‹ Philosophie moraleChapitre 19 sur 224 · PARTIS PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. II · texte numérisé non relu

PARTIS PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. II

pris en haine et à dégoût le corps , la nature physique et tout ce qui s'y rapporte : le mariage , la nourriture , les soins de la santé, de la propreté , etc., etc.; on retrouve le même excès , sous ce rapport , dans les doctrines religieuses des Indous. Il y a dans cette manière de voir une grande confusion. Ce qui est réellement un châtiment pour r homme , c'est la dégradation où il est tombé en laissant prendre à la nature physique une prédominance qui ne lui appartient point ; le rapport de son âme avec son corps a été troublé par sa faute , et il a dû en porter les conséquences dans une existence faussée et bouleversée. Mais , primitivement, l'homme a été créé avec les deux natures ; ces deux natures étaient bonnes ainsi que leur union , et elles sont l'une et l'autre partie intégrante de l'humanité. Le corps ou la nature physique est de création et d'institution divine comme l'âme , et ainsi il doit entrer pour sa part dans le perfectionnement et le bonheur de l'homme ; le corps a donc aussi droit à notre respect , à nos égards , en raison de son importance et de sa dignité. Là est la raison profonde , le sens de la continence , de la chasteté , de la pureté, de la virginité, vertus que le christianisme a réhabilitées, glorifiées, divinisées, en montrant leur raj^ort avec le but final de l'homme. Car ce corps que la mort noos enlève , nous le reprendrons un jour dans son intégrité , et nous devrons le porter éternellement , tel que que nous l'aurons fait par notre conduite et par nos ceavres ; il pourra donc être un grand obstacle ou un grand secours pour notre perfectionnement et notre Uen-ètre.

»^ ^ ^ Ma-- »

k.JT

Ka^^5^ ^ nr fi ^lC9lil^ 4113 >fcT!^ r fk^ -l«» -f«- i!«]«ije

et

'K-mc^. b

Partir r^YGBOLOGiQVE. -^ cmkP. Il Siî

de repousser les iafluences qui agîsseul sur elle ^ le mouvemeni qui lui est communiqué , et ainsi de donner par sa propre énergie telle direction à son activité. C'est ce qu'on appelle vouloir.

La confusion des deui espèces 4c forées, et par^consé* quent des deux natures dont elles sortent, produit la doe* trine de la substance unique , qui devient panthéisme ou f^miérUâisme , suivant eeUe des deux natures qu*on sup* pose absoi:4>er Vautre* Dans les deux cafiSrindividualîté de l'homme dispsrÀit ; sa personne est engloutie avec son is* tdligeme^ sa,' liberté dans le grand tout; son existence est one fonpe dé Texistence générale, son acte un mouve* mentpartiel éans le mouvement commun ,sa volonté un roni^ de kTgrande machine. Que tout soit dieu ou esprit , que tout soit matière ou corps , ou encore que r univers iBoit oas grand animal dont retendue et la pensée sont les deux propriétés esseotielles , les conséquences sont à peu près, les mêmes pour la mtnrale , puisque dans tontes ces. hypothèses la personne libre disparait. Il ne reste plna que: rinlexibiUlé du fatmm ou Tanarchie dn ^haos, deuxiahlmes où; est venue écboueir de tout temps la apéoiitetioû pbikâophiqof V quand^ voulant dépa$sep les deux .fiHtSi^rimitifs> {de la création^ à| savoir la distinctièii de la aiib^taaee 'Spirituelle et de la 8iri[)Slance ibafé^ riejte<, die a prétendu aller au-delà > de cette parole qai a marqué dès l'origine le» limites de la;scieneehn*vaine : * Dmia le principe Diço créa le ciel et la t€«*re. * Im croyance aux deux substances et à leur inréducti-

3S FUILOSOFHie. — IIOKAXE.

qui en émane, et dans Faction des lois qui en règlent k déTeloppement ; particulières , quand la force générale se spécifie dans tel agent, dans les fluides aérifor» mes, les gaz, les affinités cbimiques, et tontes les manières d*agir des êtres non organisés. Dans le règne organique , la force se manifeste sous d'autres formes et par d'autres moyens ; elle s'indiyidnalise davantage , à cause de l'unité de l'organisation par laqudle elle s'ei* prime et qu'elle est chargée de développer et de conserver ; mais elle n'est au fond ni plus intelligente , ni plus libre que la force purement physique. Elle agit né* cessairement sous la loi exclusive de la causalité.

Cependant nous remarquons en nous une autre espèce de faits, se produisant d'une manière nouvelle. Ce n'est plus seulement la transmission d'un mouvement externe, qui se laisse mesurer exactement d'après les données de l'expérience et les lois connues de la nature. L'être en action n'opère plus en aveugle , sans savoir ce qu'il fait ni pourquoi il n'est plus un simple instrument oo un moyen de communication , mais il a en lui une puissance particulière par laquelle il arrête, conserve et âabore dans son intérieur ce qui lui vient du dehors , pour l'examiner, se l'expliquer et agir conformément à la connaissance qu'il en prend. Cette puissance est propre à l'être raisonnable, et on l'appelle pemie. L'homme peut penser tout ce qui agit sur lui, tout ce qui se passe en lui, tout ce avec quoi il est en rapport, et le but des opérations de sa pensée est de connaître le paurqmi et le comment des choses. Cela change complètement

Page 1