‹ Philosophie moraleChapitre 191 sur 224 · PARTIE PSTCfiOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSTCfiOLOGIQUE. — CHAP. IV

coïmaençons à oonnaitre les choses par leurs contraires , ' • ooinme l'expérience le démontre. Ainsi l'enfant ne connaît rinjastice qne quand on lui refuse la justice. Tant qu'il ne souffre pas de riniqiiité, il ne la sent pas, il ne la distingue pas ; il faut qu'il soit lésé, opprimé, pour la discerner. Il ' peut yexèr les autres , les tourmenter long-temps ayant ■ de se douter qu'il agit mal; il doit être brisé lui-même . pai^ le mal pour le reconnaître comme mal. Il est donc bon que l'homme souffre dès le bas âge , afin d'apprendre '. à se connaître , lui, ses semblables et ce qui l'entoure. Il . est bon qu'il rencontre des oppositions, qu'il se heurte • contre des obstacles; il lui est utile d*ètre rictime : car on ne s'instruit que par l'expérience , et la seule expérience fructueuse est celle qu'on acquiert à ses dépens. C'est une des pensées les plus hautes et les plus consolantes que ■ rÉvangile ait apportées au monde : heureux ceux qui. sociffrent ! Assertion paradoxale , sinon absurde aux yeux < du monde , qui place le bonheur dans la jouissance du corps et qui ne comprend rien à l'antagonisme des deux natures de l'homme. La souffrance est toujours utile sous le rapport moral ; utile dès Torigine , puisque nous apprenons par elle les premières notions du bien et du mal , du juste et de Tinjuste , du vrai et du faux ; utile dans tout le cours de la vie, parce qu'elle nous rend plus compatissants aux maux des autres, plus sobres dans nos désirs, plus réservés dans notre activité, et enfin plus détachés des choses terrestres, dont nous ne retirons que peines et amertumes. Prenons un exemple. L'enfant a naturellement le besoin de s'approprier certaines choses , et de les employer à son service ; aussi veut-il s'emparer

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Créateur. Tout cela est senti conf usément par le coupable, et de là le trouble involontaire qui accompagne Factc manvais. Il y a bien peu d*bomnies qui n'éproavent ce trouble; la conscience a plus d* empire qu'on ne le croit, même sur les plus endurcis au crime. U ; a des moments où elle reprend tous ses droits sur kar cœur, où Faction de Celui qui les a créés poor le bien se fait sentir plus TiTcment à leur àme , et ce sont pomr eux des époques de gr&ce, quand ils ont le bonheur de réagir, ou des redoublements d'infortune, quand ils la reppossent. Qui sait tout ce qui se passe dans Fintérieor du criminel? Celui qui affecte le plus d* insensibilité , et affiche leffronterie, est souTcnt le plus tourmenté au-dedans, le plus procbe du repentir.

Quand le mal est commis. Tient le remords oa le sentiment pénible, déchirant, eidté par la réflexion du mal accompli. C'est une peine qui mord le coeur par le souvenin et dune manière incessante; cest le fer resté dans la plaie et dont chaque mouvement produit on déchirement nouToan. U y a plusieurs éléments dans le remords : l^' le sentiment de l'ordre troublé on du désordre; s<'ntimeut d'autant («lus Tîf et plus poignant qoe la faute e^t plus ârdnde« ou que la conscience est {dus délicate; 2' lo ^viUmcut de notr^ indigniiè, parte que nous avons \ioW la loi. et ainsi de notn^ démérite, ce qui nous inspira du mopri> pour nous-mêmes: 3' une disposition maheUîante à notre ocard. qui peut aller jusqnà nous dcti^tcr. k'rsquo nous sentons fortement Tindignité de 1\ks^hi; nuhctLUuce que uc-as éprouvons envers tout homuK cvMiixaUo d uija>4x>: ; 4 de la conscience de notre

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