PARTIE PSTCHOLOGlQUir. — CHAP. II
goavernemeDt de lesprit, c(ui comprend les nécessités de l'organisation physique et juge comment et jusqu'à quel point il doit les satisfaire, non pour en retirer une jouissance comme Finstinct Ty porte , mais dans le but de la conservation et du déveto^^ement de Texistence. Il semble à la première vue que cette tâche soit facile, et qu'il doive en coûter peu à la raison pour maintenir le corps dans Tordre, régler ses exigences et les réduire justement à ce que demande la nature. L'expérience de chaque jour nous montre le contraire. Le combat entre le corps et Tesprit dure tant que nous vivons sur cette terre. Il continue jusque sous les glaces de Tàge et même dans les hommes les plus mortifiés. Le corps, qui d'abord a hautement le dessus, tend à prolonger et à consolider km empire pendant la vie entière , et très-peu d'hommes parviennent à le vaincre, à le maîtriser assez , pour qu'il n'ait plus la prépondérance dans leur conduite. L'homme a tellement le besoin d'aimer et de vivre par l'amour, qu- aussitôt que son àme s'éveille, son désir se porte sut les premiers objets qui s'offrent à lui, et ce sont 1^ choses sensibles , analogues aux appétits du corps. Il s'habitue dès l'enfance à leur demander sa nourriture, ses jouissances, son bien-être , et il se rend Fesclave ou le subordonné de ce qui lui est inférieur. Le meilleur moyen de l'arracher à cette fascination des sens , à cet ensorcellement de la niaiserie comme, l'appelle l'Ecriture, est de tourner son âme et son amour vers les choses supérieures , au moyen de la parole de vérité , en sorte qu'il commence à goûter, par cette communication sublime, des jouissances plus pures et plus
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i-ÀRTlE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. II. 25
Mais au dedans , daus le secret de la conscience et de la vie solitaire, combien de fois, sans quil y paraisse, le corps remporte sur Tesprit, 1* instinct sur la raison ! Combien d^actions semblent avoir pour motif la justice ou la convenance, qui au fond sont mues par un appétit, un désir, un intérêt grossier ; et comme F homme qui a quelque expérience de la vie intérieure sent promptement la bête ou l'animal sous toutes ces belles formes d'intelligence et de spiritualité! Il faut bien peu de chose pour entraîner notre raison de ce côté , quand elle est réduite à ses propres forces, quand elle manque d'une direction et d'un soutien. Loin de l'occasion, elle fait des plans magnifiques, elle prend les plus belles résolutions , elle se promet d'être ferme, invincible ; et puis, quand l'objet se présente, quand son influence attrayante s'exerce sur le désir par les sens quand l'imagination s'exalte à son tour et vient l'entourer de ses tableaux et de ses prestiges, c'est comme un charme qui la gagne ; elle est séduite, enchantée, désarmée, et au lieu de combattre son ennemi, elle trouve mille prétextes pour l'accueillir ; elle invente mille motifs pour excuser, sinon pour justifier sa faiblesse. Yoilà ce qui arrive à chacun de nous dans sa vie de tous les jours , et ceux-là seuls en ont conscience qui , voulant sérieusement secouer le joug du corps, travaillent avec zèle à l'affranchissement et à la réhabilitation de leur nature divine.
Si le corps doit être réglé par l'esprit, l'esprit à son tour doit recevoir une direction supérieure, afin de ne point s'exercer en vain ou à tort. Les facultés intellectuelle»
ne sont aussi que des instruments qui peuvent être bî^ ou mal employés, et dont Tusage est utile ou funeste ^ raison de leur tendance. C'est pourquoi rinstroctiC sans une éducation convenable est un mal. 11 faut, e éclairant Tesprit des hommes , chercher toujours à toi cher leur àme, à l'ouvrir pour y introduire l'influence < la justice et du bien, pour exciter en eux de bons sent ments, de bons désirs, et les porter à les réaliser p de bonues actions, à vouloir par-dessus tout ce qui < bien. Car, quoique F esprit et ses facultés aient le part dans les déterminations de la volonté , c'est toujoi celle-ci eu définitive qui décide , et Tesprit sera dans s exercice et ses manifestations ce que la volonté est fond. Allez droit à la volonté, et tâchez de Tébranler, la toucher, de l'emporter, et vous aurez bientôt le res C'est le triomphe de l'éloquence, triomphe noble et d rablc, quand la parole est l'iuslrument de la justice et la vérité.
Je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le ra que je ne veux pas ' : voilà l'expression exacte rantagonisme qui existe dans rhomme. Il y a lui deux lois ; Tune spirituelle, à laquelle il adhè . selon l'homme intérieur : c'est la loi du bien, loi de Dieu; Tautre charnelle, qu'il sent dans 1 membres de sou corps et qui combat contre la 1 de l'amc : c'est la loi du péché ou du mal. Il y donc en nous deux forces, la force physique <
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