PARTIE PSYCHOLOGIQUE. -*- GHAP. IV
le développemeut de sa volonté et rexteusion de sou amour redevient l'image , la ressemblance de.son auteur* Le propre de la charité est d'aimer tous les hommes, quels qu'ils soient, qu*ils le méritent ou non, qu'ils soient reconnaissants ou ingrats, amis ou ennemis. Les autres affections sont limitées, quant à leur motif et à leur objet. La pitié se rapporte à ceux qui souffrent actuellement, à ceux qu'on voit souffrir. L'amour sexuel a un objet déterminé. L'amitié s' adresse à une ou à quelques personnes. La reconnaissance a pour terme un bienfaiteur. Le patriotisme s'arrête aux frontières du pays, se borne aux compatriotes. Puis, toutes ces affections, sauf l'amitié, quand la charité l'anime, passent avec le temps et les personnes. La charité est universelle , elle s'applique à tous les hommes , à toutes les créatures , et elle est pour toujours ; elle naît et grandit dans le cœur aux dépens de tout ce qui est individuel, l'homme ne pouvant aimer de la sorte qu'en renonçant au monde et à lui-même. Une jeune iille se dévoue à soigner les malades dans les hôpitaux , elle devient sœur de charité. Peut-elle remplir cette haute fonction de l'amour sans se donner tout entière à ses frères infirmes , sans braver les fatigues , les répugnances , les dégoûts , toutes les peines inséparables de ces fonctions? Qu'on soigne avec zèle ceux qu'on aime, ses parents, ses amis, son époux, sa femme, ses enfants surtout, cela se conçoit : l'affection naturelle l'explique , et on serait dénaturé de ne point remplir ce devoir. Mais qu'on agisse avec la même sollicitude , la même tendresse, pour des étrangers, des inconnus, des hommes souvent grossiers, mé«
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chants, malades par le cœur autant que par le corps ^ présentant à la fois tous les genres de plaies et rendant souvent l'ingratitude et Tinjure pour des services ; c est ce qui dépasse les sentiments et les forces de la nature^ Aimer ceux qui nous aiment, et rendre le mal ponr le mal, voilà le droit strict ; mais aimer ceux qui nous haïssent et faire du bien à ceux qui nous font du mal, bénir ceux qui nous maudissent , cela est au-dessus de V équité natarelle; et c'est pourquoi Jésus- Christ voulait que la justice de ses disciples fût plus abondante que celle des pharisiens et des païens. 11 a envoyé ses Apôtres annoncer le royaume du ciel jusqu'aux extrémités de la terre : Allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père , du Fils et de l'Esprit. Et depuis ce temps la niiasioD apostolique n'a point cessé, et il se trouve continuellement des hommes qui consacrent leurs forces , leurs talents et leur vie à porter la parole de Dieu aux infidèles et aux idolâtres, au milieu des plus grands périls et avec toutes les chances de mort. Qu'ont fait ces sauvages ou ces païens pour attirer sur eux tant d'amour et de dévouement?Les missionnaires ne les connaissent point, ilsn'en recevront peut-être que des outrages, des violences, la mort : et c'est justement ce qui anime leur zèle, ce qui excite leur enthousiasme. Us recherchent avec ardeur ce que les autres hommes craignent le plus , ils regardent comme un ce qui est en horreur à l'homme naturel. Voilà des faits de tous les jours, depuis l'origine du Christianisme , depuis qu'une croix a été dressée sur le Calvaire , portant attaché à son bois le Fils de l'homme expiant pour ses frères et mourant pour leur salut.