‹ Philosophie moraleChapitre 151 sur 224 · PARTIE PSYOHOLOGIQ&E. — CHAI». IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYOHOLOGIQ&E. — CHAI». IV

clémence. Le droit de grâce est dans le gourernement politique ce ^*est la miséricorde dans le gouYernemeot proTidentiel ; c'est le plus beau privilège du souverain, par lequel il ressemble à Dieu, dont il est le repré-* sentant. Enfin au plus bas degré il y a miséricorde , quand une personne renonce au droit qui lui est acquis sur une autre, par compassion et afin de lui procurer un soulagement; tel un créancier qui remet an débiteur le tout ou partie de sa dette. Il y a toujours dans la miséricorde quelque chose de gratuit , une grâce qui n*est ni méritée ni due , et qui provient uniquement de la bonté de celui qui donne. Ainsi tout ce que Dieu accorde aux hommes est pure miséricorde, et n*est point nécessité par leur nature ou par leurs mérites.

La clémence se distingue de la miséricorde par une nuance délicate. Celle-ci consiste dans le relâchement du droit, cdle-là dans Toubli de l'injure qu'on pourrait venger. C'est la générosité du vainqueur, quelle que soit la forme du combat. Ainsi , depuis le conquérant qui traite humainement les vaincus, jusqu'au pardon de la moindre insulte dont on peut exiger la réparation, il y a lieu à clémence. Plus la puissance est grande, plus la Hitte a été vive, plus l'outrage a été sanglant , plus le ressentiment parait légitime, plus aussi la clémaiçe sera noble , belle , admirable. Elle est à son apogée en Dieu , dont la force est infinie , et que r homme, qui a tout reçu de lui, a offensé si grièvement par sa révolte. Au lieu de l'abandonner au mal et à la mort auxquels il s'est donné volontairement. Dieu Ten a délivré par une bonté toute gratuite, et lui a mis à la main

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les mojeoâ de réparer sa faute et de se que le péebë de rbemaie a fait sarabonder Fi Dieu. L*ÉTangile nous incite à roBsemUer à céleste , a devenir parfaits comme loi , en bien pour le mal , en pardonnant eoBEune il L* homme sans pitié, ne sympathÛNuit pli semblables, perd un des caractères génériques nité : il est ififtiioiutti, dénaturé y car il n'a plus mcnts de Tbomme, ce qui annonce une déprarste ée la nature en lui. Cette insensibilité à la peine , des autres, vient presque toujours de r^omne, et paiement de Toi^eil , de Tambitimi , de rainriin et de k sensualité. Celui qui n aime que lui ne Toil pfam tel les autres que des obstacles ou des insfanunents. H «1 toujours prêt à les sacrifier à son intérél et lient pci de compte de leurs souffrances, pourro qa*elkB In servent. L'oi^eilleux , plein de lui-même, n'aime qie ce qui le relève. Il méprise les autres et les foule am pieds , s*il le faut , pour se grandir. L'ambitieux peot sacrifier des milliers d'hommes à sa gloire, et le saof et les larmes qu'il fait couler ne rarréteronl pas dam sa course vers le pouvoir ; il s en inquiète peu poorvu qu il arrive. L'avare n'est sensîUe qu*à l'édat de lor et de l'aient; le cri du pauvre ne rémeutpas;il verra d*uu œil sec toutes les misères ; il les |Nre»aren même pour en tirer de la richesse. La seasualité, devenue passion , rabaisse l'homme au niveau de la bèteet lui ôte la capacité morale avec les sentiments dlmmaaiié. Elle est presque toujours cruelle , et les tyrans voiaptueux sont les plus sanguinaires. C'est aux époques cof'

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«HmpneB, quand la débaaahe a flétri lea cœur», quoa remarque le plus de barlMirie dana le peuple , et que lea erimes les plus horribles Tieonent épooTanter ie Bioode»

La pitié s'intéresse à tous ceux qui souffrent; c*est une sympathie générale; mais il y a des sym.pathies particulières, qui s'établissent entre certaines personnes à la première vue, ou même par oui-dire. Ces sympathies toutes spontanées se déclarent par le plaisir qu'éprouvent les êtres sympathiques à se rapprocher, par une attraction réciproque et une bienveillance mutuelle. II y a au contraire des personnes qui se repoussent au premier contact; ce qui les met dans une espèce d'hoslîlité instinctive. Ces sympathies et ces antipathies morales proviennent, en général, comme les affinités et les répulsions physiques, de la nature, de la constitution et des qualités essentielles des êtres. Elles ont une grande influence sur la vie de l'homme , car elles décident le plus souvent de ses relations et de ses alliances.

Ces sympathies nont point de nom propre, pare^ qu'elles restent le plus souvent vagues et obscures , ou si elles se déterminent, elles tournent en de^ affections parti» eolières , auxquelles elles servent de préparation. C'est ui|

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feit constaté -par 1 expérienoe que noas sommes portèi ipers telle pmcone à b première Toe, et qa'aa contndre telle autre nous lépugne. Il B*cst pas même néeessaire que les deux termes soient en présence, n suffit quelque^ fois d'un simple récit pour nous disposer fovwablement enTers quelqu'un, et si plus tard nous le rencontrons, la disposition bienTcillante se développe , et le oonuneroe des esprits en devient plus facile et plus promptement intime. Entre les êtres sans raison , mais organisés, c'est finstinct qui décide des rapports, et leurs oonmiumca-^ tîons proviennent de tendances avenues. Les êtres in- <Nrginiques s'unissent ou se séparent dans leurs masses on dans leurs molécules , smt par la force de la gravitation leénérale, soit par des affinités électives, qui s'exercent au (dus léger contact. U en est de même entre les êtres raisonnables, avec celte différence que, l'homme contenant en loi tous les caractères des autres règnes de la nature , outre les affinités pb jsiques , qui ressorlent aussi de sa constitution corporelle « outre les tendances instinctives qui naissent de son organiane, il y a encore cbei lui des affinités morales , des instincts de Fesprit et du cQNir« par lesquels l'être intelligent et libre se rapprocbe ou s'éloigne de son semblable. Mais un être intelligent ne peut agir sans une certaine connaissance; un être libre iie peut opérer sans qu'un ravon de sa liberté ne paraisse « au moins par un désir vague; en sorte que dans la sympathie humaine , avec 1 affinité et Tinstinct, tl y a une tendance intellîgenle et libre* maïs irréfléchie à Tonsine . c*esl-à-cKre que la ^rolonte est poussée à Taction par le sentimeiit . avec o« sans cooscieaoe : d'oo

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