PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. IV
capables de se coonaltre et de connaître leurs semblables, 8e trouvent en présence et en opposition , la loi de la raiionalilé parait et s'interpose, en sorte queFètre raisoniiable , la reconnaissant dans Texpérience , se sent moralement obligé de l'accomplir, sous peine de résister à sa iiajture et de se pervertir. Arrivés à Tàge de raison, ayant la puissance de penser et de se connaître , les hommes, en opllision par leurs besoins et leurs désirs, ne se compor-» teront plus l'un à régai*d de l'autre comme dans la période précédente , où l'instinct seul les animait : mais à côté de cette impulsion brutale qu'ils sentiront encore , il. y aura une nouvelle force qui surgira de leur cœur, par r intermédiaire de leur raison et qui tendra à modérer, à régler et à surmonter l'appétit physique. Cette force agira avec autorité ; elle s'imposera comme quelque chose de supérieur, et la liberté consistera à lui obéir ou à la combattre. La force se manifestant avec le caractère d'obligation morale , c'est le droit , et la première notion da droit naît dans le choc des volontés et par la comparaison de mon moi avec celui des autres : ce qui suppose la conscience de ma personnalité et la conviction de celle de mon semblable. De là sort la conséquence que moa semblable est mon égal, et que je suis le sien , parce que. nous avons la même nature, appartenons au même genre et qu'ainsi, nos droits étant les mêmes, il n'y a pas de raison pour que l'un cède à l'autre , mais qu'il doit y avoir partage , distribution exacte entre noua.! L'égalité des droits constitue l'équité ou la justice, qui consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû , ou plus généralement encore à mettre les moi en balancement, pour
470 PHILOSOPHIE MORATiC.
lès écpiilibrer s'il est possible, sinon pour dônner-à- ditcan en raison de son mérite , de sa capacité et ' de u position.
Le sentiment de l'éqfoité étant né dangléosar/laiHh tlon de réquité se forme bientôt dan» l'esprit; car' A n'est que le sentiment réHécYAj et la raison en dëdmn facilement ce qa'il fant faire on éviter ponr être jiHle' envers son semblable. Ici encore la mesore d'apprédatiba ésX prise en nons ; c'est par la comparaison de non» avet les antres , et en nons mettant à leor place dans notre propre conscience , qne nons reconnaissons lewm droits ou ce que nous devons omettre et faire à leur égard. Je ne connais le moi d'un autre que par le mien , entramportànt en lui ce qui est en moi. Je connais ses besoiis par mes besoins, ce qu'il sent par ce qne je sensj oe qu'il désire par ce que je désire. Nous aTons la mtim nature , donc les mêmes besoins , les mêmes désirs et, en tant qu'êtres raisonnables et libres, les mêmes droits. La conclusion est que mon semblable prétend aussi lé« gitimement que moi à la satisfaction de ses droits ; qoe, comme je ne veux pas qu'on viole les miens , il ne vent pas qu'on viole les siens , et que je dois le respecter, si je veux qu'il me respecte. Ne fais pas à autrui ce qne tu ne Teux pas qu'on te fasse : telle est la plus simple expression de la justice naturelle , la première qui soit comprise par l'être raisonnable. Elle est négative et doit l'être; car, par suite de la condition présente et de notre égoïsme natif, nous sommes tentés de prendre ce qui est aax antres et d'attenter à leurs droits pour nous satisfaire. Puis, qnand le moi est maintenu dans l'ordre , quand il