‹ Philosophie moraleChapitre 132 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE^ — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE^ — CHAP. IV

de r intérêt commwi^ La vie civile n'est qu'une suite de cofiiieessionft et de pnvations; il faut abandonner beau* CMipdesa liberté pour en assurer le reste. L'indépendance est une chimère pour k créature , elle n'appartient qu'à Celui qui n'a besoin de personne. Les hommes dépen^ dent de leur Auteur, et ils dépendent les uns des autres , et plu» ils sont rapprochés, plus leurs rapports sont multipliai, plus aussi leur dépendance réciproque s'augmente et se complique. Celui-là donc qui veut l'indépendance , ou n'<d)âr à personne, doit s'exiler de la société et renœicer à la civilisation* Cette manie d'indépendance , qu'cm remarque chez tant d'hommes de notre époque , surtout yacmi la jeunesse, est une conséquence du manque ou de i'obsewcissement de la foi religieuse. Quand on ne reooonait pers^mne au-dessus de soi , quand on nie Dieu ou qu'on l'oublie, on a raison de ne plus admettre de loi, puisque la loi vient de Dieu, et que, s'il n'y a point de Dieu dans l'univers , il ne doit plus y avoir d'autorité dans la sodété. Dans cette hypothèse il n'y a plus ni droit, ni pouvoir légitime , et on a raison de nier l'un et l'autre partout où on les rencontre. Il ne reste qu'une chose, le fait; et le fait pour chacun , c'est lui d'abord , et les antres pour lui. Les moi sont donc posés les uns en face des autres, non pour s'unir mais pour se combattre : la force en décidera. Bien de plus malheureux sur la terre que les hommes engoués de ces tristes doctrines et dont le cœur aveugle est exalté par la passiion de l'indépendance , qu'ils oonfondent avec la lib^té. Ils ne rêvent que destructîoii de l'ordre établi, renversement des lois; ils tournent en ridicule les traditions les plus respectables , les croyan-

oes les plus saiotes, ils sapent tooles les inslitiitions conservatrices de la société ; ils appellent de leurs tqbox , excitent par leor infloenee la liemce et le désordre. lasensés, qui s*adianient à détruire ks dignes qui les préservent, et qni triomphant et battent des maiiis quand la mer s*élance par la brèche, pour englootir le pays ! Ce vice presque incurable, car il résiste aux exp^ioieesles plus terribles, est dû surtout à l'imperfection de la première éducation. La génération qui vieillit maintenant en France en a été profondément affectée, gUée. liée versh fin du dernier siècle, elle a grandi sans parole reUgieuse, presque sans instruction morale et littéraire, ne connaissant ni loi, ni disdidine, ni firein, et destituée, ao miUeu des agitations révdntîonnaires^de tous les moyens civilisateurs des temps <»dinaiies. Les hommes se sont élevés dans le désordre^ et leur vcdonté a*est habituée à n obéir qu'à elle-même, ou à ne céder qu*à la nécessité ph vsique , à la fatalité. Aussi il a fallu les asservir pour les gouTemer; ceux qui ne voulaient pas de la loi de Dieu se sont soumis à la parole d'un homme, et leurs efforts, leurs excès, leur exaltation, ont abouti à la perte de leur liberté, au sacrifice de leur dignité.

L^homme qui n aime pas à ètr? dominé par son semblable est cepeDdant natarellement porté à lui commander. Le n>oi , qui repousse rautoritë, tend à s impi^wr aux autres pour augmenter h sphère de 5JOH aeiiviie et e« fiiin? des iRStniments de sa vo-

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