‹ Philosophie moraleChapitre 129 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

L'homme^ qui a la conscience de lui-même, se soumet avec peine à son semblable y dont il se sent l'égal par nature^ et il lui en coûte de plier devant un autre^ à moins que celui-ci ne lui commande au nom d'une puissance supérieure qui les domine tous deux. De ce sentiment de la dignité humaine naît le désir de la liberté, une des plus nobles tendances de l'être moral, quand elle est réglée par la loi. Perverti et exalté par la passion, ce désir produit la manie de l'indépendance, la soif de la licence, l'aversion de la loi , la haine de l'autorité, et alors il est aussi contraire au perfectionnement et au bonheur des individus qu'à la consolidation et à la prospérité des peuples.

En acquérant la conscience de son moi, Thomme prend possession de lui. Il commence à gouverner sa personne ; car il sent en lui un principe actif, une force propre, capable de diriger ses actes, et Tinstinct de la créature intelligente et libre, dès qu^elIe a le sentiment de son intelligence et de sa liberté , est de les appliquer à la direction de son existence , et de se soustraire à toute domination étrangère. Mais les êtres libres, comme les autres êtres , sont soumis à des lois dans leur développement. Ij*être physique suit sa loi sans la connaître, et sans pouvoir l'enfreindre. L'être moral Fobserve aussi de cette

manière, tant qa'il Fignore, et avant qœ sa liberté n*ait passé de puissance en acte. Mais dès que la loi loi est révélée y il en sent Feffet et robligation , et il est porté à 8*7 sonmettre, comme à la condition de sa vie et de son boobenr. Connaissant la loi, Tagent moral a le devoir d'employer son intelligence et sa volonté à la réaliser; car l'intelligence et la volonté, caractères essentiels de sa p^ sonnalité , ne lui ont été donnés qu'à cette fin; mais il a aussi le droit de n'obéir qu'à sa loi et par conséqueut i ceux qui en sont pour lui les représentants et les instruments. La dignité de la personne morale ressort de Taocomplissement de ce devoir et du maintien de ce droit, et fl n'y a pour elle de vraie liberté qu'à la conditioB d'observer la loi, et de ne se soumettre qa à elle. Or h loi de cbaque être dérive toujours de son rapport avec un terme supérieur, elle est à tous les degrés T expression de la hiérarchie des existences, qui assigne à chacune son rang, sa valeur et sa poissance. Cest pourquoi l'bomme ne peut point imposer la loi à Thomme; car ils sont égaux en nature, et aucun, de lui-même et par loi, n'a le droit et le pouvoir de s élever au-dessus des autres. La volonté de mon semblable n*est point loi pour la mienne, puisque, aussi bien que lui. j'ai le droit de penser, de vouloir, d'agir, et je réponds de mes actes. Nous avons le même juge, parce que nous avons la même kn. De ce grand principe de Tégalité des hommes devant Dîen , proclamé par T Evangile, est sortie Tégalité des citoyens devant la loi civile, docme fondamental de la vraie liberté politique, ignorée des anciass. et dont nous cherchons aujourd kui la veritd>le organisation. L'amonce de cette

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