‹ Philosophie moraleChapitre 165 sur 224 · PARTIE )>^ttnân6L0(&rQû]s. — chap. iv · texte numérisé non relu

PARTIE )>^ttnân6L0(&rQû]s. — chap. iv

fdxîM; doa'eè,!éàr eUè In! donne on instant dèjouisfôiiéë, 4iiâ[nd il é'y transporté en pensée et se eômplàtt à vèVér éti liôdUétlr passé et au bonhear fâtnr; anière, s'il n\ ni le pdiltoir ni Tespoir de la revoir; là donlenr qn'il èk it^sêèit peot aller jusqu'à la mort. Là surtout où les lioimnes vivent eh famille, où les traditions des aiieétres étmt en vigueur ^ où les coutumes et les moeurs sont ail*tiqtSéà ; où la contrée a quelque chose de pittoresque et de VhHé comme daris les montagnes, il y a aussi plus d'attà- Kbèmènt à la terre natale, plus dé peine à là quitter^ plus flé dénléur d'en être séparé et plus de désir d'y revenir. lièS Uommes de ces lieux ont peine à s'habituer ailleurs ; ift ùy rfrtrôuvént point ce qui a chai'mé leur enfance, et rien ne vaut à leurs yeux leurs monts et leurs valléeff , leurs |]^turages, leurs bois et leur chaumière. II faut qu'il y ait dans cette cohabitation avec ùiie belle nature quelque chose de* bien attachant, puisque , chez les sauvages de F Amérique, toutes les séductions de la civilisation rife , péîdVént dâteciner l'amour des forêts et remplacer dàï6 îéùi* coBur les jouissances dé la vie aventureuse et libre. Tôtrt le moiidé sait l'impression que produit sur les soldats' suisses l'air du ranz des vaches ; il n'en faut pas pfos pl5ttr lés pousser à déserter , et souvent ceux qui ne pèutbiît retourner au pays meurent d'ennui et de côniâbmptibn dans les hôpitaux ou les prisons. Il en arrive datant aux jeunes Bretons incorporés dans nos régiments. Hesqué tous' ont le mal du pays dans les premîefs iimpk , et plusieurs y succombent. L'imagination les tde par lé tableau continuel dé la patrie absente; ils deviett- 'àéiA moniieë , concentrés , apathiques ; ils n'ont plvA de

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ressort physique ni moral ; les fonctions organiques ef altèrent bientôt par ce défaut d'excitation » et la moindre maladie les emporte. Ici tous les seoouis de la médecîBe échouent, etsouTcntmème ceux de la religion; oespauTNi jeunes gens sont absorbés par une idée fixe qai ks jetti dans une espèce de démence , de monomanie; il faut ki reuToyer dans leurs foyers, ils seront guéris ayant d*y l^ riirer, souTcnt même avant de se mettre en roote; h seule espérance de revoir le village les rend à la ne. Tel est Famour de la patrie , en ne fenvisageant qve sous le rapport physique, conmie attachement à la iem natale, ou du moins avec prédominance de râéoHDt physique; car il est impossible que le m<Nral ne s'y mêle pas.

2* Envisagée moralement, la pairie n*est plus seulement le pays , elle est la sociiti kufnaine , dont on est membre par le fait de la naissance et surtont par Tédacation. Or dans toute association il j a une existenee commune, une organisation, une autorité, un gouvernement. La société ne peut subsister sans ces conditions, et bien qu elle soit composée d'individus, il y a cependant eu elle quelque chose de plus que dans les individus réunis ; il y a une vie morale qui embrasse tous les membres « dans laquelle ils se fondent et se fixent comme les plantes au sol qui les nourrit. L association morale 8*élablit (vir les rapports des âmes et des esprits ; c est un eori^ spirituel qui a son centre et sa circonférence , son foyer et sa forme. La patrie « dans ce cas , signifie funité morale constituée par ce qu il y a de plus intime et de plus extiv^me dans r union des citoyens. Or, de même

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qae la patrie physique se détermine par Fespace qui unit les corps, la patrie morale se constitue par la langue qui met les esprits en communication. Les intelligences s'implantent pour ainsi dire dans la langue maternelle, qui détermine la circonscription et Tborizon de chacune. La littérature d'un peuple est l'expression de sa yie; nous jKxnraies formés spirituellement par le premier langage que nous apprenons, comme nous le sommes physiqueinent par le sol et le climat ayec lesquels nous sommes d'abord en relation. La langue sert de récipient et pour ainsi dire d'espace à tous les produits de la pensée et de l'&me humaine, aux croyances, aux conyiclions, aux sentiments, aux habitudes , aux mœurs, aux lois, à tout ce qui constitue l'homme moral. Sous ce point de Tue la patrie est ce qui nourrit , élève et dirige notre esprit et notre cœur ; elle remplit les fonctions de mère pour notre àme comme pour notre corps ; elle nous alimente de son }aàt spirituel par l'instruction , elle nous développe par. rédocation publique ou privée, par les sciences et ks arts, par tous les moyens de la civilisation; elle nous maintient et nous protège par sa volonté exprimée dans les lois, elle nous récompense et nous punit avec autorité, et nous éprouvons continuellement les effets de sa justice et de son amour. 11 y a donc en elle quelque chose de sacré qui lui vient de plus haut, quelque chose de ce que la Providence a donné aux mères , qui les rend à la fois aimables et respectables à leurs enfants , et qui porte , oonmie tout don de Dieu ^ une empreinte éternelle de puissance et de bonté. Oui, la patrie est mère, l'amour qu'elle inspire est vraiment un amour filial, et tant qu'elle

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représenté là soufoe de la yie et do bien , eètlé BUgèÉe aniverselle qm embrasse tous les ètretf et pourvoit soi besoins de tons , elle a droit à une espèce de eriHe^ ilfc piété filiale. Heureux les peuples qni aimeint uni ktt pays! il 7 a nne religion dans lenr patriotisme, ibpM^ Tent se dévoaer à la patrie comme on se dévoae à BkÀ Bs l'honoreront jusque dans son abaissement, ib h respecteront jusque dans ses fautes. Ik détotMttOBt le r^ard si elle a^t d une manière ineonyenanle , et il n'outrageront point le sein qni les a portés. La nKaléfiri^ tion la plus terrible a frappé dans Foiigine un llb iih Sfrat qui osa regarder et manifester la honte de son pèiré', il en sera ainsi de tout homme qni insulte sa patrie oatt tourne contre elle. Quels que soient ses torts , ils ne pen- Tent jamais prévaloir sur ses bienfaits, et ce qn*cUe boA refuse ou nous ôte ne détruit point ce qu'elle notu à donné. Il y a quelque chose de dénaturé à vouloir dâ mal à ïion pays et surtout à tâcher de lui en faire. îfon,fl n*est jamais permis de porter les armes contre sa patrie, pas plus qu'il n'est permis de lever la main sar sa mère. Aucun dommage, aucune injure ne justifie ce sacrQ^; Tosprit de parti peut en faire un devoir on une vertu, la saine morale et la vraie reliîrion v voient nn crime.

3* Considérée politiquement, la patrie est la chose publique, Vf s puNica , c ost-à-dire , ce par quoi tous les iiitôn% individuels se touchent dans Fassociation dvile, rintôrtH commun. Il n'v ad intérêt commun dans une *Oi*iotè que si tous ct'viï qui la composent participent an bénéfice c^^nime ils supportent les charges , et ce bénetUv nost |vis seulement h protection des lois ^lepoar

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