‹ Philosophie moraleChapitre 170 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

L'expérience montre encore que lamour inspiré par la charité est plus yif , plus ardent , plus profond , plus constant que toits les autres , qu il est toujours prêt à soulager les infortunes, à accepter les fatigues, à s'imposer des priyations, et cela sans retour , sans recherche d'intérêt ou de gloire. Gomment expliquer ces faits? Où prendre les motifs d'un tel dévouement? Nous n'en sommes plus aujourd'hui à calomnier les belles actions pour les explique!^ vulgairement. Le dernier siècle s'est couvert de lionte et de ridicule en rabaissant la vertu au niveau de Tégoïsme et lui fixant son tarif par le calcul. Dans les actes que nous venons de citer il y a un désintéressement parfait; il s'agit de savoir ce qui le produit et l'inspire. Les instincts et les désirs naturels s'y refusent. Nous aimons naturellement, nous d'abord, puis les nôtres, ceux qui tiennent à nous par les liens du sang, puis nos amis et ceux qui nous font du bien. Mais les aimons-nous jusqu'à nous sacrifier pour eux ? les aimons-nous encore quand ils se tournent contre nous , et cherchent à nous nuire ? pouvons-nous aimer naturellement ceux que nous n'avons jamais vus ? Est-il dans notre nature de pardonner une injure, non-seulement quand on est le plus fort , ce qui s'explique encore par un noble orgueil accablant son adversaire de sa générosité, et se vengeant par la clémence, mais quand on est vaincu , abattu? Pardonner à celui qui opprime et prier pour son bourreau, cela est-il naturel? Concluons donc qu'à ces sentiments qui dépassent les sentiments ordinaires , à cet amour que la nature seule ne peut donner , il doit y avoir une cause surhumaine , un principe surnaturel, et que sans l'action de cette cause>

sans le secours de ce principe , le cœur de rhomme n*aarait i)oint éprouvé cette divine affection , son esprit ne l'aurait point comprise, et sa volonté n'eût jamais eu la force de la pratiquer.

On a opposé dans ces derniers temps la philanthropie à la charité, et ceux qui ne voulaient pas du Christianisme on qui ne le connaissaient pas, se sont dits philanthropes pour se dispenser d'être dmritahles. Le mot de philanthropie n'aurait en lui-même rien dlnconvenant , si cm le prenait dans sa Téritable acception. Seulement il est |dus étroit que le mot de charité, qui signifie tout ensemble l'amour de Di^i et des hommes. Nais on a pris ce terme conune un signe d'opposition ; la raison humaine, qui veut tout se devoir à elle-même, tout exphquer par elle, a inventé ce nom afin de se persuader qu^elle avait trouvé la chose , et qu ainsi elle suffisait à produire et expliquer la plus haute des vertus, sans qu'il fut besoin dune révélation pour la connaître et dune assistance divine pour la pratiquer. La raison a fait dans ce cas conune avec toutes les idées qui la surpassent ; après les avoir reçues de la tradition et par le langage , elle oublie la source dont elle les tient, ^lle invente des systèmes pour rendre c\)mptede leur origine, elle change les mots pour A>u«er au\ choses uu air de nouveauté, et elle s'écrie a^ee triomphe : Vo\ei ee que je puis ! Malheureusement elle ue j^eut iiispixer la vie à ses abstractions, ni animer ^^ fautiVme^ IvHUies les théories de bienfaisance et dt* philautlm.>p<^ ih* ik^onenC et&vtiTeaient ni lamour, «i U^ tèle du c^mr: ce «in» est %1 t^ri^nc^ parement hu-

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