PARTIE PSYCBOLOGIQUE. — CHAP. IV. 4lt
pour le chrétiea des obligations divines , et comme la pa- , rôle de Dieu surpasse les lois humaines, il doit obéir à ' Dieu plutôt qu'aux hommes. Son patriotisme, moins vif ' sous le rapport instinctif, parce qu'il tient moins aux dioses de la terre , aura surtout de la force comme devoir et comme prudence ; comme devoir, il produit la piété filiale envers la patrie, sentiment remarquable chez les peuples vraiment chrétiens, où la foi est au fond des institutions et des mœurs. Mais quand la foi s'affaibUt, rinstinct naturel prend le dessus , et surtout Tattacheniient au pays par intérêt et par calcul. Llndividu ne pouvant plus être sacrifié à la chose publique , le citoyen devra rendre à Fétat en raison de ce qu il en reçoit ; cette proportion déterminera son devoir. Quant à son amour pour la patrie , il dépendra des avantages qu'elle lui rapporte ; il Taimera parce qu'il y est libre , puissant ^ glorieux , et sou orgueil se confondra avec Végoïsme national. Dans tout cela il n'y a ni entraînement , ni enthousiasme ; c'est an intérêt bien entendu, une convenance de raison. La chose publique devient une association d'intérêts, régie par la stricte justice , et où chacun a droit de réclamer sa part de bénéfice en raison du capital qu'il apporte et du travail qu'il y met. C'est un contrat purement humain, et où par conséquent l'amour et le dévouement n'ont rien à voir. Tel est le patriotisme moderne , comme la raison l'a fait, en voulant constituer l'état sans Dieu, fonder la loi sans sa volonté et unir les hommes par l'intérêt seul.
La charité est rameur pour tous les hommes^ quels que soient leur race, leur pays, leur condition, amour qui cherche à leur faire du bien de toute manière, en toute occasion et malgré tout. La charité se distingue de la sympathie naturelle et de la philantrophie par son principe, son motif, et son but. Son principe est une grâce spéciale par laquelle Dieu meut la volonté en lui communiquant son esprit et son amour. Son motif est l'imitation de Jésus-Christ, qui a aimé les hommes jusqu'à se dévouer pour tous. Sa fin est Tunion en Dieu ; et c'est pourquoi elle veut que chacun se donne à tous, afin qu'il n'y ait plus qu'une seule vie, un seul sentiment, une volonté unique. La charité est une affection et une vertu exclusivement chrétiennes. C'est la sympathie élevé à sa plus haute puissance, transfigurée, glorifiée; c'est l'amour pur et universel , l'amour de Dieu dans le cœur de riiomme.
Les affections bienveillantes sont d autant plus pures et plus élevées qu'elles tiennent moins de Tinstinct et sont plus iîéuérales. 11 y entre plus d amour des autres à mesuiv que liudividu se perd lui-même de vue et fait abnégation de sos appétits, de ses goûts, de ses désirs, do hn\{ i^equi Ueutà sou moi. Ainsi Ihomme par