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PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

souffle. Il sera différemment impressionné par ce qu'on lai dira, et sa réaction sera en raison de Fimpression reçae. Ces observations soQt utiles dans le commerce de la Tie, et le discernement qu'elles donnent entre pour beaucoup dans ce qu'on appelle le tact, l'esprit de conduite, ou la manière de traiter avec les hommes.

Puisque le physique a une si grande part dans la pitié, Y Age doit considérablement la modifier. Tout s'use et s'endurcit dans l'organisme qui vieillit, les impressions deviennent moins vives , les réactions s'affaiblissent en (NToportion, et il y a moins d'entraînement naturel. L'âge apaise toutes les passions où le corps a la pi us grande part. Joignez-y les effets d'une longue expérience, qui se laisse moins émouvoir par les choses, à mesure qu'elle les connaît mieux , et qu'elle en prévoit plus sûrement les conséquences. Quand on a beaucoup souffert ou vu beaucoup souffrir, on compatit d'une manière plus calme et moins sensible ; car le propre de l'habitude est d'émousser les impressions et d'aviver les actes. Plus on répète un acte, et mieux on l'exécute; plus une émotion se renouvelle , et moins elle a de force. C'est un avantage pour ceux qui s'adonnent à soulager les souffrances des autres; moins ébranlés par la douleur, qu'ils ont Thabitude de contempler, ils ont plus de liberté pour penser et agir. Il faut môme qu'ils s'endurcissent jusqu'à un certain point, pour devenir aptes à remplir leur office; c'est une qualité de leur état. Que deviendrait le malade devant un médecin qui pâlirait à la vue des symptômes ou des ravages du mal? et quand les chairs d'un membre coupé sont pantelantes , quand le sang coule à flots pa?^

les artères ouvertes et la vie avec le sang, riaseusibilité du chirurgien qui doit lier les artères n'est-elle pas nécessaire au salut du patient ? Siérait-il à un général de tomber en faiblesse à la vue du carnage, ou d'éprouver des attaques de nerfs eu entendant les cris des blessés et des mourants ? Il y a dans la vie des positions et des fonctions où le devoir veut qu'on maîtrise la sensibilité et qu'on subjugue la pitié. Il y a souvent plus d'humanité à frapper justement, qu'à tolérer par faiblesse, on à pardonner par lâcheté. Combien de fois n'est-on pas obligé d'affliger ceux qu'on aime le mieux , et ponr leur véritable intérêt? C'est presque toujours par les contradictions et les souffrances que nous sommes ramenés au bien, et la plupart du temps ce que nous appelons un malheur est pour nous un bienfait. L'éducateur surtout a besoin de s'endurcir aux douleurs des enfants ; car il ne peut les élever et les former sans les faire souffrir.

La partie morale de la pitié vient de l'àme et du rapport des âmes. Elle est spontanée ou réfléchie > ou Tune et l'autre à la fois. Elle est spontanée, par la sympathie native qui unit les âmes humaines en vertu de leur communauté d'origine et de nature. A la spontanéité de la pitié morale s'ajoute le plus souvent une pitié réfléchie, qui la renforce et la justifie. Le sentiment de la justice naturelle ou de l'équité naît dans tous les hommes, comme nous le verrons plus bas , par le balancement de leurs intérêts et de leurs volontés. Doués de la même nature , d'une organisation semblable , et placés clans les mêmes conditions d'existence pour parvenir à un bat

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