‹ Philosophie moraleChapitre 172 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

corder aussi dans lear manière d'agir, leurs actes seront «pposés ou au moins très-divergents, quand ils sentiront «L'une manière contraire. D'où vient cette opposition dans la manière de sentir? D'abord de la constitution des indiYidu&y et ensuite de leur position relative , ce qui donne une antipathie naturelle ou foncière et une antipathie accidentelle on de circonstance. Les affections malveillantes diffèrent notablement suivant qu'elles ont Itenr racine dans Tune on dans l'autre.

Il en est des antipathies naturelles entre les hommes ^eomme des répulsions des corps. Ce sont des faits qu'il ieiat la plupart du temps accepter sans pouvoir pénétrer leur mystérieuse origine. Ces faits sont plus complexes dans Thùmanité parce que, Thomme étant composé de -éeiax natures, il y a dans sa personne complication de phisienrs termes qui s'influencent continuellement, savoir r^Une ou la nature psychique, le corps ou la nature physique, et l'esprit qui procède des deux. Il peut donc y avoir antipathie entre deux personnes par ces trois termes, ou par l'un ou deux des trois, tandis qu'il y aurait sympathie par l'autre ; et delà des rapports singuliers entre certains hommes qui s'attirent et se repoussent à la fois, se convenant par un côté, ne se contenant point par un autre , et ainsi tantôt unis et tantôt divisés.

n j a des antipathies physiques dont il est souvent bien difficile d'assigner les raisons; elles résident au fond de l'organisation et surtout dans les propriétés vitales de l'esprit qui anime chaque corps. Le tempérament y influe beaucoup, non pas toujours par le cou-

traste, car souvent oq recherche son cootraire et on fui son semblable. Les défauts corporels y ont leur port, h laideur, une difformité, une transpiration forte, une haleine fétide , ou eofin je ne sais quoi dans le physiqv d*une personne qui ne cadre pas avec le physique d'm autre. Nous avons remarqué que, dans la sympaUû sexuelle » il y a une espèce de charme qui sobjognek cœur par l'intermédiaire du corps et des sens. Id an contraire, il y a quelque chose de repoussant qui emptck le rapport en inspirant une répugnance presque inviiH cible. Cette répugnance ne tient pas toujours à la lat* deur : il y a de belles personnes qui ne plaisent pcHDt, il y en a de fort laides qui captivent. Enfin il arrive entre les hommes ce qu'on voit dans les relations è rhonmie avec certains êtres du règne animal. ou v^étd, qui excitent une telle horreur que leur aspect suffit pour causer une faiblesse ou des convulsions. Les se^ ponts, les araignées, les crapauds, les rats , les souris cl autres animaux de cette sorte, sont antipathiques à la plu|virt des hommes ; leur seule vue donne du dégoût et une espiH>e de frisson ; il faut se faire violence pour les touelK^r. Quelques personnes ont de Fantipathie pour certaines bt^tes qui ne rvpugnent point au grand nombre; il > en a qui ne (H'uvent r^ter sans souffrance dans Fatnuvsphire d'un ébat, et jai connu un homme très-sensé qui fuyait à la vue duu oiseau. Ces faits pourraient s expliquer jusqu à un certain point, soit par les impn^ons maternelles recue:!^ avant la naissance, soit |vir des cmotknis \ne$ éprouvées dans Tenfanoe. Les IHx^iitvs douleurs qui ^nit menacr Texistrace laissent

des traces ineffaçables, et il i*este toujours une aversion iDstinctive pour <!e qui les «i produites.

Les antipathies d'esprit sont moins faciles à constater, * bien qne très-réelles. « Yous ne savez pas quel esprit vous mime, » dit une fois Jésus-Christ à ses disciples qui youlaient faire descendre le feu du ciel sur une Yille pour le Tenger, et saint Paul recommande dans une de ses épltres le discernement des esprits. Or chaque homme a un esprit propre qui provient des deux natures qui le constituent et de celle des deux qui domine sa personne. Cet esprit est bon on mauYais, et plus ou moins en rapport tTCC IcTrai ou le faux. De là les variétés des esprits ; les uns droits, clairs, pénétrants, perspicaces , les autres tortueux, obscurs , lourds , aveugles , etc. C'est ce qui se remarque surtout en comparant les peuples ; car chaque peuple a son esprit ou sa manière de Yoir les choses, de les penser, de les exprimer. L'esprit français est antipathique à l'esprit anglais et surtout à l'esprit allemand. Il sympathise aYCC l'esprit italien et même avec quelques nations du nord. Cette distinction se retrouve dans les provinces, dans les villes et jusque dans les hameaux. Assemblez plusieurs personnes dans un salon^ et yous sentirez aussitôt dans la couYersation des sympathies et des antipathies intellectuelles se prononcer ; des pariis se formeront , et les esprits les plus distingués s'opposeront les uns aux autres. Il y a des esprits qui ne peuYcnt jamais se comprendre, ils pensent toujours à rebours l'un de l'autre, et quand ils sont obligés de vivre ensemble ou de se rencontrer souvent, ils se heurtent; la contradiction est comme spontanée , et il faut beaucoup d'empire sur

Page 1