‹ Philosophie moraleChapitre 135 sur 224 · PARTI£ PSYCHOLOGIQUE. — GHAP^ IV · texte numérisé non relu

PARTI£ PSYCHOLOGIQUE. — GHAP^ IV

Tégittsme transcendental. . Les grands conquérants du pag^anîsme se sont fait dresser desL aatels ; les rcns de rOrient étaient traités par leurs sujets comme des dieux^ et les empereurs romains, dans renivrement de leur puissance, avaient fini par se croire plus que des hommes. L*ambitiott des princes a trop souvent désolé la. terre, bouleversé les nations, ensanglanté le monde. Louis XIV fit payer cher à la France son siècle de grandeur; l'humiliation la plus extrême suivit la plus violente exaltation; jamiais la France ne fut plus abaissée qu'après la gloire du grand roi. Les conquêtes de Napoléon ont fini par nous rendre la proie de l'Europe; chacun des peuples dépouillés est venu reprendre avec ses drapeaux sa part de conquête et de butin , et le grand homme , malgré tout son génie, a laissé la France plus petite qu'il ne l'avait trouvée. L'ambition a toujours des suites déplorables; elle endurcit le cœur et le dessèche; elle le vide de toute affection tendre et sympathique, du respect die Dieu et des hommes. Dans son orgueil, l'ambitieux se met à la place de Dieu, ou du moins il s'imagine être un instrument particulier de la Providence pour l'accomplissement de ses desseins. C'est pourquoi il prend et impose ce qu'il veut, pour la volonté de Dieu même; il se r^arde comme un être à part, au-dessus des lois ordinaires de la justice et du bien ; il méprise ses sébiblables , parce qu'il voit en eux des instruments de ses projets et comme les marchepieds de son élévation ; il se croit tout permis à leur égard, pourvu qu'il domine. L'ambitieux est capable de tout pour se satisfaire ; à ses yeux la fin justifie les moyens, et le crime qui Toxalte de-

Yieot une grande action. C'est par cette passion que le prince du mal a tenté le premier homme : « Ta deTiendras semblable à Dieu, lui a-t-il dit; comme lui tu régneras, et tu ne mourras point ; » et Satan lui-même est tombé par le désir détre égal à Dieu et de monter à sa place. Il faut qu il y ait dans la puissance une sorte de fascination, puisqu'on peut lui sacrifier justice, mérité, reconnaissance, amour, piété, tout ce qu'il y a de doux et de sacré dans le cœur, et qu'en général ceux qui Font une fois goûtée ne peuvent s'en rassasier, et la regrettent presque toujours après l'avoir perdue.

C'est une grande calamité pour une époque, quand l'ambition y devient générale. C'est le signe avant-coureur de la dissolution ; car la société ne subsistant que par Tordre, et l'ordre demandant une hiérarchie, il ny a plus d* obéissance possible là où tout le monde aspire à commauder. Alors personne ne veut plus rester à sa place; chacun désire monter, et l'agitation règne à tous les dt^grés de la société. Tel est notre état présent. De l'avanwment, voilà le cri de notice époque, et c'est ce qu'on appelle aimer le progivsî Ou veut avancer, pour avoir plus d'argent, plus de pouvoir, et on veut l'un et l'autre pour jouir. Tous veulent s'élever, paraître, briller j on s'elouce avec ardeur^ iiiais on s'claiice dans le vide pour ivtomber dans rabime. Ainsi s'expliquent les catastrophes et les grands niét\>mptes de notre siècle, où la plupart des hommes, détournes de Dieu et ne le conuaisisàut plus, sont devenus idolâtres et ne voient plus de fin à leur \ie qu'eu\-mème$. Ils se mettent aussi à la plact* de Duu. vouUut èUe pukssiuts et immortels

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