PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV
la première fois. Gam ne put supporter que son frère fût plus agréable à Dieu , et Fesprit de mort entra en lui avec le feu infernal de la jalousie. On ne saurait croire jusqu'où elle va dans les affections de ce genre; . il se passe à cet ^ard dans Fintérieur des familles des choses singulières qu'on ne peut dire, et que ceux-là mêmes qui les éprouvent ne reconnaîtraient pas, tant elles paraissent incroyables.
Dans tous les autres cas la jalousie prend le nom d'envie. L'envieux convoite ce qu'ont les autres, moins enc<Mre afin de l'avoir que pour qu'ils ne l'aient pas , en sorte qu'il désire moins sa propre satisfaction que la privation dlautrni : non qu'il n'y ait aussi un désir de la chose dans Tenvie, mais le chagrin de la voir possédée par un autre y domine, et c'est pourquoi elle tend de toutes ses forces àlaluiôter, même quand elle n'espère point l'obtenir. Par là elle se distingue de l'émulation , qui cherche à surpasser son concurrent, et dont l'effort est toujours généreux. L'envie au contraire veut abattre ceux qui sont au-dessus d'elle, pour les mettre à son niveau, ^non au-dessous : elle rabaisse pour s'exalter. Tout ce qui relève les hommes aux yeux de leurs semblables, tout ce qui leur donne un avantage au sein de lasodété , tout ce qui peut être un but de désir, est aussi un objet de convoitise et d'envie. Les talents naturels l'excitent vivement entre les gens d'esprit ou qui ont la prétention de l'être : les savants, les littérateurs, les poètes, les artistes de tout genre en sont très-susceptibles, parce qu'ils recherchent surtout la gloire humaine. I^'eavie s'ao<aroit d'ailleurs avec l'orgueil et la vanité; plus
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<Mi 68t jMb desoi, pihisoiiadepiéteBtMMi à PaAnfiratioii des iioiiiiiies, plus ainsi on s'îndigiie quaid die timis est refesée oo se pente mrantmi. OnnlDvnie àtotsiree edère contre ses riTaax privOëgiés; iHi «e eomplail à démontrer longoeoient qu'ils sont indignes de celte préférence, et qn*<m est Tîctime de l'ignoranee et deTial»tiee. La naissance, la poissance^ h richcsne et tons lés aTantages sociaux qui en proYÎennent, éveillent partout b couToitise et la jalousie. De là dans toute société la lutte des pauvres contre ks riches, de la dasse moyenne contre Fartstocratie, de la petite bourgemsie contre la classe moyenne, et des prolétaires contre la bourgecrisie. Gomme ces biens extérieurs n'appartiennent pas toajoars aux plus méritants ni aux plus capables, quand les hommes pensent et raisonnent, ils se comparent à ceux qui sont au-dessus d'eux, qui ont plus qu'eux , et quand le talent ou une supériorité personnelle ne paraît pas justifier les faveurs de la fortune, chacun juge qu'il en serait aussi digne, siDon davantage; et de là Topinion que le caprice ou rinjustice préside à l'arrangement des choses de ce inonde. Pourquoi pas moi? est la pensée et la parole de la pauvreté envieuse. Il est impossible d'éviter ces inconvénients dans l'état social; on y verra toujours des inégalités de puissance, de fortune , détalent, et aussi des convoitises , des jalousies et de l'envie, le meilleur remède à ce mal, s'il est remédiable, est l'égalité devant la loi, qui laisse à tous le pouvoir d'acquérir par le travail et de s'élever par le mérite, en sorte qu'il n'y ait de privilège pour personne, et que ceux qui ne parviennent point ne puissent en accuser légitimement