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de oette société : c'est h règle de leurs jagemente , la Bwjeiire de leurs raisoDiiements ; et comme il y a une innde yariété dans la manière d*étre habituelle de iuiqiie peuple , chacun tronyera ocmtraire au sens corn- Mm 06 que les autres font autrement que lui , et la Hflér^ee ou le contraste le portera à s'en moquer. ETeiBl <0e qui arrive enoore à l'esprit de parti, qui prend Hs Oj^ons pour Texpression du bon sens , et enfin à tout homme plein de lui-même, qui croit avoir en lui la Uesure de la raison et du sens commun. C'est pourfooi il parle et disserte avec tant d'assurance , prononce les jugements comme des arrêts, et trouve étrange et Bième ridicule toute opposition à sa volonté ou à sa pa- Mle. Malheur à quiconque ose discuter avec lui ; car on te peut le contredire sans s'opposer, à la vérité même , Kmesans être absurde ; et si les deux oontendants ont la Mttie prétention , ce qui arrive presque toujours, ils se Mttfarront l'un à l'mtre les imputations de ridicule et FAsorditë. La disoussicm se terminera par une aigreur et Ml mé^is réciproques ; car chacun voit dans son adver* Mdre un homme de mauvaise foi ou un sot.
Il ne faut donc point se hâter de oondamner ceux q^ ne pensent point comme nous; nous prenons ftuflHemrat notre manière de voir pour celle de tout le Moud»! notre sens propre pour le bon sens, et rien l^«0l pk» naturel à l'homme que de confondre sa pen^ |jf& anree la raison, et sa v<donté avec la justice. D'ailleurs im ne corrige pas les bcmimes en les insultant , en se tto^pum d'eux. Dans la râdité, ce n'est pas toujours l'flbaurde qui fait rire, mais f insolite, rextraordioaire, ce
qui sécarte de l'usage reça , ce qui choqae la manière commuue de "voir et de jager, ce qai dépasse rintdligeiice vulgaire. Sous ce point de y ne laTérité a presqaetoujonn eu le malheur de paraître absurde et d^ètre ridiculisée d'abord, car elle a été nouvelle , singulière , la première fois qu'elle a paru dans le monde. La plupart des œurres de génie en se manifestant, et avant que les honomes t fussent habitués, ont excité l'opposition et la risée da vulgaire.
La misanthropie est une espèce de haine de l'humanîté en général, qui porte à fuir les hommes par mépris, par défiance ou par crainte. Plusieurs causes physiques et morales concourent à la produire; physiques, comme un tempérament mélancolique, une affection hypocondriaque, ou encore des défauts corporels et des incommodités qui empêchent de paraître dans le monde avec avantage et d'en jouir; morales, telles qu'une triste expérience de la société, les peines qu'on y a ressenties , l'ingratitude qu'on y a rencontrée, et plus souvent encore les mécomptes d'un orgueil déçu. La misanthropie voit en noir et prend en mal tout ce qui vient des autres; elle rend injuste, égoïste et malheureux ; car elle ferme le cœur aux affections bienveillantes. Elle entrave le perfectionnement individuel, dont la société est un puissant moyen.
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La sympathie est fondée dans la natore comme Tidiopathie, en d'autres termes, Thomme est instinctivement porté à aimer ses semblables et à s'aimer lui-même. Mais il peut arriver qu'il soit tellement occupé de lui qu'il ne s'intéresse plus à autrui, et qu'ainsi l'égoïsme étouffe dans son cœur l'amour des autres. On hait alors ses semblables par cela seul qu'on ne les aime point; car ici entre l'amour et la haine il n'y a point de milieu. Vivant en société et dans un contact continuel avec ses semblables, si l'on veut les faire graviter autour de soi , on les choque nécessairement et on les a tous pour ennemis. Le misanthrope est à proprement parler l'égoïste : car le véritable ennemi des hommes est celui qui n'aime que lui, tâchant toujours de les sacrifier à son intérêt et voulant se satisfaire à leurs dépens. Cependant le mot misanthropie est pris ordinairement dans une acception plus étroite. On désigne par là celui qui fuit la société, évitant, autant qu'il dépend de lui, d'entrer en commerce avec les hommes, parce qu'il les soupçonne toujours de lui vouloir du mal et de chercher à lui nuire , même sous les apparences de la bienveillance et de l'amitié. Il y a donc au fond de cette misanthropie , et comme principe , une mauvaise opinion de l'humanité, la conviction que l'homme est méchant , malfaisant par nature ; d'où suit la conséquence qu'il faut s'éloigner de lui et s'en garder le plus qu'oa peut. Cette croyance, dont l'individu n'a pas toujours une conscience explicite, mais qui reste souvent chez lui à l'état de sentiment et d'appréhension , détermine la direction de sa vie. Persuadé que rien de bon ne peut venir des hommes, il les sent et les juge à
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tôt on manque d'esprit de Gondaife, on défont detMl^ Htok il n*y pauit là de Tice, ni snrtont de iwiiM<^Bjfni|fc ÀQsn eette pièce, si admirable flous le nppoftdà ri^ nous semble ponr la conception bien aa-dèsÉMHli VAwfe et dn Tartufe^ dont les origmanx gont'iMM^ tandis que U MiMonihfope n'est qu'on tableau' de faOÊÊk
Les causes généralesde la misanthropie 8oiit*pb9Î|ki et morales. Le tempérament est au prènilèrtaiig-dMIiifr ses physiques- : il est une cause con8titntioiinsne',%ÉÉ| disent les médecins , et c'est pourquoi il est ditteKérii oombattre et surtout de le Taincre. lai wifiHtiffllijlUjii par tanpérament ont quelque diose de Mmlite; ftHb rend ennemis de la lumière , de la manifartatloii' j[A il^ ireloppement , et ainsi de la sodëté qui ai est lÉr^|lrÉi moyen : ils se renferment y olontiers et s'iàolèBljMÉrMÉs mieux à l'ahri. S'ils sont feiblés , ib ftÉMLlitiÉmm par timidité et par défiance ; s'ils sont forts , ils sîen séparent par orgueil ou par mépris. Puis la sodétéimpofle des égards , des concessions , des sacrifices ; il fnit le mettre en frais , se répandre, se communiquer, et eda lev répugne ; ils ne réagissent donc qu'à regret , en swte qu'ils repoussent les autres, comme les antres les repooH sent. Chez eux, le premier mouTcment est tonjounde réioigncment. Cette triste disposition se montre dès l'afance, et elle s accroît avec TAge, si on ne la combat de bonne heure par l'éducation.
Après le tempérament Tiennent les mal^diei ohraii* ques, qui altèrent Thumeur et changent le eanurtère, par leur longue et douloureuse influence. Les affections d« bypocondres disposent le plus à la tristesse. Elles ftto-
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▼iennent le ploB souvent d'obstractions dans les canaux de la vie, dans les Voies de la circulation, d'embarras ttbis les absorptions et les sécrétions* De là une gène eAnthme^ une douleur sourde produite par > le travail d'ilne cause eacbée qui tend sans relèche à entraver l'acttoQ de la vie et k en altérer les organes. Ici se montre -daireméni la correspondance du physique et du moral. •Ce qui se passe dans l'abdomen retentit dans le caractère * éerindividu; et s'y réfléchit sous une forme analogue. Ea irle morale languit avec la vie physique, le mouvement de Kl Tolonté se ralentit avec le cours des humeurs, et il y a Une inquiétude vague, de lirritation sans motif connu, line. défiance continuelle, et enfin une disposition kte conôbntrer et à fuir la société : c'est ce qu'on appelle hypd-
. Une incommodité physique , qui nous rend impropre à figurer dans la société, suffit quelquefois pour inspirer rAYersioû de ce dont on ne peut jouir. Bans ce cas, il y a wte tante de Tenvie. On hait ce qu'on ^ ne peut avoir, par* ce qu'on le désire vainement, et on se console de ce qu'on né fa pas en le dépréciant et en frondant ceux qui l'ont. JjdUtd Byron ne put jamais se consoler d'avoir une jambe plus courte que l'autre, et les désagréments qu'il essuya dans son enfance, par les moqueries de ses condisciples, irersèrent de bonne heure dans son âme un fiel qui s'exhala plus tard dans ses écrits.
Du reste, les causes physiques ne sont jamais séparées enverraient des causes morales ; elles s'unissent , se renforcent l'une par l'antre ,.comme*ljâTpe et tlecôarps qui ciMuAitpent^'tejgntthàse dwiatpeotsomit homoinei. Bien des
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choses peavent nous inspirer de F blables, en nous donnant une opinion manité. Ainsi Tenfant, élevé an miliea et qni en a reçu primitiTement le malbenreux penchant de réagir d*abo«d m» h mê$ de l'aimer plus que le bien. Gehii qui a froissé par l'injustice, accablé par T dans son cœur et voit partout le mal ^'fls Gela arrive trop souvent aux hommes qui vécu , surtout dans les affaires publiques , sont plus nombreux. Ils en sortentavee une des hommes, et s'ils n'ont que de la pmilnMïi^iliW croient plus à l'honnêteté, ni à la verta, et mmï %ÊÊfm portés à se défier. Tel est l'aboutiasant de la stkMedi monde et de la prudence du siècle. H n'en est pas de même de la sagesse chrétienne. Elle aoeoide me laige part à la faiblesse des hommes , à Tentraineninit de knis intérêts , à l'emportement de leurs passions ; elle lait qu'ils sont encore plus faibles que méchants , et qatf trompant ils sont souvent trompés eux-mêmes. CeA ^ pourquoi, loin de fuir ses semblables , le chrétien les accueille , loin de leur vouloir du mal, même pour edui qu il en a reçu, il cherche à leur faire du bien; il les j plaint plus qu'il ne les accuse, et il trouve dans son propre changement les motifs d'espérer qu'ils ponnoDt changer aussi et devenir meilleurs. Oui, sans la foi . chrétienne , sans Fespérance et la charité qu'elle inspire, . il est presque impossible de ne pas prendre en avenioD . la société, après y avoir vécu long- temps ; il est difficile ^ de quitter la vie sans mépriser les hommes, qu'oD ja j^