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PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III

ceux qui sont appelés à diriger leurs semblables, des hommes chefs, destinés au commandement. Ils surgissent ordinairement dans les grandes occasions, quand les autres s'effacent ou se cachent. Ils se trouvent par le fait à la tète des affaires , et chargés de faire face aux événements, qu'ils dominent par leur intelligence et leur volonté. Le courage réfléchi est nécessaire au général, qui, ayant à diriger l'ensemble, doit lavoir sans cesse présent au milieu des détails, et par conséquent rester maître de lui , avec toute la puissance de sa vue et de sa réflexion , en face du plan qu il a dans la tête et des faits qui se passent sous ses yeux , afin de les concilier et de décider sur-le-champ ce qu'il faut faire ou laisser, suivant les Ticissitudes du combat et les chances du moment. La bravoure est chose ordinaire ^ surtout chez les Français, si bien qu'il est honteux d'en manquer. Il y a peu de nos soldats qui ne courent volontiers au plus fort des dangers,, au-devant de la mort. Le courage qui sait se contenir et résister pendant long- temps est plus rare. On compte les grands capitaines capables de conduire une armée avec intelligence et résolution , surtout dans la défaite ou dans la retraite. Il en va de même pour tous les genres de danger. Beaucoup peuvent s'y exposer ou les braver, peu sont en état de les envisager de sangfroid, de les regarder venir, de les attendre et de les vaincre par la prudence, par la patience , quelquefois par r inertie.

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Le courage réQéchi est soutenu par des motifs dont le plus solide^ celui qui donne le plus de force véritable, est le sentiment du devoir, la conscience morale. La passion peut exalter le courage à un haut point, mais alors il est variable comme elle. L'amour de la gloire , l'envie de se distinguer^ le désir de l'avancement ou de faire fortune, sont autant de motifs secondaires, souvent en première ligne dans la pratique. L'exemple a ici une grande influence, surtout sur les masses. Ceux qui ont la force de se mettre en avant entraînent ordinairement les autres. L'habitude du danger y rend moins sensible et presque indifférent ; elle mûrit le courage, qui prend différents noms suivant ses nuances : il s'appelle hras^oure^ valeury fermeté, intrépidité^ audace^ témérité, etc.

Celui qui est courageux par réflexion combat Tinstinctde la conservation qui fuit spontanément le danger, et résiste à rentraiiiement de la sensibilité et de la peor; car tout être vivant a naturellement horreur de ce qui peut diminuer, affaiblir ou détruire son existence. Pour que l'homme s'expose volontairement au péril, il faut qu'un motif plus fort le pousse en avant ou le mainlicunc; il est divisé en lui-même, sous Vinfluencc des

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