PARTIE VaY€H0LOGIQll£. — CHAP. II
point de départ : c*est une vraie polarisation, par laquelle OD centre se reproduit en image de lui-même ; c'est la chaîne d'or dont parle Platon, qui unit les âmes entre elles et les suspend toutes au pied du trône de Jupiter, d'où sort la vie.
Le mouvement moral est donc tout aussi réel que le mouvemeut intellectuel et le mouvement physique. G*est Tactivité de la volonté , distincte de celle de Vesprit et du corps. Ce mouvement dépend à la fois et de l'énergie propre à chaque volonté, en raison de la constitution intime de Vètre auquel elle appartient, et des influences qui la pénètrent, des existences avec lesquelles elle est le plus habituellement en rapport. Une volonté forte met en mouvement tout ce qui Tentoure , donne l'impulsion à tout ce qui la touche , anime tout ce qui est dans sa sphère. Là où se trouvent une sensibilité vive, profonde, une âme ardente, des passions véhémentes, il y aura une grande activité ou au moins beaucoup d'agitation morale, et il en résultera un grand bien ou un grand mal en raison de la direction de cette âme , suivant que par sa liberté elle s'est posée dans une voie bonne ou mauvaise. Mais qu'il en advienne crime ou vertu , que ce soit pour le ciel ou pour l'enfer, il se développe toujours un mouvement immense qui agite les âmes, excite les esprits , pousse les corps et remue le monde.
Ces trois mouvements, partant du fond d'un même principe , peuvent s'harmoniser ou se contrarier dans rhomme. Leur loi est de se mettre d'accord, et dans un accord hiérarchique, le rang de chacun étant naturellement déterminé par son rapport plus ou moins prochain
ÀYec le principe interne de FactiTité humaine, avec Fàme. Quand cette harmonie existe, Tordre et la régularité régnent dans le développement, et c*est pour l'individu une garantie de force et de bonheur. Si elle n'eiiste pas, si les diverses tendances de Tactivité se combattent , le corps étant en lutte avec F esprit , Fesprit s'opposant à la volonté, il y a anarchie dans 1 homme, et au lieu de se perfectionner progressivement par le ralliement de toutes ses forces, par FévoLution harmouique de ses facultés, il B*affaiblit, s* épuise dans une lutte intestine , qui le livre •ans force aux attaques du dehors.
Dans Fétat normal de Fhumanité Fesprit doit gouverner le corps, et la volonté diriger Fesprit, en sorte que Findividn , pose en personne morale et agissant avec conscience et liberté, soit maître de lui, de ses actes, de ses actions, ^i possède son dme dans la patience, suivant l'expression profonde de FEvangile. L'homme ne peut arriver à cet état que par une longue éducation et avec beaucoup d'efforts et de travail sur lui-même, le corps tendant toujours à échapper à la discipline de l'esprit, et Fesprit étant souvent rebelle au commandement de la volonté. Il est très-difficile à Fhomme de mettre de Funité dans son existence. Sa vie entière est un combat, non-seulement avec ce qui Fentoure, mais encore en lui et avec luj.
Dans Fètre raisonnable , le corps doit être sous le