PARTIE PSYCHÔLOGIQtE. — CHAP. IV
celui contre lequel ils s'indignent maintenant. Le tempérament sanguin donne la même disposition. Le bilieux est très-sensible à l'injure; il réagit violemment au premier moment ; mais sa grande activité Tempèche de ressentir long-temps ce qui le peine et surtout d'y réfléchir ; puis il est naturellement porté à la générosité et au pardon. Le mélancolique est celui qui garde le plus longtemps l'impression reçue ; il rumine et digère pour ainsi dire sa colère, et il médite tranquillement la vengeance. Mais ce qui exaspère le ressentiment, c'est la présence de l'auteur de notre peine , ou de celui auquel nous l'attribuons, surtout s'il nous provoque par de nouvelles attaques, et nous brave par de mauvais procédés ou des paroles piquantes. Il faut avoir beaucoup d'empire sur soi pour se contenir en de pareilles occasions. Le ressentiment s'agite alors dans le cœur comme un nuage orageux, qui porte la foudre; il ne faut qu'un léger dioc pour l'en faire jaillir. On sent en soi quelque chose d'ardent , de vif , d'emporté, qui cherche à éclater ; c'est un besoin de réagir contre ce qui nous blesse , pour rendre le mal que nous éprouvons et nous soulager du poids qui nous opprime. Dans ces moments critiques paraissent l'importance de la liberté et l'immense portée d'un seul acte qui peut changer la vie entière. Si l'homme cède à Timpulsion du ressentiment , il entre en guerre ouverte avec son semblable, et qui sait quand et comment cette guerre finira ? On commence par un mot piquant , par des paroles amères qui en provoquent d'autres, et il en résulte un conflit et des chocs où le mal se multiplie en se répercutant, semblable à ces tempêtes que deux
cbaioes de montagnes se renvoient, a^ec uaredoaUemeDt oontinuel déclairs et de tonnerres. Geqaelqne chose d'actif qoisécbappe ainsi par la parole on. Taete, à lasmteda sentiment péniUe de rinjnre , c^eat la coUr^. Les andens raltribuaieut à une humeur maligne qui échauffait k cœur, et dont les vapeurs, montant à la tête, enflammaienl 1 esprit. Sans adopter entièrement cette opinion » on m peut cependimt douter que la hile n'y ait sa part, et Les expressions vulgaires remuer la bik, échauffer la biU^ ont aussi leur sens. Quelques philosophes de TantîqiBté, Piatou entre autres, admettsdeul trois àmas> lAmua intellective siégieant dans le cerveau , Tàme irascible dam le cœur, et Tàme concupiscible dans les organes de h génération. La philosophie du moyen-âge distingoait trois appétits agissant sur la volonté , on plntM trois modes principaux de la volonté, l'appétit intelleclif , Tappétit irascible et l'appétit omccpiscible. Ces expressions d*àme et d'appétit irascibles désirent cette puissance instinctif^ de réaction contre ce qui nous blesse , et qui tend à rcpousscT lé mal et à le rejeter sur son anteur. De là Tinstiuct de Li ven;:eanice naturel à tout être vivant. Lanimal s<: j^ttc sur le bikton qui l'a trappe et le mord ; renfani lut du pLed la pierre sur laquelle il est tombé, et ce mouvement est si naturel « que dons tonte vive douleur uous cherchons spoutonemeat à qui nous en prendre; et moliieur alors à qui se re&A:ontre sooi notre main î Ainsi se.xi'Uqueut les^ mou^enifents insensés de la colère, qui tuailvsur liuuoireat quindelle ne peut saisir le coupa- Ue • et ixtto ri^ soDiiuuuûre à laquelle s'abandonne queiqueiofcï un U>mme ou un peuple ivre de Tengeance ,