‹ Philosophie moraleChapitre 185 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

souvent pour rien. Ce que nous approuvons, admirons et aimons alors, c'est le bien, le juste , le vrai, cest la vertu, la science, et celui par qui elles se manifestent. Ce que nous désapprouvons, condamnons, détestons de Tantre côté, c'est le mal, Finjuste, lignoble ; c est le vice, Terreur ou Tignorance, et par suite Thomme qui en est le sujet ou rinstrument. Le sentiment du mépris en luirmême est donc désintéressé comme celui de Testime, et le retour sur nous quand il s'y associe, en est une circonstance accessoire. Ces sentiments ont leur racine dans la profondeur de notre nature, à la fois psychique et physique, d'où provient un double instinct, Tun pour les choses de Fâme, et l'autre pour celles du corps. L'instinct de l'âme, quand il n'est point faussé ni dépravé, la porte naturellement .vers. son Principe, qui est aussi sa fin dernière, savoir le Bien absolu , source de la vérité, de la beauté et de toute perfection. L'âmé répugne donc, par son instinct vierge, à ce qui est contraire à son principe , c'est-à-dire à ce qui est mal, faux, laid, imparfait. Elle éprouve du plaisir et de l'attrait quand elle rencontre ce qui répond à son besoin foncier : de la peine et du dégoût , quand elle se trouve en rapport avec ce qui lui est opposé. Mais cet instinct psychique n'agit purement que si le cœur n'est point dominé par les appétits du corps, ou préoccupé de quelque passion , qui l'éloigné de sa fin véri- : table et tende à le pervertir. La plupart des hommes sentent et jugent sainement ce qui est bien ou mal, vrai ou faux, quand ils sont désintéressés dans la question . Abandonnés alors à l'inspiration du sens intime et de la conscience morale, recevant purement la simple imv

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pression des personnes et des choses, ce qui est IneD, ttu, beau, convenable, conforme à Tordre, les toachetdkiiieat qu'ils sont portés de premier' monTement à réagir et i repousser le contraire. On ressent natareUement une «pèœ d'indignation contre oenx qoi manquent àki Térité, violent la justice ou commettent des actions déslMiio* nntes. On voudrait les en empêcher afin de prévenir k mal, ou au moins les punir pour venger le bien* On le «miporte dans ces cas comme s'il s'agissait de soi-mtee; c'est la cause de l'humanité , dont on se dédare le diflBi* pion; ce sont les droits de tous qu'<m ciierebe k défendre. Voik la spontanéité et la violence de f indignation popir lalre, ]»t>voqnée par des actions inhumaines on aivffin^ santffi. Tous les sentiments honnêtes se soulèvent à k fois : le sentiment de la conscience morale, eelni de f hn^ manité ou de la sympathie, celui de la dignité personnelle. Cette disposition est honorable pour le cœur humain, elle prouve qu'il est capable d'aimer le bien pour lui-m^e, et de s'exposer au danger pour le maintenir. Elle se retrouve dans tout vrai dévouement.

Mais à cet élément généreux du mépris, et qoi en est la partie essentielle, se joint souvent un motif d'intérêt propre; car dans presque toutes nos actions le mm a sa part , et le mérite de la vertu est de réduire cette part autant qu'il est possible. Dans le mépris excité par une action déshonorante, il y a aussi parfois quelque diose de personnel, qai loi donne, une teinte de passion et k violence de la colère. Nous nous sentons avec peine de la uR^me espèce, de la même race que cet homme dégradé, et ainsi pèse sur nous une certaine scdidarité

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qoe nous repoosBon» de: toutes bob forcer , en déaBToaant T action : nous <»aiiidrioDB de paroitre, par notre, silence jou mutre tolérance, eompliccB d'une chose bonteose, et de participer i Tinfanûe. On est même poussé 4 l^dire à Tanteur du mal, comme pour le punir du dés* boaaeur qu*il inflige à Thumanité et à nous dans Ibumanité ; ooaime pour Iiû renvoyer toutes les suites de son acte, le charger seul de la responsabilité entière, et enfin pour rompre avec lui, en posant entre lui et nous le^ barrière, du mé{Nris. Llodignation morale se soulage pac cette manifestation, et on ressent, à jeter ainsi au-debon( ce qu'on a sur le cœur, une certaine joie qui n est pas toajoorsex^nptede malîgnitjé; l'homme étant sans cesse porté à se m^tre au-dessus des aubes, et s' élevant par le mépris même au- dessus de celui qu'il méprise.

Le mépris s'ej;prime de plusieurs çianières, par les paroles et par les actes, en refusant à celui qui en est l'objet les égards dus à tout homme, en raison de son canudtoe d'homme : on le traite comme un être dégradé, tombé au-dessous de l'humanité. L'acte le plus ordiiiaire du mépris est de se détourner de l'individu, de ne point le regarder pour éviter toute communication a¥ec lui, ou de le regarder de haut en bas comme pour la renverser* Les paroles varient suivant l'espèce de mépm. Si c'est l'indignation morale qui s'exhale, elles privent être vâiémentes, mois elles ne sont jamais injurieuses; elles portent plus sur l'action que sur la personne, et elles respectent encore l'homme, tout en Migmatisant l'inoonvenance ou en flétrissant le crime* Cfit qu'alors le moi ne s'y mêle pas; on défend la

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cauftc de la vérité et non la sienne , et ainsi on a ploi à cjsiur de changer on de corriger le coupable , que de le confondre ou de Thumilier. Quand les termes de?ieDnent fiiquants, outrageants, c'est un signe qae la passioa domino et que les moi sont aux prises; c'est une vengeance personnelle. On emploie alors volontiers rironie^ (trmc presque toujours sanglante ; car elle blesse profondément. L*ironie a en soi quelque chose de diabohqoe. Mlle est nécessairement double et marche toujours par deux voies opposées. Pour énoncer une vérité, elle dit k contraire, mais elle le dit avec un ton ou un geste qd démont la parole, en sorte qu'elle est à la fois vérité et nionsongo. L^ironicest familière à la passion mécontente; olle exprime surtout son dépit amer ou sa fureur trompée, cl jamais la passion n est plus cruelle et plus horrible quo si ollo frapi>c en riant. Les hommes sanguinaires njoutonl ordinairement la moquerie à la violence.

1.0 tomoîgnagi^ lo plus énergique du mépris est souvent lo silon^v : car il laiîv^io supposer plus que tout ce qu'on pourrait exprimer. Oans les sentiments profonds, on ne d\t vion jvuw qu'on a tn>p à dire. 11 t a dans ce si- Uïuv quoKjuo oîu^so d\uvus^îo*jr et de dédaigneux; on i\e xout |v>s m^^mo 5i\^Ki:^<er juNqu'à articuler des re- |H\vlu>^: \vUn qui U*^ nu rite ne vriiit pas qu'on les lui Adïvs^ifeo. ci o:> t^c î\v:5:::c rc.> *f;>t t p?ur s'en donner la |V\^>o INr,:^ w ^iSo:^^ f r. ^vr: uns ci?, scppc^se une masse ^r^î^^ijiiv^î^v^. ^::\':^. :u' ^;c: ycs r:-:--e7, de peur de loi *tv,nK"^ ^ssi;v C\s: xr.-i: or;:r'r^r. c-">r! irrvîe. Ce ci- <W ^?« *v:vrs ;"^s: yo,::<:r: «^ tV^ îzscpwrtable. Il U*^ k ^svj^jvfcK»^ ^tfc ^csrwirîs r: itrs k crr.^te : c est le

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