‹ Philosophie moraleChapitre 133 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

lonté^ de sa pensée. De là le désir du pouifoir^ qui se montre déjà dans l'enfant au berceau : maintenu dans les bornes de la justice^ ce désir est un des mobiles les plus nobles et les plus efficaces de la volonté, surtout dans les âmes fortes , capables de prendre de l'ascendant sur les autres. Poussé à l'excès 9 il produit X ambition y passion ardente et insatiable y qui exalte , aveugle le cœur de Thomme et le pousse à sacrifier à son élévation la justice, la vérité et l'humanité.

Dès que l'être vivant acquiert le sentiment de sa force , il est poussé à l'exercer. Chez ranimai, l'usage en est déterminé par ses besoins. Dans l'homme , il y a une tendance incessante à augmenter sa force, parce qu'il a des besoins de l'esprit et de Tâme qui ne connaissent point de bornes, et que l'instinct psychique le pousse sans cesse à agrandir la sphère de son être , pour se rapprocher de son Principe. Le désir du pouvoir est donc implanté au cœur de l'homme par deux racines , par la racine primitive de son être , fait à l'image de Dieu et pour Dieu , ce qui lui imprime un mouvement de progression vers sa fin; par la racine secondaire du péché originel , qui d'un côté le porte à s'exalter dans son orgueil, et de l'autre excite en lui une tendance à recouvrer la liberté et la puissance qu'il a perdues. C'est pourquoi tous les hommes aiment la puissance , sous une forme ou sous une antre. Chacun cherche à prendre empire sur la nature on »ar son semblable, à se créer une sphère d'activité , qu'il I. 21

d'obstacle ^ il asservira biet^tôt tous ceux qui rapprochent ; ses parents et ses maîtres deviendront ses seniteurs. Son plus grand bonheur sera de les mettre enmoiivement , afin de sentir Feffet de sa puissance et de reconnaître la portée de sa volonté. Il se complaira à mettre tout en désordre autoyr de lui , à déranger ce qui a été ordonné par d'autres, à détruire ou à gâter ce qui leur appartient , et il jouira de leurs inquiétudes et de leurs peines, non par méchanceté, mais parce qu'elles lui montrent ce qu'il peut et lui donnent la conseience plus vive de sa force. Telle est la cause la plus fréquente dfis fautes des enfants et de leurs désordres. Le vrai moyen de régler ce désir naturel et de le tourner à bien^ c'est de leur en faire porter les conséquences, toutes les fois qa il est désordonné, soit par une punition analogue au délit et iufligée à propos , soit , ce qui vaut mieux encore, en laissant retomber sur eux les suites pénibles de leurs actes, aiin que rexpérienee leur apprenne ce que peut coûter uu caprice. Ici se montre un des principaux avantages de Téducation publique. L'enfant élevé au milieu de sa famille apprend diflicilement à connaître et à respecter la r^gle, que la tendresse de ses parents, T obséquiosité des servitcui^s font fléchir à chaque instant et ivudent presque inutile. Tout converge vers lui dans la maisini |KUerucIU\ et il s habitue à croire qu'il est audessus de tout et que tout est pour lui. Il eu va autrement s il est phuv au milieu de la foule et sous une loi ivmmuuc. H ne {Kut se remuer sans rencontrer un olv^taclc; la volonté de si>u semblable est partout devant 4a sienne, et, dans leur tvUisiou inévitable, elles se limi-

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