PARTIE PSYCHOLOGIQUE. -- CHAP. IV
elle ni ayeuglemetit , ni esclavage. Il y a un amour digne de r homme, parce qu'il est fondé dans la vérité, parce qu'il part de l'âme et va à Tàme.
La fin de l'amitié est autre que celle de l'amour. Elle n'aime pas seulement pour elle, mais pour celui qu'elle aime. Elle veut son bonheur plus que sa bienveillance ; de là la dignité et l'indépendance de l'amitié. Elle peut faire ce que l'amour ne fera jamais, de l'opposition de bonne foi et dans l'intérêt de l'objet aimé. La meilleure preuve d'affection qu'on puisse donner à quelqu'un, c'est de Tempécher de commettre le mal; c'est de l'arrêter dans l'entraînement de la passion , de l'éclairer quand l'erreur ou le préjugé l'aveugle; c'est de lui dire la vérité, au risque de lui déplaire et de perdre son affection. Une liaison qui ne peut subsister avec la vérité n'est pas digne du saint nom de l'amitié. Oh ! qu'ils sont rares ceux qui savent dire une vérité pénible , et plus rares encore, peut-être, ceux qui sont capables de l'entendre! L'ami qui n'a point ce courage n'aime point vraiment son ami.
L'amitié peut se former à tous les âges et dans toutes
les conditions et situations qui n'excluent pas la justice et le bien. Elle prend à chaque époque et dans chaque circonstance une forme particulière , tout en gardant son caractère essentiel, le désintéressement. Gomme elle ne dépend point de l'organisme, du tempérament et de la sensibilité physique , elle ne vieillit point avec le corps , ou si elle change , c'est pour se fortifier et mûrir. Bien n'est plus touchant, plus respectable , qu'une ancienne amitié ; elle réchauffe les glaces de Tâge , et fait rayonner les cheveux blancs. On n'en peut dire autant d'un
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i^ieil amour. L'amoiir dans on yidllard est ridîcide, parce qu*il est contre natnre. L'amour sexad n'a qn'on temps, et en lui tout est transitoire. L'objet qui Texciteest une figure qui passe, une fleur éclose le matin et ftnée k soir; l'instinct qui l'anime a son temps d'efferyeseenoe. le but, dont il est le moyen , est lui-même temporaire ; car il unit les corps plus que les âmes, et le mode actod de h propagation est une suite du péché qui ne survivra pas à la mort. Les âmes sorties de ce monde sont appelées à vivre comme les auges du ciel qui ne se marient point; neque nvbentj neque nubentur. Le christianisme, tontea sauctifiant le mariage , l'a cependant subordonné à la virginité qu'il a mise en honneur ; et en cela il a montré qu'il comprenait aussi bien les choses du monde que celles du ciel. Il a régularisé et Intimé l'ordre temporaire en le soumettant par l'unité et Tindissolubilité à la loi de justice, et il a manifesté aux hommes l'ordre étemel, en leur aDQODçant qu'ayant été créés pour aimer Dieu pardessus tout , et leur prochain comme eux et plus qu'eux, ils ne peuvent accomplir pleinement cette destination d'amour et de dévouement qu en restant lilH*es ou en s'affranchissant des liens de la chair et du sang. Depuis ce temps , tous ceux qui ont voulu se donner à Dieu et à la charité ont dû renoncer au monde pour n'être point partagés, pour n'avoir pas deux maîtres à servir à la fois. Et qui doit se donner à Dieu plus pleinement, plus exclusivement que le ministre de Dieu sur la terre, que Tapôtre de Jésus-Christ, le prêtre de la nouvelle alliance? Telle est la raison profonde du céhbat ecclésiastique. Le prêtre doit vivre sur la terre comme les