PARTIE P^YeHOLOGIQUE. — CHAP. IV
Il peut s abaisser jusqu'à la petitesse, par la ruse et la dissimulation, pour abuser. Vopimon en sa faveur, et. aucun sacrifice ne lui coûte pour procurer à son amour propre la louange dont il est si friand. Moios le côté par où il veut briller est considérable, moins la qualité à, laquelle il préleud est profonde, plus aussi sa, vanité est mesquine, inquiète, tracassière; plus elle s'exalte et s agite pour paraître quelque chose, et se donner de Timpoi^tance. Telle la vanité de la femme vulgaire , qui met sa gloire dans ses agréments extérieurs, ou dans, ce qui sert à les relever; c est la plus nisûse et la plus exigeante des vanités. Telle la vanité de lar-liste sans génie , du demi-savant , du praticien étroit et routinier, et en général de tous les hommes médiocres qui aspirent à la célébrité.
Du sentiment de notre force ^ de Tamour propre et de l'amour de la gloire naît le désir de la supériorité ou Tenvie de surpasser ceux avec lesquels nous sommes en concurrence : on l'appelle émula^ lion. L'émulation est un des meilleurs moyens pour vaincre la paresse et la légèreté de Tenfant, pour le détacher des appétits grossiers et le tourner vers les choses morales. C'est, dans Téduca don publique^ le ressort principal de Tétude et de la discipline,. et dans la société, où tout est concurrence, Jestimu-! lant le plus actif du progrès. Mais l'usage exagéré.
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die ee moyen est. dangereux y d^im côté en exaUaDt> l'individu par le succès, de Vaulre en- l'excitent contre ses rivaux , au point de leur vouloir du mal s'ils le surpassent et de chercher à les rabaisser pour les mettre à sou niveau ou au-dessous de lut. Dans ce dernier cas l'émulation devient enpie.
L^émulation est un fait compleie , qui présente des naances diverses suivant l'élément qui y domine. Le plus instinctif de ces éléments est le sentiment de la force, qui tend à se déployer, sentiment qui s'exaspère par rep^ position , en sorte qne k force n*a jamais plus d'intensité que dans la lutte. Les animaux eux-mêmes sont capables de cet élan. Les chevaux lancés à la course s'animent par la concurrence , et les chiens cherchent à se surpasser à la chasse. Le sentiment de la force est essentiel à Témulation. La faiblesse ne songe point à jouter, il faut une certaine exaltation de la vie pour s'y hasarder : c'est dqà une preuve de force que l'envie de surpasser les autres.
L^amour propre est le second élément. Tout homme jouit dans rexercicede sa puissance; il s'en exalte plus* ou moins, et s'estime à proportion. S an contraire il voit faire à d'autres plus qu'il ne peut, s'il se sent en arrî&ne, il souffre dans sa propre opinion ; il est rabaissé à ses veux , ee qui l'excite vivement à la lutte. Dans ce cas r amour propre peut avoir d'heureux dïels , quand il est bien [dacé. Le grand art de ceux qui gouv^nent est de prendre les liommes par ce côté , et de leur foire ae-