PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV
La sjmpatbie et la synergie ont leur type parfait dans la musique. Il y a des sons qui ne peuvent résonner ensemble, ni se suivre immédiatement sans déchirer Toreille. D'autres au contraire se mêlent, s'embrassent, se fondent et s'attirent réciproquement, ce qui donne un ensemble harmonique, un accord ou une succession mélodieuse , un chant. Là aussi il y a des sympathies par contraste et des accords par dissonance, exprimant des mouvements brusques, précipités, tout acte angoisseux de la vie qui entre en lutte contre l'ordre, ou fait effort pour y rentrer.
La sympathie humaine est un fait complexe^ comme riiomme qui en est a la fois le sujet et l'objet. On y distingue trois éléments principaux : 1 ^ une émotion agréable produite par la présence ou le souvenir d'une personne^ émotion qui fîxiste même dans la sympathie douloureuse; car il y a du plaisir à souffrir avec ce qu'on aime ; 2° une tendance spontanée à s'unir à l'objet sympathique, mouvement primitif de l'amour, racine de rattachement; 3^ le désir du bien-être de la personne aimée, affection bienveillante^ terme et complément de la sympathie morale. Toute» les affections bienveillantes sont des nuances et des degrés de. l'amour pour les autres. Nous examinerons les
principales y en commençant par celles où la nature physique a le plus de part.
La personne humaine étant oomposée d*àme, d'esprit et de corps, ces trois termes inteniennent nécessairement dans tout ce qu'elle fait. Ainsi il ne pent ; ai^oir nne sympathie quelconque entre deux hommes, sans que les éléments psychique , intellectuel et organique n'y soieot engagés, mais toujours avec prépondérance de l'un des trois, et c'est ce qui détermine l'espèce et le caractère de la sympathie. On rappelle morale quand la correspondance s'établit surtout entre les Yolontés, qu'une attraction réciproque dispose à agir de concert, à s'aimer. Si le rapport existe principalement entre les esprits, c'est une sympathie intellectuelle; et elle est physique quand elle ressort de lorganisation et du tempérament. Nous reconnaissons qu'une personne nous est sympathique , au sentiment agréahie que produit son influence, de même qu'un objet physique qui nous agrée, affecte doucement les sens. Ce sentiment est l'élément primitif de la sympathie; toutes les affections bienyeUlantes en sortent , comme les désirs naissent du plaisir causé par les objets. On ne peut désirer ni aimer ce qu'on ne connatt pas^ et c^est toujours par la manière dont les personnes et les choses nous affectent, c est-à-dire par l'exiwience de leurs qualités et de leur nature au moyen de la sensibiUlé que cette connaissance commence. Or, si la ct>nnuuuication avec les objets analogues à nos besoins et à nos ^tn^ts e$t douce, plus douce encore doit être