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PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

user^ mais pour les entasser^ les contempler, les palper, et jouir en imagination de leur possession. L'avare est continuellement tourmenté par la crainte de la pauvreté. Il se prive de tout pour ne manquer de rien. Son âme tend à s'unir, à s'identifier avec l'or : là où est son trésor, là est son cœur. L'avarice est la passion la plus insensée ; car elle tourne le moyen contre la fin et s'inquiète plus de l'argent que de la vie. C'est la passion la plus dégradante ; car elle rend l'homme esclave, idolâtre de la matière. Elle étouffe en lui tout sentiment d'humanité, de dignité, toutes les affections naturelles et sociales. Elle dénature son cœur jusqu'à lui ôter l'amour de soi. Cette passion s'accroît avec l'âge; elle est insatiable. Les femmes y sont plus portées que les hommes, les vieillards que les jeunes gens. Les tempéraments lymphatiques et mélancoliques y disposent.

Le désir de la propriété , maintenu dans les limites de la justice, est aussi utile à Vindividu qu'à la société; car d'abord il pousse au travail, vrai moyen d'acquérir, et ensuite, pour conserver et augmenter, il porte à l'épargne et ainsi aux vertus économiques qui règlent et consolident les familles. Si l' épatée va trop loin, ce qui arrive quand la dépense est trop restreinte, elle mène à la parcimonie, qui est elle-même le chemin de l'avance. Quand Fenvie d'acquérir est trop forte, il est bien difficile qu'elle reste dans les bornes de l' équité, et que la conscience

ne soit pas compromise , directement ou indirectement, par les moyens employés. Le désir du gain tourne alors en conToitise du bien d'autrui, et c'est par là qu'arrive b tentation de se l'approprier injustement ou du Tol,noD pas toujours du vol grossier, qui prend par force ou par adresse, mais du yoI rationnel , si Ton peut parler ainsi : on prend alors , soit à F état , soit aux particuliers, andelà de ce qui est dû, en s'arrangeant si bien qu'il n'en paraisse rien au-dehors et que la loi , Tiolée dans son esprit, soit accomplie à la lettre. Ainsi est dilapidée trop souvent la fortune publique. L'avidité du gain qui s'empare d'un peuple est le signe d'une grande corruption de mœurs, et par conséquent une menace de dissolution. Elle prouve que la conscience publique est faussée, et que la foi religieuse qui rattache l'homme à un autre monde par de plus hautes espérances , est étouffée on éteinte. L'ùme humaine tournée uniquement vers la terre ne songe plus qu'à l'exploiter; elle cherche par tous les moyens à en obtenir les biens et principalement la richesse qui les représente et les procure tous : soit pour jouir, c'est-à-dire satisfaire largement ses appétits en se procurant les plaisirs d'une civilisation luxurieuse et raffinée : soit pour faire ligure, par vanité, par ostentation, afin d'acquérir cette espèce de gloire que donne la richesse : soit enfin pour s'élever par l'inlluence qu'exerce l'argent sur les volontés des hommes, et pour les employer en instruments de sa puissance et de ses desseins. Dans tous ces cas le désir d'acquérir, poussé même à l'excès, XïfA point de l'avarice ; car on ne veut avoir quepoardé- . et le plus souvent on est aussi prodigue qu'avide.

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