PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV
£Ues se répugnent dabord ; puis, forcées de Ylvre ensemble, s'éprouvant Tune l'autre et se connaissant mieux, elles se touchent plus au fond, se sentent àu*dedans, et alors se manifestent des sympathies d'âme , enfouies sous des répulsions extérieures ou voilées par des apparences défavorables. Il n*est pas rare dans ce cas de voir une union très-intime s'établir sur les ruines d'une antipathie précédente, et ce sont en général les unions les plus solideS) parce qu elles se sont formées par l'expérience profondé de la vie et au milieu des luttes de la con-
L'antipathie est accidentelle, quand l'opposition dans la manière de sentir est provoquée par des circonstances passagères, en sorte que les personnes ne sont point divisées au fond et n'ont de mauvais vouloir les unes contre les autres que parce que leurs intérêts et leurs désirs se contrarient. Tout homme éprouve cette espèce d'antipathie pour ce qui le gêne, et la société en rapprochant les individus les met par le fait en collision, puisque chacun est porté par l'instinct naturel à s'aimer de préférence et à vouloir tout pour lui. La société est pleine d'antipathies provenant de l'antagonisme des prétentions et des passions. C'est une concurrence perpétuelle d'ansour, de gloire, de puissance, d'intérêts, qui varient sans «esse avec les relations et les temps ; c'est la scène changeante du monde. On se recherche et on se repousse, on se prend et on se laisse suivant le goût ou le besoin du moment. Des affaires de parti , de secte , de coterie, forment lés liaisons et les oppositions, et ainsi on s'aime ou on se hait pour un temps et presque par convention. Quoi de
plus variable que les sympathies et les aotipathies politiques? D une année à l'autre tout se renouTeUe, et ks personnes qui paraissaient les plus éloignées se rapprochent, pour se diviser de nouveau. Les affections malveillantes, qui viennent de Tantipathie accidentelle, n'ont donc point de profondeur, et elles sont facilement adoucies ou éteintes, à moins que les causes d'opposition ne se prolongent , que les motifs de lutte ne se renouvellent et que l'irritation, provoquée incessamment, ne s'envenime par des injures ou des torts répétés. Alors la peine s'enfonce dans le cœur, elle y produit une inflammation sourde, lente, qui, gagnant peu à peu , mine et finit par se faire un siège , un foyer dans la substance mâme de la vie ; comme dans l'ordre physique, quand une maladie aiguë tourne à l'état chronique, le principe da mal se fixe dans les tissus et les altère.
Il y a dans 1 antipathie trois éléments principaux: ** une émotion pénible, causée par la présence ou le souvenir de l'objet; 2^ une crainte spontanée d entrer en rapport avec l'objet, d'où vient la tendance à le fuir ou à le repousser. Ta version, racine de la haine; 3»^ une disposition malveillante envei-sTèlre antipathique, qui nous éloigne de lui et nous fait imuver du plaisir dans sa peine. L^anUpathio innée ou acquise enfante la haine, comme la