre moral , le seul du reste qui soit vraiment apte à posséder, de rendre compte de Tusage à celui qui le concède. Par l'appropriation le moi se mêle aux choses extérieures, y dépose quelque dioie de sa personne et les marque pour ainsi dire de soo sceau. Plus cette union est intime , et mieux la propriété est fondée. L'appréhension ou la simple occupation d'un objet ne constitue pas le droit , à rigoureusement parler ; elle est seulement le moyen de la prise de possession. Ce qui fait proprement le droit, dans l'ordre natorel c'est le besoin, quand la chose n'a encore étéoccapée par personne, et dans Tordre social le travail, quand l'individu a mis de son moi on du sien dans un objet non appartenant à autrui et pour le tourner à sou usage. I.e travail est le moyen principal de l'appropriation, quand il s'applique sur un fond libre. Il appose Iç sooau do la justice à roccupation première ; car l'équité ^out qu'à chacun reviennent ses oeuvres, et que les ivnsequenoes soient en raison du principe. Celui qai a semo doit recueillir : celui qui a mis son temps, son uuiustrie dans lexploitation de la terre ou dans le ia^vunement de la matière* doit en retirer les produits et les iHMieliot^. Kn outre, par le travail rhomme mt^le sa ^ieà T existence qu'il élabora, et donne noos^nUement îa ^ie de son corp> avec sa sueur et ses torxH^ . nuis Kt ^ ie de M>n àme par son intention , la ^ le de $\Mt (>prit par ridev\ la ^^nsw ou le plan qui pixsuieut ji ;i^Hi viu^rv. Il imprime donc son efUgie ^ur U v^Kvk^ tra^ailkv, cm pluiiH il la pénètre de sa

Page 1