‹ Philosophie moraleChapitre 164 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. IV

bres des sentiments affectueux et un amour très-vif. Ces trois rapports donnent au mot patrie trois sens : un sens physique, un sens moral et un sens politique.

1^ La patrie, dans le sens physique, c'est le pays. Le pays est la terre du peuple , de la nation , de la commune : c'est l'espace où la vie d'un peuple se pose pour subsister, où sa nationaUté se détermine. Un peuple est comme on homme, il a une âme, un esprit et un corps. Son corps , on son enveloppe matérielle, c'est le sol auquel il est attaché et dont il se nourrit; c'est pourquoi le sol a tant d'influence sur la vie du peuple, comme le corps sur b vie de l'individu.

Il n'y a point d'existence nationale sans un terrain qui lui serve de base, et par conséquent il n'y a point d<3 vraie patrie hors de la terre paternelle. La patrie sans le sol est une fiction, c'est un semblant de patrie, ce n'est point la patrie elle-même, comme le cœur le sent bien, éli dépit de l'imagination et de la raison. Sous ce point de Tue, tout homme qui appartient à un peuple a pour patrie d'abord toute la contrée qui porte le nom du peuple, et ensuite la province, la ville, le village où il est né, oà^ il a été élevé, où il a commencé de vivre. Or c'est un fait général et constant que chacun tient, par un Uen étroit, àt la contrée qu'il a connue la première et où son développement s'est opéré. H y tient par instinct et par habitude^ en sorte qu'il tend toujours à y revenir quand il Ta quittée, sinon pour y vivre, au moins pour y mourir. Ce lien s'explique par la manière dont l'homme se développe. Son organisme, son ^prit et son âme ne vivent point d'euxmêmes. Le corps est stimulé par les agents physiques ^

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par les rabètaoeet^ qui sentent à sa nraprttaw, p» Tah qQ*il respire, par la tecre qu-it abewber sMis tdOlaF hft formes. Il se mêlé à eette terre par une «ainûSlatiniii ctttt^ ttnaelle, et amn il y a entre eox dès atiaiogiéa^te affinités , tellement qae Tbonmie aime &: rmété^f april la mort, sa d^^xmiUe à la terre qni fa formée eC^lMttr^ rie. Puis ses sens, son imagination, sa raison, seif -iittdfi^ gance ont commeneé à s'eiercer sont' leê* inflacùèSTdà estte eontrée. Par les impressi<mflr dor pays' onT élé «âttM dans son entendement les idées premières -qui sor^mn^è mesures à ses jugements , de principes^ à ses^ raifliMttM^ ments. Son imagination a conçu le beau par Faspeet da formes du terrain. Il s'est essayé à penser et à parier avec les images qui en sont proi^ennes, et la tournure de^ sea esprit en a été modifiée. De là Toriginalité des esfiM^ et le caractère distinctif des littératures et des arts. Sofia il a commencé à aimer sur cette terre, et jamais il n'air mera aussi délicieusement que la premik^ fois. Toutes ces dioses s attachent au souTenir de la patrie, oo plutdtce sont autant de fils qui en composent la trame , en scMrte qu*on n'en peut toucher un sans ébranler tous les autre». Ce n ^t donc pas précisément par lui-mèane que le paj!s a tant de charmes, mais il est mêlé à toute notre existenœ qnil a serri à déTelopper. Il en est de œ sentimâit comme de celui de la santé; on ne le distingue que s'il est en $oaf1france par la privation. On sent tout ce qu'il y a dans lamour du par^ quand on est absent et que le ^w^^ le nKiune. On se nepnêsente alors Tivement ce qu on a penlu> cl chaque ^oaraùr cidle le regret et le désir. L image de la pithe est à h fo» douce et amèvai

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