‹ Philosophie moraleChapitre 142 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOG IQDE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOG IQDE. — CHAP. IV

notre existence, irréductibles et se mêlant dans la pratique de la vie, sans jamais se confondre. En vain a-t-on prétendu expliquer tous les faits moraux par l'amour de soi ; la sympathie ne sera jamais un retour sur soi-même , ni le résultat d'un calcul! En Tain a-t-on voulu les ramener tous à la sympathie ; le moi proteste ; il est indestructible et r intérêt propre, bien entendu, a aussi sa légitimité. Il faut les laisser subsister ensemble , comme les deax racines de nos affections; car elles sortent du caractère générique et du caractère individuel de chaque homme. Gomme individu, je suis moi, distinct de tout antre être , centre de mon existence , foyer de ma personnalité, me sentant et sentant en moi ce qui me tbncfae, et devant me constituer et m' affirmer dans cette position pour maintenir ma personne et conserver mon individualité. De là le sentiment, la conscience et l'amour du moi. Mais comme homme j'appartiens à l'humanité; partie du genre ou membre de la grande famille, je ne vis plus seulement en moi et pour moi, individuellement, personnellement; je vis encore dans le tout où je suis compris. J'ai donc en tant qu'homme une existence générale, comme j'ai, en tant qu'individu, une existence propre, et ainsi je ne puis vivre humainement que si je soutiens convenablement tous mes rapports d'homme, soit avec le genre dont je ressors, soit avec, les individus qui le composent. De là les liens indissolubles qui rattachent chaque homme à ses semblables ; liens physiques par la communauté de la nature physique et la similarité d'organisation, depuis les parents et les enfants, le plus étroitement unis par la chair et le sang, jusqu'aux races

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